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Didier PLEUX nous parle d’autres dérives doltoïennes.


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Jusqu’aux confins du délire, avec Françoise Dolto, (la vieille dame qui marchait sur l’eau).
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« Françoise Dolto ne semble pas s’intéresser au réel, seul le domaine de l’irrationnel la passionne. Je ne rappelle pas tous ses exemples où elle nous démontre qu’elle a pu communiquer avec des enfants en bas âge pour les délivrer des secrets de famille… Le monde doltoïen quitte peu à peu le raisonnable : « Il y a des enfants qui sont télépathes et voyants : je connais une petite fille qui, dans un train, un jour qu’une dame venait d’expliquer qu’elle allait voir son mari, a dit tout haut : « Mais, ce n’est pas vrai ! Son mari, il n’est pas là. Elle va voir un autre monsieur, et elle ne le dit pas à son mari. » La dame est devenue toute rouge… »
À propos de l’énurésie, Gérard Haddad, psychanalyste, évoque la magicienne Françoise Dolto : « C’est un trouble facile à traiter, annonça Dolto. Comment ? En plaçant au chevet de l’enfant un verre d’eau. Si la chose ne marche pas, on remplace ce verre par un bocal renfermant un poisson rouge. » J’étais tellement fasciné par la magicienne que pas un instant je ne me suis posé la question : qu’avait donc de freudien, de psychanalytique, ce magique bocal au poisson rouge ? » Le psychanalyste, recevant en consultation quelques jours plus tard un enfant de 6 ans souffrant d’énurésie, essaya cette méthode : le verre d’eau d’abord, puis le bocal. Ce fut un échec cuisant : « Pendant son sommeil, l’enfant finit par renverser le bocal sur sa couche, l’inondant copieusement cette fois. Il était temps d’arrêter les frais. Parlant à mes collègues de ma mésaventure, on me répéta la remarque qui courait les couloirs de l’École : « Les trucs de Françoise ne marchent souvent qu’avec elle ».
Oui, mais les « trucs » de Françoise Dolto vont faire d’autres ravages. Elle participe grandement à cette croyance en l’expression possible de l’Inconscient par le dessin comme le précise le psychanalyste Daniel Wildlöcher : « Elle (Françoise Dolto) met l’accent sur la valeur projective du dessin. Non seulement l’enfant exprime certaines pensées ou certains sentiments, mais c’est une image totale de lui-même qu’il projette sur le dessin. »
Il est vrai qu’un enfant « traumatisé » exprime par le dessin les angoisses dont il est l’objet, le dessin signe alors un « contenu manifeste » : tel enfant victime d’un accident de voiture dessine la collision, tel autre l’incendie de sa maison. Mais lorsqu’il s’agit d’un contenu dit « latent », nous rentrons, une fois de plus, dans l’irréalité psychanalytique : le « latent » est, selon la théorie, ce qui est « refoulé » par l’enfant et il ne se révèle que dans le symbolique. Tel enfant carencé affectivement dessine une baleine monstrueuse pour signifier sa crainte d’une fusion maternelle dévorante… Ou il subira un cauchemar qui prouve bien la faute primaire de la mère, s’il a peur du loup, c’est sa crainte qu’elle ne le dévore, car « ils (les enfants) savent qu’arrive le commando des parenthèses qui vont se jeter sur eux, mais ils ne savent pas encore laquelle est leur mère ».
Cela fait sourire mais, en France, notre culture y croit si fermement qu’elle continue de demander aux « experts » une interprétation des dessins d’enfants pour y déceler une vérité qui ne peut être dite. « L’image d’une maison rectangulaire avec un toit trapèze écorné à un coin, renvoie par exemple au moi de l’enfant coiffé par un toit matérialisant une mère écornée… »
Ainsi, les enfants d’Outreau qui, selon l’expert, ont clairement indiqué qu’ils avaient été victimes d’adultes pédophiles. Car il suffit d’élaborer un « symbole phallique », un serpent ou une quelconque tour Eiffel, pour désigner l’agression sexuelle d’un pénis adulte. Et, souvenons-nous, pour démontrer la culpabilité des adultes accusés, l’expert utilise le célèbre test des taches d’encre, le Rorschach. Par l’interprétation des commentaires de ces taches que font les adultes, le magicien d’Outreau affirme les passages à l’acte pédophile. Nous connaissons la suite…
Mais souvenons-nous de la réaction de l’expert « psy » quand on lui posa la question de ses conclusions à partir des dessins d’enfants ou du test de Rorschach : avec le peu de moyens dont il bénéficie, il n’a pas le temps de bien travailler. Aucun journaliste ou commentateur ne remet en question les outils de l’expertise : l’interprétation de l’Inconscient par la symbolique de dessins ou de paroles « spontanées ».
