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Archive for avril 2015

Panoptisme, psychanalyse, totalitarisme.

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À propos du « panoptisme » de Jeremy Bentham. (On pourra se reporter aussi à notre billet intitulé « Psychanalyse et totalitarisme ».
« Cet espace clos, découpé, surveillé en tous points, où les individus sont insérés en une place fixe, où les moindres mouvements sont contrôlés, où tous les événements sont enregistrés, où un travail ininterrompu d’écriture relie le centre et la périphérie, où le pouvoir s’exerce sans partage, selon une figure hiérarchique continue, où chaque individu est constamment repéré, examiné et distribué entre les vivants, les malades et les morts – tout cela constitue un modèle compact du dispositif disciplinaire. À la peste répond l’ordre  il a pour fonction de débrouiller toutes les confusions : celle de la maladie qui se transmet quand les corps se mélangent ; celle du mal qui se multiplie lorsque la peur et la mort effacent les interdits. Il prescrit à chacun sa place, à chacun son corps, à chacun sa maladie et sa mort, à chacun son bien, par l’effet d’un pouvoir omniprésent et omniscient qui se subdivise lui-même de façon régulière et ininterrompue jusqu’à la détermination finale de l’individu, de ce qui le caractérise, de ce qui lui appartient, de ce qui lui arrive. Contre la peste qui est mélange, la discipline fait valoir son pouvoir qui est d’analyse. Il y a eu autour de la peste toute une fiction littéraire de la fête : les lois suspendues, les interdits levés, la frénésie du temps qui passe, les corps se mêlant sans respect, les individus qui se démasquent, qui abandonnent leur identité statutaire et la figure sous laquelle on les reconnaissait, laissant apparaitre une vérité tout autre. Mais il y a aussi un rêve politique de la peste, qui en était exactement l’inverse : non pas la fête collective, mais le partages stricts ; non pas les lois transgressées, mais la pénétration du règlement jusque dans les plus fins détails de l’existence et par l’intermédiaire d’une hiérarchie complète qui assure le fonctionnement capillaire du pouvoir ; non pas les masques qu’on met et qu’on enlève, mais l’assignation à chacun de son « vrai » nom, de sa « vraie » place, de son « vrai » corps et de la « vraie » maladie. La peste comme forme à la fois réelle et imaginaire du désordre a pour corrélatif médical et politique la discipline. »
(In : Michel FOUCAULT. « Surveiller et punir ». Editions Gallimard, Paris, 1975, pages : 199 – 200).
Mais où se trouverait donc une structure « panoptique » dans l’édifice freudien ? Où en retrouver la philosophie qui aurait pu en présider la construction ?
Toujours au même endroit : dans son déterminisme absolu, prima faciae, et excluant le hasard et le non-sens. Avec un tel déterminisme, on peut pourchasser de la parole interprétative, n’importe qui, n’importe où, et n’importe quand. La terre entière doit être même psychanalysée, de l’individu normal au névrosé, selon les voeux de son grand papa : Sigmund Freud.
Quelque soit votre « position » : votre attitude « psychique » ou corporelle, la psychanalyse, avec son interprétation, peut toujours, en toutes circonstances, avoir un oeil sur vous. Lui résister, ce n’est jamais que se retourner de rage dans la cellule où vous avez été placé par elle.
Elle est partout. Elle se vante d’être partout, dans les médias, dans les activités, dans le moindre de nos habitus sociaux, partout. Freud, ne peut être critiqué, il ne peut être tué symboliquement, car on ne peut lui résister et retourner contre lui son propre complexe sans se faire accuser de je ne sais quelle prétendue névrose. Et puis du reste, vouloir « tuer symboliquement » Freud!…C’est encore confirmer la psychanalyse…
Avec la psychanalyse, ni la logique, ni l’épistémologie la plus impersonnelle et fondée qui soit, ne peut, selon ses partisans, venir à bout de sa rhétorique. Et sa rhétorique, bien entendu, a toujours raison. Pour les psychanalystes, plus vous tentez de montrer qu’elle a tort ou qu’elle ne débite que des histoires à dormir debout, et plus vous confirmez sans le savoir vraiment, vos soi-disant « symptômes »!
