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Psychanalyse des borborygmes.


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Extrait de : 

Marc Abrahams (2012) This is improbable. Cheese string theory, magnetic chickens and other WTF research. London : Oneworld Publications. (Paperback, 2013, 320 p.)
Pages 102 à 104. 

Psychanalyse des borborygmes 
« Des psychanalystes peuvent trouver une signification dans les choses apparemment les plus banales de votre vie. Certains la discernent même dans les gargouillis de votre intestin. Il y a un terme technique pour ces sons de la digestion : borborygmes. Plusieurs études publiées expliquent comment interpréter les sensations de l’intestin des gens — comment traduire ces borborygmes dans les mots du langage ordinaire. 
En 1984, le Prof. Dr Christian Müller de l’Hôpital de Cery à Prilly, en Suisse, a publié une recherche intitulée “New Observations on Body Organ Language” dans la revue Psychotherapy and Psychosomics. Müller paraphrase un essai de 1918, d’un certain Willener, qui “conclut que le phénomène généralement connu sous le nom de borborygmes doit être considéré comme des signaux corporels cryptogrammaticalement encodés, qui peuvent être interprétés à l’aide d’un appareil”. Müller regrette que “les tentatives de Willener de donner suite à sa théorie ont échoué, faute de disposer à l’époque de techniques d’enregistrement”. 
Par bonheur, Müller lui-même a eu accès à des équipements récents, meilleurs. Il écrit : “Dans notre clinique, nous essayons depuis 1980 de combiner l’élecromesentérographie avec l’alamographe de Spindler. De plus, grâce à un ordinateur, nous réalisons une transformation digitale pour analyser quantitativement des courbes.” 
Müller révèle son plus grand triomphe interprétatif : “La présence d’une situation de transfert négatif n’a pas été difficile à déduire de la séquence suivante : ‘Ro … pi … Le … me … lo …’. La traduction suivante est certainement correcte : ‘Rotten pig. Leave me alone.’ ” 
On m’a dit que cette amusante histoire de non-sens intentionnel a été complètement gobée par des lecteurs, et peut-être aussi par des éditeurs de revues. 
Quelques années plus tard, Guy Da Silva, un psychanalyste de Montréal, a publié plusieurs articles d’apparence tout à fait sérieuse sur la signification psychanalytique des borborygmes. 
Le plus accessible (en tout cas pour moi) est “Borborygmi as Markers of Psychic Work During the Analytic Session. A Contribution to Freud’s Experience of Satisfaction and to Bion’s Idea about the Digestive Model for the Thinking Apparatus”. Cette monographie, professionnellement dense, est parue dans l’International Journal of Psycho-Analysis. Freud est Sigmund Freud, le pionnier de la psychanalyse qui a vécu à Vienne. Bion est Wilfred Ruprecht Bion, directeur de la Clinique londonienne de Psychanalyse dans les années 1950 et, plus tard, président de la Société britannique de Psychanalyse. 
Guy Da Silva a digéré un peu du Freud avec un peu du Bion. Il écrit : “Les borborygmes peuvent signaler le processus et l’acquisition de nouvelles pensées (symbolisation) et les associations libres, qui dérivent des borborygmes, fournissent souvent la clé pour comprendre la séance en mettant en relation le flux verbal des idées avec l’expérience sensorielle et affective sous-jacente, fournissant ainsi un ‘moment de vérité’. Au cours d’un transfert maternel primitif, les borborygmes sont souvent accompagnés du fantasme ou de l’hallucination d’être nourri par l’analyste.” 
Le nom Guy Da Silva est sans doute familier à certains lecteurs, comme étant celui de la star de centaines de films psychologiquement bien ficelés, parmi lesquels Beyond Reality 3, The Lube Guy, Attack of the Killer Dildos et Porn-O-Matic 2000. Mais l’acteur Guy Da Silva et le psychanalyste Guy Da Silva ne sont pas la même personne, aussi stimulante que puisse paraître la ressemblance de leur travail. 
Müller, Christian (1984) “New Observations on Body Organ Language”. Psychotherapy and Psychosomics, 42: 124-26. 
Da Silva, Guy (1990) “Borborygmi as Markers of Psychic Work During the Analytic Session. A Contribution to Freud’s Experience of Satisfaction and to Bion’s Idea about the Digestive Model for the Thinking Apparatus”. International Journal of Psycho-Analysis, 71: 641-59. 
Da Silva, Guy (1998) “The Emergence of Thinking : Bion as the Link Between Freud and the Neurosciences”. In M. Grignon (ed.) Psychoanalysis and the Zest for Living : Reflections and Psychoanalytic Writings in Memory of W.C.M. Scott. Birnhamton, N.Y. : ESF Publishers. 

Catégories :Rions un peu.
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