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Bertrand RUSSELL, illustre récalcitrant très éclairé.


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Bien entendu, Karl Popper le démontrait aussi, notamment dans « La logique de la découverte scientifique ».

S’il y a bien une chose dont nous pouvons être sûrs, c’est que nous n’aurons jamais aucun moyen de contrôler, de mesurer, d’observer, d’estimer, de tester, d’éprouver, de ressentir, (…), avec une précision absolue.

La certitude est un domaine qui appartient à la logique et aux mathématiques. Mais à ce sujet, voilà ce que disait Albert Einstein : « si la mathématique est certaine, elle ne s’applique pas à la réalité. Et si elle n’est pas certaine, alors, elle s’applique à la réalité ».

Ce sont des arguments logiques imparables qui nous démontrent l’impossibilité à jamais totale d’atteindre la certitude au sujet de toutes choses concernant la Nature, dont l’être humain fait partie.

Comme nous l’avons dit plus haut à propos de Popper, nous conseillons aux récalcitrant(e)s éclairé(e)s de se reporter à la section consacrée à la précision des mesures dans « La logique de la découverte scientifique ».

Par conséquent, toute allégation concernant la possibilité d’une quelconque forme de déterminisme « absolu », qu’il soit prima faciae ou même post faciae, doit être considérée, et aurait dû même être considérée comme philosophiquement et scientifiquement morte et enterrée depuis longtemps déjà…

Il n’y a pas de « sense data » ou de prétendues « données des sens » comme le croyaient les positivistes logique du Cercle de Vienne, auxquels Karl Popper s’était opposé avec succès. Dans « La Quête inachevée », Popper assume avec raison la mort du positivisme logique, et selon nous, il aurait pu de son vivant, assumer aussi celle du déterminisme, en proclamant avec des arguments eux-aussi imparables, la victoire de la théorie des propensions.

La Vérité ne peut nous être « donnée directement » par nos sens. « Les faits ne viennent pas à nous comme fleuve » (K. Popper, « La logique de la découverte scientifique »). Elle ne peut donc être davantage acquise par cette voie. Pourquoi ?

Parce qu’il est rigoureusement impossible (nous soulignons) qu’il puisse y avoir une « observation », ou même une « impression », ou un « sentiment », voire une « émotion » de, ou sur la Vérité qui ne puisse a priori elle-même dépendre d’un « déjà là », c’est-à-dire d’un préjugé, d’une théorie, d’une opinion quelconque, qui a donc toujours, et indiscutablement le statut d’une hypothèse, laquelle ne peut jamais être « valide a priori » comme le croyait Kant. Kant qui pourtant écrivit cette phrase demeurée célèbre dans sa « Critique de la raison pure » : « nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes ».

Il n’y a donc pas de connaissance possible qui soit prétendument « directe » sur aucun fait de la Nature, nature humaine comprise.

La théorie précède toujours l’observation de quoique ce soit. (K. Popper).

Dès lors, celui qui affirme « être certain » à propos, par exemple, de l’observation d’un fait, ou plus encore d’une théorie universelle, ne peut qu’avoir tort, comme l’écrit Bertrand Russell. Pourquoi ?

Etant donné que toute forme de « sense data » est impossible sans une théorie a priori, être soi-disant certain à propos de l’observation d’un fait formulé par exemple, par la proposition : « la neige est blanche, et j’en suis certain, parce que j’ai vue de la neige, et elle était bien blanche » ; implique la négligence de ceci : cette proposition contient inévitablement des noms communs lesquels ont le statut de termes universels, (« neige », par exemple), qui, à leur tour, dépendent d’une théorie universelle stricte non vérifiable dans le temps. Mais ce fut une stratégie non valide de rejeter ou d’éluder ces énoncés, en les qualifiant de « pseudo-énoncés », comme le firent les philosophes du Cercle de Vienne, précisément parce qu’ils n’étaient pas vérifiables dans le temps, oubliant semble-t-il, du même coup, qu’un énoncé singulier portant sur la réalité, comme nous l’avons dit, ne peut manquer de comporter des termes universels dépendant de théories universelles strictes, donc de ces soi-disant « pseudo-énoncés !