Comme le panopticon de Bentham, la psychanalyse est donc bien une sorte de piège à rats. Et les rats, c’est vous, c’est moi, nous tous. C’est-à-dire qu’un rat, ça n’a pas le droit d’être reconnu comme créature capable de raisonner, ou bien alors dont l’intelligence ne peut être que perverse. Pourtant, étant sans arrêt obligé de vivre sous le regard de la psychanalyse, les rats, finissent par être porteur de la peste, et de la propager entre eux! Freud nous avait d’ailleurs prévenu, lorsqu’il posa le pied sur le sol américain, qu’il apportait la peste, mais pas seulement à l’Amérique, à tous les endroits qu’il fréquenterait.
Aïe! Il y a sans doute de « l’antisémitisme masqué » qui se cache dans nos propos, pourront dire certains, ou une certaine créature qui s’est rendue si tristement célèbre avec de telles allégations diffamatoires. Et oui! Le « rat », c’est le juif, Freud était juif, donc une sorte de « rat-en-chef », donc, je suis un antisémite!…
Je ne suis pas antisémite. Je ne l’ai jamais été, et je pense que l’antisémitisme, comme toute forme d’exclusion de ce type, qu’elle soit xénophobe, raciste, ou autre repose, en premier lieu sur une impossibilité logique, et, en second lieu sur un mépris des faits les plus évidents.
Je suis bien plutôt pour la Société ouverte, avec des juifs, des non juifs, des blancs, des noirs, des jaunes, des arabes, tout le monde. Nous ne pouvons qu’y gagner, c’est ma conviction. Je suis contre le nationalisme. Car je pense qu’il a toujours été la source des conflits les plus graves et aussi des racismes.
La Société ouverte, est un objectif qui exige de tout miser sur l’Individu. C’est-à-dire sa liberté, et surtout l’idée qu’il s’en fait : une liberté qui va de pair avec la responsabilité et l’autonomie.
Par conséquent je suis contre toutes les formes d’organisation panoptique de la société, dès lors qu’elles sont destinées à contraindre les individus et à les empêcher de vivre ensemble, de communiquer et de jouir de leur libre-arbitre.
Pour moi, il n’y a finalement de pire « panoptisme » que celui qui a su s’insérer en nous, dans nos pensées, dans les pensées des autres, et qui sait user de moyens suggestifs et de coercition mentale pour ne jamais nous lâcher..
Mais, la liberté, c’est comme la Vie, ou l’Amour : cela finit toujours par trouver un chemin.
Dans le cas de la psychanalyse, et contrairement à ce qu’ils pensent, la porte de la liberté reste toujours celle de l’épistémologie.
Nous avons parlé de cette détestable propension à tout infiltrer, y compris nos vies privées, et sans doute en y insérant les mensonges les plus odieux (…). A ce titre, un certain Leon66 (psychanalyste qui sévit sur Wikipédia.fr, et dont la perversité et les nuisances ont été reconnues par certains administrateurs), est venu très probablement nous visiter, sur ce blog, le 28 mars dernier (…), en se vantant d’être de la « thermite » : « Leon thermite« . Mais nous pensons plutôt à une vulgaire termite, s’agissant de ce « Léon66″. C’est-à-dire un parasite tenace qui vient s’infiltrer dans votre maison, pour tout détruire de l’intérieur, en venant y pondre des oeufs que les habitants légitimes n’y ont jamais mis……
*                   *
Psychanalyse et totalitarisme.
Ils en parlent bien mieux que nous, des aspects manipulateurs et écrasants pour l’individu, de la doctrine freudienne. Nous laisserons donc la parole à une psychanalyste, et non des moindres, puisqu’il s’agit de Maria Pierrakos, Psychanalyste et psychosomaticienne, membre du Collège International de Psychanalyse et d’Anthropologie et de l’Institut de Psychosomatique de Paris. Elle est l’auteur d’un petit livre au contenu explosif sur le Grand Maître Jacques Lacan, dont elle fut la sténotypiste, et qui s’intitule : « La tapeuse de Lacan. Souvenirs d’une sténotypiste fâchée. Réflexions d’une psychanalyse navrée ». (Edition L’Harmattan, 2003).
Ce livre est un chef d’oeuvre d’insolence et de courage intellectuel, chers récalcitrants éclairés, et il mérite toute votre attention. Nous n’en citerons que quelques passages que nous estimons bien illustrer les penchants manipulateurs, autoritaires et finalement totalitaires de la psychanalyse.