Chez nous, c’est une évidence, l’Insconscient psychanalytique est une vérité. La réalité d’Outreau dénonce, une fois de plus, l’irrationnel des expertises psychanalytiques auprès des tribunaux. Rien n’est remis en cause, si ce n’est la demande de nouveaux moyens pour affiner les hypothèses absurdes de l’interprétation du symbolique. Les tribunaux ont toujours recours à la magie des « psy » qui donnent leur version du réel des enfants ou des adultes. De même, nous sommes sans doute le dernier pays qui utilise la graphologie (interprétation psychanalytique de l’écriture comme révélatrice inconsciente de la vraie personnalité du sujet) pour le recrutement de salariés…
Bien sûr, certaines interprétations de ces « tests projectifs » (avec eux, nous « projetons » tout notre monde inconscient…) nous impressionnent, tant elles semblent proches du réel. C’est « l’effet Barnum » bien connu que l’on voit dans les révélations quotidiennes des signes du zodiaque de l’horoscope : une seule affirmation proche du réel nous fait oublier l’inanité des autres prévisions. Dans le test de Rorschach, il y a toujours une interprétation qui se révèle proche de notre personnalité, alors la croyance en l’authenticité du test se met, inconsciemment, en route !
Cette croyance en la possibilité de « voir » ce que les non-initiés ne peuvent pas voir est un pouvoir immense pour les psychanalystes. De nombreux patients consultent ces « psy » comme ils vont voir un « voyant ». N’est-ce pas fascinant de rencontrer celui qui a les clefs de l’obscur, de l’indicible, bref de parler au nouveau thaumaturge ? Il est dit à celui qui souffre que ce n’est pas sa réalité mais une tout autre réalité, inconsciente, qui est à l’origine de ses troubles. Il est aussi affirmé que la vérité est lue dans le symbolique, avec l’interprétation des rêves. Au pays de Descartes, la psychanalyse a encore de beaux jours devant elle !
Pourtant, lorsque la réalité est là et bien là, le télépathie des psychanalystes ne semble plus fonctionner. Françoise Dolto n’hésite jamais à nous dire comment elle entendu l’Inconscient des enfants, comment, par le transfert de la situation analytique, elle peut comprendre l’analysant. Alors comment peut-on expliquer « L’affaire des Tournelles » ?
Rappelons les faits : en décembre 2004, Robert Mégel, ancien directeur d’un établissement d’accueil pour enfants en difficulté, les Tournelles, est condamné à onze ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur des enfants par la cour d’assises de Seine-et-Marne. Les faits reprochés ont eu lieu entre 1994 et 1996, mais d’autres personnes témoigneront à la barre de viols subis dès 1973 – ces derniers faits étant prescrits. Robert Mégel plaide son innocence, mais il est condamné malgré les trente-sept témoins de moralité cités par l’accusé, des journalistes, des magistrats, un conseiller d’État. Ce qui m’intrigue, à l’époque, est ce soutien massif de nombreuses personnalités à l’accusé. Pourquoi ?
Lors de son procès, Robert Mégel cite de nombreuses fois Françoise Dolto, et d’ailleurs Catherine Dolto- Tolitch précisera que sa mère avait pris ses distances avec l’établissement Les Tournelles de nombreuses année avant sa mort, en 1988. Pourquoi se doit-elle de préciser cela ? En fait, nous apprenons que Françoise Dolto a participé, dès 1978, à l’élaboration du projet pédagogique de cette institution pour jeunes adolescents en difficulté. Elle a formé l’équipe, « le personnel, des cuisinières aux éducateurs », nous dit la presse. Robert Mégel en fait partie. Bien sûr, Françoise Dolto n’est pour rien dans les accusations proférées à l’encontre de celui qui devient par la suite le directeur des Tournelles, mais cela m’intrigue : comment une femme, qui « lit » les pensées de chacun avec sa télépathie, n’a-t-elle pas vu les tendances pédophiles de ce genre de personne ? N’est-ce pas, tout simplement, que la théorie psychanalytique de la télépathie est une belle histoire romanesque, mais qu’elle n’a aucune valeur scientifique ? »
(In : Didier PLEUX, « Françoise Dolto la déraison pure », Éditions Autrement, Paris, 2013, pages : 142 – 148).
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L’effet Barnum, pour manipuler et séduire… (Un texte que devrait lire la gent féminine). On note le conseil suivant à la fin : pour séduire une femme, utilisez l’effet Barnum, ça marche presque à tous les coups! .. « presque » à tous les coups ?.. Le « presque » rend la formule, déjà irréfutable. Son auteur utilise lui-même un « effet » pour tenter de séduire le lecteur, mais, ça ne marche pas : nous ne sommes pas du tout séduit par l’usage de l’effet Barnum que nous venons de découvrir dans sa définition. Donc, voilà comment procède les dragueurs, et les coureurs de jupons. Fallait y penser, hein ?..
Extraits :
« Les explications les plus courantes pour expliquer l’effet Forer tournent autour de l’espoir, la confusion entre désir et réalité (…) ».
« l’espoir et l’incertitude sont le moteur de processus psychologiques puissants qui permettent à tous ceux qui prétendent déterminer le caractère par des moyens occultes ou pseudoscientifiques de prospérer. »