Tout cela pour dire finalement que, non seulement toute observation « singulière » dépend d’un ou plusieurs énoncés universels au sens strict, logiquement invérifiables (et souvent empiriquement non vérifiables), lesquels peuvent toujours être réfutés par l’expérience…

Par conséquent, celui qui affirme la certitude d’une observation, quelle qu’elle soit, sur la base de ses « données des sens », court toujours le risque d’affirmer en même temps, et très probablement sans s’en rendre compte lui même, faute de connaître ou d’avoir admis certains arguments épistémologiques, que son observation contient ne serait-ce que potentiellement, une part de fausseté, ou en tout cas, que personne ne peut la vérifier avec certitude, ou avec une précision absolue.

La théorie de l’inconscient de la psychanalyse, ne peut donc être ce « fleuve » qui viendrait à nos consciences, en les nourrissant inévitablement, (et selon un déterminisme prima faciae des plus strict), de faits par rapport auxquels toute conscience humaine devrait soi-disant se soumettre eût égard à leur prétendue « évidence »…

C’est au contraire l’incontournable nécessité pour le psychanalyste de devoir utiliser la suggestion, la manipulation mentale, l’inculcation de faux souvenirs, etc., qui démontre qu’il n’y a aucune prétendue « évidence » de liens possibles entre l’inconscient et le conscient tels qu’ils sont conçus en psychanalyse ; évidence dont les éléments « réels » (…) ne sont en fait que purement fictifs, ou des artefacts, ou superfétatoires, ou de pures et simples inventions ou cofabrications (Jacques Van Rillaer) entre le psychanalyste et son patient qui aura accepté de jouer au « jeu de l’inconscient » (Tobie Nathan, Mikkel Borch-Jacobsen).

L’inconscient en psychanalyse n’est qu’une conjecture, bien mal établie, et même délirante. Un parti pris théorique reposant sur des postulats ontologiques beaucoup trop déterministes qui lui ôtent d’emblée toute possibilité d’être soumis à la moindre expérience valide, digne de ce nom ; c’est-à-dire indépendante et reproductible de manière extra-clinique.

Il est même inutile d’invoquer encore l’inconscient, ou les causes inconscientes propres à celui qui formula le premier dans l’histoire de la psychanalyse cette même conjecture de l’inconscient, sauf à enfermer la problématique dans une sorte de tautologie, si ce n’est pas dans une régression à l’infini (et non une progression vers la connaissance).

Autrement dit, l’on ne peut pas utiliser la théorie de l’inconscient de la psychanalyse pour essayer de comprendre pourquoi le père fondateur de la doctrine a formulé cette même théorie de l’inconscient, (tant que cette théorie n’a pas d’abord été corroborée sur la base de preuves indépendantes), alors même qu’elle fut et est toujours présentée comme susceptible de s’appliquer à tous, de « l’individu normal au névrosé ».  

En effet, l’on ne peut pas prétendre expliquer quelque chose avec un objet à expliquer identique au moyen qui doit servir à cette explication, et qui plus est, non encore prouvé par des tests valides, indépendants, et extra-cliniques. Il faut toujours que l’explicandum soit indépendant de l’explicans (Renée Bouveresse), si l’on prétend à une explication valide.

Puisque le père fondateur de la psychanalyse reste le seul et unique « témoin princeps » (Mikkel Borch-Jacobsen) de l’inconscient, nous avons un argument supplémentaire pour affirmer qu’il n’est pas possible de fonder un test indépendant pour corroborer (ou même réfuter) cette théorie. Elle ne peut donc éviter de n’être qu’un dogme, une vérité « révélée », et des plus obscures qui soient.

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