P. 29 : 
« Mais le cadre du séminaire [lacanien] lui permettait de donner libre cours à bien des pulsions. Si le discours manifeste était une recherche théorique de plus en plus élaborée, cette langue labyrinthique, qui évoque ce jeu où l’on doit trouver la sortie à travers un chemin compliqué à dessein, traduisant un désir d’un tout autre ordre. Car qui dit labyrinthe dit aussi Minotaure…(…) combien sont tombés dans une sidération qui ne laissait plus place qu’à une imitation spasmodique ».
Commentaires :
Se laisser prendre au piège [déjà bien identifié par un autre psychanalyste, Patrick Mahony, dans « Dora s’en va, violence dans la psychanalyse] du monologue psychanalytique, c’est ne pas se rendre compte des risques énormes que l’on prend : se laisser abuser par la verbosité, le charisme, la gestuelle, bref, tout le bric-à-brac suggestif et manipulateur de ce fou qui se prend à considérer ses paroles comme identiques aux remous  de l’âme les plus profonds. Mais ces remous ne sont pas si « profonds » que cela! Ils ne peuvent qu’être fabriqués dans l’instant d’une transe tout à fait consciente et surjouée à l’envi, devant un auditoire qui ne demande qu’à se prosterner.
L’auditoire donc, se laisse entraîner, tel un troupeau, par son « Duce » charismatique. Il s’interdit de lui-même toute indépendance d’esprit, et fonce tête baissée dans le gouffre qu’on lui indique. Et au bout de sa chute que rencontre-t-il ? Une bête monstrueuse qui attendait là. Un Minotaure, dont la fonction consiste à dévorer tout entière son indépendance d’esprit, n’en laisser plus aucune miette, et lui ôter toute chance de résurrection. On peut considérer Maria Pierrakos comme une miraculée de ce processus funeste pour la raison.
P. 34 :
« Est-ce que je m’avance beaucoup en disant que les plaisanteries, calembours et contreprétries de Lacan étaient très rarement harmlos et qu’au contraire leur but était extrêmement offensif et agressif ? Et cela s’est transmis jusqu’aujourd’hui chez les postlacaniens, en s’aggravant encore, par exemple dans l’article que je citais : ce galimatias verbeux, mélange de langues contournées et de mauvais jeux de mots ; je me sens obligée d’en faire un moi aussi : ils ont le vice du Witz. Au service de quelle jouissance ? Que vient remplacer le jeu de la langue ? Que cache, que révèle ce désir de sidérer, de capter, d’hypnotiser ? La réponse à ces questions deviendra de plus en plus évidente tout au long de ces pages, mais nous voyons ici comment la pulsion d’emprise se perpétue ; l’effet de groupe la potentialise et l’arrogance des énoncés cryptiques continue de méduser le naïf disciple ».
Commentaires :
« Le chef, … toujours le chef, encore le chef »… Le chef veut être tout. Il exige un engagement total de ses modestes sujets, et un contrôle tout aussi total de leurs consciences voire au-delà. Tout le monde doit écouter la parole du chef, mais sans tout-à-fait comprendre son pouvoir ni même son rationalisme (si tant est qu’il y en est un…), sinon, le chef ne serait plus le chef…Il faut donc accepter de se rabaisser à une transe auditive au cours de laquelle, grâce à une sorte de contrat tacite, vous acceptez d’abandonner toutes vos forces. Celles qui justement, vous délivreraient de sa parole.
Il n’y a pas donc d’autre issue, dans un tel pièges à rats, que de devenir comme le chef, de s’identifier à lui, tout en sachant que l’on ne sera jamais tout à fait comme lui. Sinon, ce serait la fin de l’emprise, la fin de la transe ; et comme la psychanalyse se transmet d’un délire individuel à un autre rendu capable de le recevoir, (au cours de la « passe »), ce serait l’anéantissement de l’essentiel : celui de cette ignoble pulsion d’emprise qui a été inculquée. 
Très bien joué! Le chef contrôle ses disciples par son emprise, dont le rationalisme et les mécanismes doivent toujours  leur échapper, au moins en partie. Mais, pour que son pouvoir se répande au-delà de sa propre personne, il faut donc que les clones soient dociles, mais aient suffisamment intégré et compris les mécanismes d’application de la pulsion d’emprise du chef, sur d’autres sujets.