« Nous essayons constamment

de donner du sens à l’amas d’informations déconnectées auxquelles nous sommes confrontés quotidiennement

et

nous sommes parfois si bon à remplir les trous pour établir un scénario raisonnable à partir d’éléments disjoints que l’on peut arriver à donner un sens même à une situation qui n’en a pas. »
« une fois qu’une croyance ou une supposition a été trouvée, et spécialement si elle permet de résoudre une incertitude inconfortable, elle introduit un biais chez l’observateur qui lui fait remarquer toute information permettant de confirmer la croyance, et sous-évaluer tout élément opposé. Ce mécanisme d’auto-perpétuation renforce l’erreur originale et construit une confiance excessive au point que les arguments des opposants sont vus comme trop dispersés pour défaire la croyance adoptée. »
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À lire aussi (indispensable) :
Extraits :
« La validation subjective consiste à valider une information – une phrase, un mot, une initiale ou un signe – parce que quelqu’un est capable de le trouver signifiant et significatif pour lui-même. La validation subjective est un élément essentiel de toute lecture froide réussie, qu’elle soit faite par un astrologue, un chiromancien, un cartomancien, un médium ou tout autre du genre. Le client dans une telle séance doit coopérer. Heureusement pour le médium, la plupart de leurs clients sont généralement désireux que le médium réussisse et sont prêts à travailler fort pour donner un sens personnel à tout ce que le médium leur dira. Dans une lecture froide réussie, le client sera convaincu que l’exactitude des données fournies n’est pas due à sa coopération mais au pouvoir de l’astrologie, de la chiromancie, du tarot, etc. »
Il y a un oubli dans ce texte : le psychanalyste ou le psychothérapeute. En effet, il n’y a aucune différence entre un psychanalyste (ou un psychothérapeute affilié à cette doctrine) et un astrologue, un chiromancien, un cartomancien ou un médium.
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Indispensable aussi :
Extraits : 
« Le désir de donner un sens à nos expériences nous conduit parfois à de merveilleuses découvertes, mais parfois aussi à d’incroyables sottises. Le manipulateur sait que la personne qu’il a devant lui a tendance à trouver un sens à quoi que ce soit qu’il pourra lui dire, peu importe le degré d’improbabilité. Il sait également que les gens sont généralement centrés sur eux-mêmes, que nous avons tendance à avoir des opinions irréalistes sur nous-mêmes et que nous acceptons généralement des descriptions qui ne reflètent pas ce que nous sommes ou même, ce que nous pensons que nous sommes, mais plutôt comment nous aimerions être ou même ce que nous pensons que nous devrions être. Il est aussi conscient que, parmi plusieurs affirmations qu’il pourra faire à votre sujet, et que vous rejetterez parce qu’inadéquates, il y en aura au moins une que vous reconnaîtrez comme vraie; il sait que vous vous souviendrez de ses bons coups, et que vous oublierez les mauvais. »
Catégories :Didier PLEUX.
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