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"Fais ce que voudras" (Rabelais)


Deuxième « lettre ouverte » à Messieurs les Ministres, Manuel Valls,  Bernard Cazeneuve, et aussi à Madame Christiane Taubira :

Etienne Chouard, très honorable récalcitrant éclairé, nous parlait de la réforme de la Constitution sur Youtube, et de ses critiques du système politique et social dans lequel nous vivons. Il nous faisait part de ses critiques sur le suffrage universel, notamment, mais, cette vidéo a été censurée…

Contenu censuré sur Youtube… C’est ça le totalitarisme « sophistiqué ». (Quoiqu’en l’occurrence, il n’est pas aussi sophistiqué que cela).
La réforme de la Constitution. C’est bien par là qu’il faudra commencer le plus tôt possible.
Il faut être citoyen, certes, oui, mais comment, si nous n’avons pas vraiment le pouvoir d’être citoyen, autre qu’en nous rendant aux urnes pour voter.
Pour Karl Popper, la démocratie, l’Etat de droit, ne sont rien sans la responsabilité individuelle. La liberté, la vie dans une société libre et démocratique repose avant toute chose sur la responsabilité individuelle. 
L’utopie inaccessible,  du « fait ce que voudras » de Rabelais, qui pourtant doit nous servir toujours de point de repère, ce rêve repose sur le fait que chaque citoyen aurait atteint un niveau d’éducation et de responsabilité individuelle tels qu’il serait devenu inutile d’encadrer ses actions par des lois. 
Cette utopie suppose donc l’éradication totale de la violence sous toutes ses formes, étant donné que chaque citoyen aurait complètement intégré l’Etat de droit (puisque la raison d’être de l’Etat de droit est indiscutablement l’éradication de la violence) et en serait à tout moment le représentant sans jamais nuire à la liberté, aux biens, ou à la personne de son prochain.
Dans cette utopie, l’Etat de droit ne disparaitrait pas, en quelque sorte, il aurait été complètement intégré par chaque citoyen, et sans violence. Mais… c’est un rêve, une utopie, sans doute la plus belle des utopies politiques..
Revenons sur terre, alors :…
Il faut demander une réforme significative de la Constitution. Pour qu’elle nous permette d’assumer davantage et de « plus en plus » notre rôle, et je dirais nos devoirs de citoyens. Dans quels buts ?
1. Pour pouvoir nous débarrasser rapidement et sans violence, par un vote du Parlement, des gouvernants incompétents et/ou corrompus ;
2. Pour accéder à un vrai pouvoir de décision quant à la définition de nos lois ;
3. Pour que nos décideurs ne puissent plus faire entièrement ce qu’ils veulent sans que nous n’ayons aucun contrôle ;
En somme nous devons revendiquer une démocratie et un Etat de droit beaucoup plus participatifs, c’est-à-dire qui engagent nettement le citoyen à y participer davantage (et toujours plus), donc à prendre ses responsabilités quant aux décisions à prendre pour contribuer à améliorer ses conditions d’existence.
Depuis des décennies et sans vraiment nous en rendre compte nous avons accepté un paternalisme mou de la part de nos gouvernants et de nos institutions. Et ce paternalisme tend à s’étendre de plus en plus et devient de moins en moins sophistiqué, lui aussi..
Nous ne devons jamais accepter d’être dégagés de nos responsabilités de citoyens, et si nous voulons être traités en adultes, et non être de plus en plus asservis par le paternalisme d’Etat, nous devons demander de nous-mêmes toujours plus de responsabilités.
Les enfants vont voter pour des « sauveurs en politique »… les adultes, sont des citoyens responsables : ils considèrent qu’ils doivent chercher les moyens de se sauver eux-mêmes.
Ensuite, je me range aux propos d’Etienne Chouard. Va-t-il se présenter aux élections présidentielles ?…

Notre rêve : « fais ce que voudras ».
Notre réalité : accéder à toujours plus de pouvoir citoyen.