P. 45 :
« Selon la technique analytique, toutes écoles confondues, l’analyste est dans un fauteuil, en position de pouvoir, l’analysant sur le divan, en position de demande ; celui-ci attend tout de l’analyste, qui doit se prêter aux fantasmes que l’analysant projette sur lui. On comprend donc que l’exercice de la psychanalyse puisse être la porte ouverte à toutes les perversions, et cela qu’elle que soit l’école et la théorie du thérapeute. (…) En principe, la longue analyse personnelle de l’analyste lui aura fait prendre conscience de sa pulsion d’emprise, de son sadisme, de son narcissisme, de sa jouissance mégalomaniaque. »
 
Commentaires :
« En position de demande » ? C’est faux, Maria Pierrakos! C’est surtout l’analyste qui « demande ». Et que demande-t-il ? Grâce au travail de Mikkel Borch-Jacobsen, on apprend que la « demande » essentielle de l’analyste, est une « demande d’inconscient ». Il faut jouer le jeu de l’inconscient. « Faire comme si » l »on était pas conscient. Faire comme si l’on ne se rendait pas compte que la formulation des questions que peut poser l’analyste, sont des demandes plus ou moins habilement déguisées, de cet « inconscient », qui n’est que fabriqué à deux, dans une « folie à plusieurs » (Mikkel B.J.), qu’au cours de l’analyse. « L’inconscient » de la psychanalyse, n’existe donc que dans le cadre de la cure, par pure  cofabrication. Il n’a jamais existé avant, et ne peut exister après, sauf, bien entendu, si « la cure a réussi », c’est-à-dire si le patient a été correctement endoctriné.
« La longue analyse personnelle lui aura fait prendre conscience de sa pulsion d’emprise, etc. » Nous  ne croyons pas du tout qu’elle était prétendument « inconsciente », cette pulsion, ou plus simplement cette envie, ou ce désir. Comment s’imaginer une personne souhaitant pratiquer une telle profession, sans qu’elle veuille accéder à l’intimité la plus profonde d’une autre personne saine ou considérée comme « malade » ? 
Ensuite, qui peut vouloir à ce point, entrer dans ce qu’il y a de plus sacré au sein de l’individu, sans être, soit une sorte de voyeur, ou de violeur de l’individualité, donc un être motivé par un genre particulier de comportement obscène par rapport à autrui ; sans vouloir en même temps en prendre le contrôle total, puisque tout ce qui guide la volonté se trouve dans l’esprit et/ou le corps ?
Sous couvert de vouloir aider une personne à se sentir mieux, que fait-on ? On s’autorise de soi-même, à en prendre le contrôle total. Ou du moins le réaliser, avec son assentiment manipulé, que ce contrôle est nécessaire, ne serait-ce que temporairement, et de surcroît bénéfique. 
« Confiez-moi votre inconscient, confiez-moi tous vos secrets, et je ferais de vous une personne libre et capable de vivre ». Voilà toute la supercherie. Se confier aux autres, livrer tous ses secrets, c’est toujours s’aliéner aux autres. On peut sans doute se sentir mieux, mais avec la psychanalyse, il sera impossible d’oublier qu’on lui doit tout (en fait, non pas à elle, la théorie, mais à la manipulation et la suggestion), donc impossible de s’individualiser totalement par rapport à elle…

La psychanalyse est donc, bizarrement, à la fois un idéalisme, et une idéologie. (Nous utilisons les définitions contenues dans Wikipédia.fr au sujet de ces deux concepts).

Idéalisme parce qu’elle « affirme la prééminence des formes abstraites et des représentations mentales sur la réalité ». Idéologie parce qu’elle prétend être une science. Mais elle n’est qu’une « science » (…) d’un système d’idées imaginaires, si bien qu’elle ne peut absolument pas fonctionner sans une croyance quasi religieuse en ces imaginations délirantes qu’à enfanté son père fondateur : Sigmund Freud.
Nous risquerons d’inférer quelques conséquences désastreuses de cette monstruosité théorique, tantôt bicéphale, comme ici, tantôt à plusieurs têtes, voire une multitude, ou tout simplement pour chacun d’entre nous!
Comment la psychanalyse ne pourrait-elle supposer, en commettant la même erreur monumentale d’Hegel, que « tout ce qui est réel est rationnel », et que « tout ce qui est rationnel est réel » ? 
