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Archive for juin 2010

« L’Amour et le déterminisme psychique absolu… ». (54° partie).

« Oublier ? »

 

 

Mais oublier quoi ? Qu’elle a existé ? Qu’elle est vivante ? Que nous l’aimons toujours ? Que faut-il « oublier ? » Le chagrin ? Les joies ? Les « créations artistiques ? » Les messages ? Les photos ? Les attentes ? Les réflexions ? Quoi, au juste ?

Comment est-ce qu’on « oublie ? » On « efface tout et on recommence avec une autre, dès que l’occasion se présente ? » Bon nombre de messages ont été effacés, dans un moment de dépit. Une partie importante de cette histoire est donc partie dans le vent. Est-ce que j’ai oublié mes meilleurs amis d’autrefois ? Non. Est-ce que j’ai oublié certaines personnes que j’ai pu rencontrer ne serait-ce qu’un court moment, et qui m’ont apporté des choses importantes ? Non plus. Alors, comment est-ce qu’un homme pourrait oublier la femme, qui représente, pour la première fois de sa vie, son « tout » ? Et même si cet homme n’avait que vingt ans, oublierait-il un échec sentimental de cette importance ? Il s’en souviendrait toute sa vie. Et sur son lit de mort, il voudrait encore revoir ses yeux, une dernière fois.

Comment, de façon générale, parvient-on à oublier les gens que l’on cotoie pendant un certain temps, ne serait-ce qu’au travail, par exemple ? Les collègues que j’ai pu avoir pendant ma carrière, même ceux avec qui les rapports n’étaient pas toujours faciles, je ne les oublierais jamais. Alors, comment un homme peut-il « oublier » la femme de sa vie ? Comment doit-il faire ? Un lavage de cerveau ? Aller faire caca sur le pot-pot freudien ?

On ne peut pas oublier. Personne ne peut oublier ce genre de chose. Parce qu’avec les enfants, c’est la chose la plus importante dans une vie. Alors « savoir oublier » ?…Il n’y a pas de prétendu « savoir oublier », sauf pour les menteurs pris la main dans le sac, et qui se hâtent de refouler consciemment leur humiliation. Et même eux, vous croyez vraiment qu’ils oublient d’avoir été pris ? Bien sûr que non.

Les expériences affectives les plus fortes de l’existence, ne sont jamais « oubliées », elles restent toujours dans la conscience et transforment définitivement l’individu. Mais la mémoire se transforme aussi, et les théories scientifiques démontrent qu’il n’y a pas de retour des souvenirs dans leur absolue exactitude. Donc, c’est peut-être vrai, au fond, on « oublie » certaines choses plus ou moins superficielles. Mais tout le reste, on oublie jamais, à moins de se faire greffer un cerveau de légume.

Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Et bien on aime. Avec des hauts, et des bas. Comme dans un océan : parfois c’est le calme, parfois de merveilleux alizées, et parfois la tempête, où l’on a l’impression de n’être que sur un radeau et de couler, dans tous les sens du terme. Mais ce qui est évident, pour celui qui aime vraiment, c’est de réaliser que les sentiments qu’il a en lui, c’est justement tout l’océan, en quelque sorte. Et que par conséquent, lorsqu’il tombe à l’eau pendant une tempête, il retombe toujours dans le contenu de ses émotions, et des sentiments pour celle qu’il aime.

Peut-être qu’un jour il se retrouverait non pas de l’eau, mais subitement sur du sable, pour s’apercevoir éberlué que l’océan à disparu. Dans ces conditions, comment pourrait-il remonter sur son radeau et continuer de naviguer ? Ce jour-là ce serait effectivement la fin.

Pour l’heure, l’océan s’étend à perte de vue, et nous traversons à la nage, derrière notre radeau, sur lequel nous essayons de remonter. Il fait sombre, quelques vagues, et nous venons d’essuyer une « freak wave » comme disent les anglo-saxons, bien qu’elle ne fut jamais scélérate, au contraire. Alors on gadouille, on gadouille.

Rien d’autre à faire que de nager, ramer, ou souffler dans les voiles quand ça n’avance plus. Et à nouveau on se casse la gueule, et puis on remonte. Aucune terre en vue. Juste le soleil, le grand et beau soleil. Mais dans cet ocean « l’oiseau bleu nous guide », l’oiseau bleu symbolise l’Amour, c’est lui qui commande les humeurs et autres soubressauts des éléments.

C’est comme ça que ça marche. On oublie pas. On oublie jamais. On oubliera jamais.

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