Archive

Archive for the ‘Claude BASTIEN.’ Category

Claude BASTIEN. « Des caractéristiques individuelles aux stratégies : les théories interprétatives ».

« Des caractéristiques individuelles aux stratégies : les théories interprétatives ».

« Trois grands courants théoriques ont tenté, nous semble-t-il, de rendre compte des variations de performance dans la réalisation de tâches équivalentes. Le premier se situe dans le cadre de la psychologie différentielle et fait appel au concept de « style cognitif » Le second est le courant piagétien et le troisième celui de la théorie du traitement de l’information. Par ailleurs, ce sera l’objet du chapitre suivant, certains auteurs ont tenté de rapprocher, sinon d’articuler entre elles, ces deux dernières approches d’une façon qui nous paraît tout à fait intéressante.

1/ LES STYLES COGNITIFS

On peut imaginer comme l’a fait Battig (1979) que les différences intra-individuelles tiennent en fait à des différences inter-individuelles. Ainsi certaines situations seraient plus facilement traitées que d’autres, apparemment équivalentes, par certains types de sujets en fonction de leurs caractéristiques cognitives. Les théories considérant ces caractéristiques comme des traits de personnalité stables ont développé le concept de « style cognitif ».

1.1.Impulsifs et réflexifs.

Kagan divise les enfants en deux catégories : les impulsifs et les réflexifs. Les premiers ont un temps de réponse rapide et  commettent des erreurs, les seconds ont un temps de réponse long et commettent peu d’erreurs. Il s’ensuit que « l’enfant réflexif considère la validité différentielle des réponses possibles, fait moins d’erreurs en lisant de la prose ou dans le rappel d’un matériel appris séquentiellement et persiste plus longtemps dans les tâches difficiles. L’enfant réflexif désire éviter de commettre une erreur et inhibe les hypothèses potentiellement incorrectes (sic). L’enfant impulsif paraît très peu concerné par les fautes et produit sa décision rapidement (Kagan, Pearson, Welch, 1966).

La mise en évidence de ce style cognitif repose sur la présence de corrélations statistiquement significatives entre les performances des enfants à l’épreuve de base qui constitue le Matching Familiar Figures Test (MFF) mis au point par Kagan et diverses épreuves autres. Le MFF comporte 12 items, chaque item est composé d’un dessin-étalon représentant un objet familier (arbre, ourson en peluche sur un chaise, etc.) et 6 dessins-tests dont un seul est rigoureusement semblable au dessin-étalon et que le sujet doit donc repérer. Outre la correction de la réponse, on enregistre le temps de réponse mais aussi la durée des fixations oculaires et la durée des temps entre fixations.

Dans une recherche, caractéristique de la démarche (Kagan et la., ibid) les enfants sont soumis, outre le MFF, à 7 autres épreuves :

  1. Identification tactile d’objets.
  2. Histoires à compléter. Il s’agit de trois dessins « racontant une histoire », le sujet devant déterminer parmi quatre autres dessins celui qui complète l’histoire.
  3. Le subtest vocabulaire de WISC.
  4. Une épreuve de complètement de séries.
  5. Une épreuve de divination d’objets. L’enfant doit répondre à des questions du type : « Qu’est-ce qui est rond, petit et qu’on trouve sur une chemise ? » ou « Qu’est-ce qui est orange, chaud et qui fait de la fumée ? ».
  6. Le subtest information du WISC.
  7. Une épreuve d’auto-évalution des performances, le sujet devant situer globalement sa performance aux six épreuves précédentes sur une échelle en dix points.

Pour chaque épreuve une ou  plusieurs variables sont recueillies. En ajoutant le niveau culturel du père d’une part et celui de la mère d’autre part, ce sont au total vingt-quatre variables qui sont recueillies. Les auteurs ayant distingué les résultats des soixante-seize sujets-filles de ceux des soixante-dix-neuf sujets-garçons, ils présentent un tableau comportant cinq cent cinquante-deux corrélations. Leurs analyses en commentent certaines et en négligent d’autres (par exemple les corrélations importantes avec les niveaux culturels des parents).