Le psychisme inconscient, tel qu’il nous fut régurgité par Freud, puis mâchonné par Lacan et leurs suiveurs, invention totalement arbitraire, impossible à tester de manière indépendante et empirique, puisque selon les dires des plus fanatiques on ne peut pas mesurer la psyché, et que cette psyché n’a rien à voir avec de « l’organique » (que dire, alors du « copsychique » qui serait à l’oeuvre entre l’analysant et l’analyste ? Le copsychique, dernière lubie de ceux qui croient encore à un destin scientifique pour la psychanalyse ?), n’est pas « réel ». Il n’est que « rationnel ». 
Cela part d’une idée abstraite et métaphysique, cela demeure pourtant aussi métaphysique que possible (à cause des engagements déterministes délirants des psychanalystes), mais pourtant, cela fonctionnerait dans un « réel » de la vie intime de tout individu, et trouverait même autant de confirmations que l’on voudrait dans chacune de ses manifestations de vie!
Mais pour que l’individu y croit, pour que les gens viennent s’allonger sur le divan, il faut bien qu’ils croient aussi, sans peut-être en avoir tout à fait conscience, que cette idée abstraite et jamais prouvée de l’inconscient que nous propose la psychanalyse, est identique à un « réel » qui agit à notre insu, indubitablement, si l’on en juge par ses incessantes confirmations (…!).
L’abstrait est donc devenu, d’un coup de poing sur la table, réel.
Et puis ce réel-escroc, ce réel-entourloupe et cofabriqué sur le divan, que devient-il ? Il retourne prendre sa place, modifié, et soi-disant moins névrotique, dans sa matrice abstraite.
Dans cet aller-retour, il faut bien un véhicule,  ou une sorte de vecteur. Et bien, ce sont les mots! Toujours les mots. Chaque mot, chaque phrase, chaque signe, peu importe. Puisqu’ils sont le véhicule, ou le vecteur nécessaire, sans lequel ni l’abstrait délirant, ni son pendant « réel » n’existerait plus, ces mots ne peuvent plus être des moyens, contrairement aux apparences, mais des fins! Ce n’est donc plus le mal de l’individu, son malaise qui est une fin à résoudre, ce sont les mots qu’il doit apprendre, des vecteurs qu’il doit accepter d’établir en lui, entre deux mondes délirants et fabriqués, mais qui n’existent pas.
Que serait le destin d’un analysant qui souhaite « guérir » de ses symptômes s’il ne devait apprendre d’autres mots, d’autres idées, d’autres concepts, pour tenir sa vie mentale ? Il ne serait plus rien, après avoir subi l’endoctrinement de la psychanalyse. Après la cure « réussie » (…), impossible de continuer de vivre sans les liens délirants, les idées abstraites délirantes de Sigmund Freud, surtout s’il on a consenti à redire que la chose « vous a sauvé la vie »!
L’idée domine donc l’individu, au lieu de la servir. 
Pourquoi ? C’est très simple, il suffit de comparer certaines situations. Si je vais chez un médecin pour me faire soigner d’une grippe, certes ses mots sont importants pour me montrer et me faire accepter mes symptômes, mais le plus important ce sera l’action de moyens indépendants des mots qu’il a pu me dire : les médicaments que je vais prendre. Si ce sont des placebos, et que ça marche, je retournerais le voir si j’ai une autre grippe. Si ce sont des placebos et que cela ne marche pas, je changerais de médecin. Si ce médecin m’a donné un vrai médicament inefficace, je changerais aussi, et si ce médecin m’a donné un vrai médicament efficace, je retournerais chez-lui. Donc, entre le médecin et moi, il existe une sorte de « tiers » : le médicament. Mais, entre l’analyste et son patient, il n’y en a pas! Tout est là. Ou plutôt si, il y en a un, et un seul : c’est Sigmund Freud, seul témoin de son auto analyse, à partir de laquelle tout fut découvert. Sigmund premier et unique témoin princeps de l’inconscient. Sigmund Freud, « le sujet freudien », l’inconscient depuis toujours.
