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Archive for avril 2012

Vifredo PARETO.

« Si l’on pouvait changer les hommes en sorte qu’ils se souciassent moins de leurs propres intérêts que du bien public, le collectivisme deviendrait relativement facile. Si l’on pouvait changer les hommes en sorte qu’ils renonçassent à se dépouiller les uns des autres, au moyen de la loi, l’utopie libérale pourrait devenir une réalité ». (P. 56).

« Il est un caractère, qui s’est largement développé de notre temps, chez les peuples civilisés, et qui, s’il devenait permanent, serait un obstacle presque insurmontable à l’établissement d’un régime de liberté. Nous voulons parler du sentiment qui pousse les hommes à  s’opposer à ce que chacun supporte les conséquences bonnes ou mauvaises, de ses propres actes, c’est-à-dire qui tend à effacer toute responsabilité. Il est bien entendu que nous employons ici ce terme sans aucune des notations accessoires métaphysiques qu’il comporte. En parlant de la responsabilité d’un homme, nous n’entendons nullement faire allusion aux théories du libre arbitre ni à d’autres semblables, nous voulons exclusivement exprimer le fait que cet homme subit  les conséquences, bonnes ou mauvaises, de ses actes.

Toute société doit, si elle veut subsister, prendre tôt ou tard des mesures pour empêcher de se produire les actes qui compromettraient son existence. Pour cela, il n’existe que deux moyens. On peut enlever aux hommes la liberté d’accomplir ces actes et prévenir ainsi le mal que l’on craint ; ou, au contraire, on peut laisser libres les hommes et réprimer les actes nuisibles, soit directement, soit indirectement, en laissant les hommes supporter les conséquences de leurs actes. La liberté a pour complément et correctif indispensable la responsabilité : ce sont deux choses qui ne se peuvent séparer. Si l’on ne veut pas avoir recours au second des deux moyens indiqués, il faut, de toute nécessité et à moins qu’on ne veuille la ruine de la société, avoir recours au premier. » (P. 57 – 58)

(In : Vilfredo PARETO. « Les systèmes socialistes ». Editions Droz, Genève, 1965).

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