Les résultats principaux dont il est fait état sont que les filles paraissent d’une façon générale plus homogènes que les garçons. Par ailleurs, les meilleures corrélations sont observées entre le MFF et l’exportation tactile d’objets, ainsi qu’entre les temps de réponse au MFF et les temps de réponse aux épreuves d’histoires à compléter, de complètement de séries et de divinations d’objets corrèlent positivement avec ceux du MFF. On enregistre une corrélation négative ou une absence de corrélation significative entre le MFF et les épreuves verbales.

Les auteurs remarquent cependant qu’on trouve des enfants qui répondent vite et bien et aussi des enfants qui répondent lentement et mal. On décide alors d’appeler « réflexifs » les sujets qui répondent lentement et bien et « impulsifs » les sujets qui répondent vite et mal (vite et lentement, bien et mal étant déterminés par rapport à la médiane). On obtient ainsi cinquante et un enfants « impulsifs » et cinquante-six enfants « réflexifs », et on abandonne 31% des sujets. Avec la population restante, on peut montrer que les enfants « réflexifs » font moins d’erreurs que les « impulsifs » dans les trois épreuves de raisonnement inductif. On trouve aussi une « mince (slight) corrélation positive (corrélations autour de .25 et .30) entre une attitude réflexive et le niveau culturel de chaque parent » (Kagan et al., ibid., p. 591).

Les auteurs pensent que leurs résultats comportent une implication pour les enseignants. Certains d’entre eux, en effet, interprètent une inférence incorrecte comme l’indication d’une connaissance insuffisante et n’apprécient pas habituellement le rôle d’une attitude impulsive dans la détermination de la qualité d’un processus inférentiel. Il serait profitable de considérer l’entraînement de l’enfant à la réflexion.

Ce conseil a été suivi si on en croît la revue de questions présentée sur ce thème par Readance et Bean (1978) qui ne citent pas moins de dix-neuf recherches qui ont pour but de modifier le style cognitif des enfants impulsifs de différentes façons (renforcements, « modeling », instructions préalables, situations différenciées) avec des succès divers et de façon plus ou moins durable.

1.2.Dépendants et indépendants du champ.

La dimension dépendance-indépendance à l’égard du champ perceptif telle qu’elle a été théorisée par Witkin dans les années 60 également à donné lieu à des travaux très nombreux et paraît jouir, dans la psychologie européenne du moins, d’une plus grande erreur faveur que la dimension impulsivité-réflexivité. On connaît l’importance revue de questions publiée sur ce thème par Huteau (1975).

A l’origine de la théorisation de ce style cognitif, on trouve les travaux réalisés par Witkin sur la perception dans une perspective théorique qui était alors celle de la Gestalt Theorie. Plus particulièrement Witkin avait été frappé par l’importance des variations inter-individuelles dans deux situations qui, standardisées, sont devenues les épreuves de base dans les études de la dépendance à l’égard du champ. La première, Road Frame Test (RFT) consiste à demander à un sujet, placé dans l’obscurité et dans une position inclinée, d’ajuster à la verticale une baguette lumineuse placée dans un cadre également lumineux et lui-même incliné. La seconde, Emebedded Figure Test (EFT) consiste à demander au sujet de repérer un élément simple dans une figure complexe.

Huteau (ibid.) présente une série importante de travaux qui ont mis en corrélation les performances au RFT et à  l’EFT avec des données recueillies dans des domaines extrêmement variés. On trouve des corrélations avec des données physiologiques (par exemple « les sujets lésés cérébraux sont en général très dépendants du champ » (ibid., p. 216). En ce qui concerne les fonctions cognitives, on enregistre des corrélations entre style cognitif et résistance aux illusions opto-géométriques, entre style cognitif et apprentissage, entre style cognitif et résolution de problèmes. Et ce qui concerne ce dernier point, l’auteur note cependant que « c’est dans ce domaine que les discussions sur l’interprétation de la dimension sont les plus vives » (ibid., p. 218). Encore faut-il remarquer que sous cet intitulé sont présentés des travaux qui pour la plupart ont consisté à mettre en corrélation la dépendance du champ avec des épreuves psychotechniques (WISC, épreuves factorielles).