Par conséquent, sans l’existence de ce « tiers », entre le patient et son thérapeute freudien, les mots sont tout puissants, et ne peuvent pas ne pas être les fins, et pour la psychanalyse, et pour le patient : il faut qu’ils croient en ces mots-là, il faut qu’ils structurent différemment sa vie mentale (ou en donnent l’illusion…), ils ne faut surtout pas qu’ils défaillent.
On revient donc au point de départ…
C’est l’individu, son bonheur, qui doit toujours être la fin. Jamais les mots, ou les idées, les théories, etc. aussi généreuses soient-elles.
La psychanalyse a sans doute réussi, parce qu’elle a su mieux que n’importe qu’elle autre supercherie dans l’histoire des idées, à masquer son poison. C’est-à-dire à se faire passer pour une science, et faire croire que cette prétendue science serait au service des individus. C’est tout le contraire…
Elle [la psychanalyse] prêche à converti….
Bernard-Henri Lévy (BHL), grand défenseur des intérêts de la psychanalyse lors de la publication du rapport de l’INSERM sur l’évaluation des psychothérapies, et encore aujourd’hui, en rajoute une couche :

Wikipédia.Fr : BHL se lance dans une critique du rationalisme : « Chacun sait aujourd’hui que le rationalisme a été un des moyens, un des trous d’aiguille par quoi s’est faufilée la tentative totalitaire. Le fascisme n’est pas issu de l’obscurantisme, mais de la lumière. Les hommes de l’ombre, ce sont les résistants… C’est la Gestapo qui brandit la torche. La raison, c’est le totalitarisme. Le totalitarisme, lui, s’est toujours drapé des prestiges de la torche du policier. Voilà la « barbarie à visage humain » qui menace le monde aujourd’hui. »
Vous avez bien lu, chers récalcitrants éclairés, les propos du grand manouvrier de l’intelligentsia franco-franchouillarde, à la sauce parigo… »La raison c’est le totalitarisme ». Pourtant, il avait bien commencé, en nous laissant entendre que la raison pouvait mener au totalitarisme en fonction de l’usage que l’on pouvait en faire. D’ailleurs, Karl Popper, accuse, à juste titre Hegel, grand adversaire de la raison, d’avoir justement produit un « rationalisme » qui fut responsable de l’émergence du totalitarisme moderne. (Voir Karl Popper, in « La société ouverte et ses ennemis ». Tome 2. Edition du Seuil. Hegel et le néo tribalisme allemand).
BHL se pose donc, in fine, en adversaire déclaré de la raison, puisqu’elle serait identique au totalitarisme… »La raison C’EST le totalitarisme ».
Comment qualifier de tels propos, sinon qu’ils sont charlatanesques et absurdes, malgré toute la brillantine déployée pour nous duper. Mais Jacques Bouveresse les a déjà fort bien stigmatisés, ces propos-là, dans son livre, « Prodiges et vertiges de l’analogie ».
Ne s’est-il pas rendu compte qu’avec de telles arguties il confirmait encore les accusations de totalitarisme que l’on peut attribuer à la psychanalyse ? Parce que le rationalisme analytique est un « hyper rationalisme », à cause des ses croyances déterministes extrêmes. Il n’est pas un rationalisme à visage humain. Il est le rationalisme d’un seul, qui ne tolère aucune critique. Il est donc un rationalisme totalitaire.
Pourtant, le rationalisme critique, dont le plus célèbre champion reste encore Karl Popper, est la meilleure arme contre les totalitarismes et demeure la cheville ouvrière de toutes les sciences, sans le développement desquelles, la liberté de décision et d’action des hommes, et de leurs démocraties, n’est rien.
Avec une telle formule, BHL transforme la raison en une sorte de fatalité ou de destin. Il ignore semble-t-il le pouvoir de création et de décision des hommes par rapport à elle, et leur responsabilité! Ensuite, la raison devient détachable de ceux qui la produise, et se transforme donc en une entité abstraite qui génèrerait le totalitarisme sans que les hommes puissent rien faire! Mais cette raison-là, n’existe pas! La raison n’existe qu’à travers la bouche, ou la plume de ceux qui la créent. Mais, contre le Mal, il y a le Bien, monsieur BHL. Il dépend donc toujours des hommes et des femmes libres, de prendre aussi la plume et d’ouvrir leurs bouches, avec insolence, s’il le faut, pour dénoncer autant les dérives de la raison que les délires de quelques intellos qui toujours les produisent…






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