François Rabelais, immense récalcitrant éclairé nous parle :

« Toute leur vie était dirigée non par les lois, statuts ou règles, mais selon leur bon vouloir et libre-arbitre. Ils se levaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur venait. Nul ne les éveillait, nul ne les forçait ni à boire, ni à manger, ni à faire quoi que ce soit… Ainsi l’avait établi Gargantua. Toute leur règle tenait en cette clause :

FAIS CE QUE VOUDRAS,

car des gens libres, bien nés, biens instruits, vivant en honnête compagnie, ont par nature un instinct et un aiguillon qui pousse toujours vers la vertu et retire du vice; c’est ce qu’ils nommaient l’honneur. Ceux-ci, quand ils sont écrasés et asservis par une vile sujétion et contrainte, se détournent de la noble passion par laquelle ils tendaient librement à la vertu, afin de démettre et enfreindre ce joug de servitude; car nous entreprenons toujours les choses défendues et convoitons ce qui nous est dénié.

Par cette liberté, ils entrèrent en une louable émulation à faire tout ce qu’ils voyaient plaire à un seul. Si l’un ou l’une disait :  » Buvons « , tous buvaient. S’il disait: « Jouons « , tous jouaient. S’il disait:  » Allons nous ébattre dans les champs « , tous y allaient. Si c’était pour chasser, les dames, montées sur de belles haquenées, avec leur palefroi richement harnaché, sur le poing mignonne- ment engantelé portaient chacune ou un épervier, ou un laneret, ou un émerillon; les hommes portaient les autres oiseaux.

Ils étaient tant noblement instruits qu’il n’y avait parmi eux personne qui ne sût lire, écrire, chanter, jouer d’instruments harmonieux, parler cinq à six langues et en celles-ci composer, tant en vers qu’en prose. Jamais ne furent vus chevaliers si preux, si galants, si habiles à pied et à cheval, plus verts, mieux remuant, maniant mieux toutes les armes. Jamais ne furent vues dames si élégantes, si mignonnes, moins fâcheuses, plus doctes à la main, à l’aiguille, à tous les actes féminins honnêtes et libres, qu’étaient celles-là. Pour cette raison, quand le temps était venu pour l’un des habitants de cette abbaye d’en sortir, soit à la demande de ses parents, ou pour une autre cause, il emmenait une des dames, celle qui l’aurait pris pour son dévot, et ils étaient mariés ensemble; et ils avaient si bien vécu à Thélème en dévotion et amitié, qu’ils continuaient d’autant mieux dans le mariage; aussi s’aimaient-ils à la fin de leurs jours comme au premier de leurs noces. »

  1. 31 mai 2016 à 1212 08

    Ce que veut détruire « Big data », c'est bien ça, malgré les apparences qu'il se donne : détruire la démocratie, la vie privée (qu'il considère comme une « anomalie »), la vie politique, et l'état de droit. Il ne veut plus de véritable citoyenneté, c'est-à-dire de citoyenneté réelle. « Big data » rêve de construire une citoyenneté « virtuelle », « en ligne », c'est-à-dire, entièrement surveillée et assujettie aux besoins des oligarchies, et sous le couvert, notamment, de l'argument sécuritaire. Il y a un combat que l'homme libre, le vrai citoyen doit commencer s'il veut mettre en échec les projets totalitaires (déjà bien implantés de Big Data), c'est l'étude des moyens d'émancipation de son contrôle et de sa surveillance, bien entendu. Le plus souvent, le citoyen ordinaire est sans arme, aucune. Mais ce que Big data oublie, comme l'oublie toujours les systèmes qui ont cherché à supprimer la liberté, c'est qu'elle est comme la vie : elle finit toujours par trouver (ou retrouver) un chemin, et parfois de la manière la plus inattendue tout autant que la plus simple.

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