"Le lion, et le peuple de l’ombre".


Celui que l’on opprime, n’est qu’un fauve endormi….
*

Le lion, et le peuple de l’ombre.

Ils s’en ventaient, d’être lâches, mielleux, odieux et fourbes.
Ils aimaient tant leurs langues et leurs pattes déversant ou poussant de la tourbe,
Sur la tête, sur l’âme, mais surtout, … surtout dans le dos…

Ah, on entendait même leurs sourires, leurs gestes,
Leurs volontés de vieilles pestes,
Et bien sûr, leurs chants de corbeaux.

On pensait une très vieille mygale, aussi coupable que cachée dans son terrier,
Juste entrouvert, d’où l’on devinait la noirceur des huit yeux,
Si perfides, avides, et cruels, que les maîtresses de Lucifer en étaient jalouses.

On pensait aussi à des rats, beaucoup de rats, évidemment, et d’autres vermines,
Tels ces cafards, ou quelques phasmes, ou des serpents,
Tous suavement vautrés, et entrelacés dans leur haine.

Et tout ce monde réfléchissait, sur l’insulte, sur le mal,
Sur la souffrance, qu’ils pourraient encore causer et agrandir,
Mais, voyons, toujours cachés, en bien pensants, de surcroît, et sans faiblir.
Le lion, lui, dormait.
Souvent, aucune de ses pensées, ne les surveillaient, mais,
Il ne pouvait supporter, ni la vermine, ni les stridulations distanciées d’une vieille mygale.

Il ne pouvait rien faire, ni de ses crocs, ni de ses griffes,
Tant l’ennemi était petit, en tous sens ; mauvais, et dissimulé,
Et qu’il eût pu être insulté, par ces gens, de devoir en user.

Tout semblait perdu.
Dieu qui l’observait eût pitié de lui, et lui conseilla d’avancer dans cette forêt,
Où se dissimulait toute la populace aux aguets.

En marchant au plus profond de la verdoyante pénombre,
Les rires, les stridulations, et la puanteur, révélaient toujours plus la force du nombre,
De tous ceux qui veillaient aux maux de demain.

Leurs petites dents grinçaient de hargne et d’impatience,
Car, sous la canopée, le jour tardait à se coucher,
Et sous la poussière, la mygale, rageait encore, regagnant son terrier… 

L’on vit toujours ces rats, victorieux des chagrins qu’ils avaient provoqués,
 Se couronner d’un royaume si vide et obscur, qu’aucun de leurs sens aiguisés,
Ne pouvaient, cependant, présager du futur..

Mais, alors que le lion s’y perdait, un puissant orage gronda,
Et Dieu, en la foudre,
Le lion, changea.

Engendra un brasier si violent, et des flammes animées d’une telle démence,
Qu’après un jour, dans la vaste forêt,
Ne régna plus que le silence.


 

(Patrice Van den Reysen).

*

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