La majorité des études concerne les liaisons entre style cognitif, toujours défini par référence aux performances à l’EFT et au RFT, et d’une part les traits des personnalités (réponses au Rorschach, au TAT, au questionnaire de Catell, étude des mécanismes de défense), d’autre part les comportements sociaux. On le voit, le concept est fécond.

Le recours à la dépendance-indépendance à l’égard du champ pour expliquer les variations de performances dans des tâches équivalentes est illustré par une recherche plus récente (Huteau et Rajchenbach, 1978). Les auteurs se proposent de rendre compte de l’hétérogénéité des résultats obtenus à des épreuves de développement opératoire réputées de même niveau. Ils partent de l’hypothèse que les sujets dépendants du champ sont plus sensibles aux aspects figuratifs des tâches proposées.

Dans une première expérience, soixante garçons âgés de 13 à 14 ans sont soumis à une épreuve collective proche de l’EFT. Cette procédure permet de sélectionner quinze sujets « plutôt dépendants du champ » et quatorze sujets « plutôt indépendants du champ », soit 48% de la population initiale. On propose à ces vingt-neuf enfants, individuellement cette fois, l’EFT, le RFT et trois épreuves extraites de l’Echelle de la Pensée Logique de Longeot (conservation des volumes, quantification des probabilités et permutation). Les résultats (scores moyens à l’EFT et au RFT et aux indices combinés, par niveau opératoire) montrent que « l’indépendance à l’égard du champ est nettement associée à la performance dans la conservation du volume tandis qu’elle ne l’est pas pour les permutations ; modérément associée à l’indépendance à l’égard du champ, la quantification des probabilités occupe une place intermédiaire entre la conservation du volume et les permutations » (ibid., p. 187). Ainsi « le style cognitif apparaît donc bien comme un facteur susceptible de rendre compte de l’hétérogénéité intra-individuelle observée dans le développement (ibid., p. 189).

Ces données sont confirmées avec des enfants plus jeunes. Vingt-trois fillettes âgées en moyenne de 6 ; 8 ans ont été soumises à deux séries d’épreuves. D’une part leur dépendance à l’égard du champ a été mesurée par une version pour enfants de l’EFT (Children Embedded Figure Test ou CEFT) et par le dessin du Bonhomme de Goodenough déjà proposé par Witkin comme un bon indicateur de la dimension étudiée. D’autre part les enfants ont été soumises à deux épreuves de développement opératoire : conservation de la quantité de liquide et sériation des bâtonnets dans la forme par Inhelder et al. (1974). Les résultats (analysés comme précédemment) montrent que la dépendance à l’égard du champ est associée à la performance pour la conservation des liquides et qu’elle ne l’est pas aux performances pour la sériation.

Les auteurs concluent de leurs deux expériences que « lorsque le problème retenu pour évaluer le niveau de développement exige une reconstruction de données figuratives particulièrement prégnantes, les performances des sujets indépendants du champ sont inférieures à celles des sujets dépendants du champ ; lorsque le problème n’exige pas une telle maîtrise du contexte figuratif, la différence entre les performances des sujets dépendants du champ et indépendants du champ est moindre ou nulle » (ibid., p. 193).

Il nous paraît très vraisemblable que les caractéristiques de la situation, en particulier le fait que le matériel se prête ou non à une évaluation perceptive, puissent jouer un rôle important dans la résolution des problèmes présentés aux sujets. Mais nous éprouvons davantage de difficulté à admettre que cet effet relève de caractéristiques stables qui différencient les sujets, en d’autres termes à nous rallier à la perspective qui est celle de styles cognitifs.

1.3.Un manichéisme douteux.

Les théories des styles cognitifs ont connu, et connaissent, un succès certain et de nombreux travaux s’en sont inspirés (Nelson et Chavis, 1979 ; O’Connor e Blowers, 1980 ; Rollins et Genser, 1977 ; Coward et Lange, 1979 ; pour ne donner que quelques exemples dans des champs variés). La séduction exercée par les propositions de Kagan ou de Witkin s’explique au moins par deux raisons.

La première est l’attrait que présente toute dichotomisation et d’une façon générale tout système binaire. Cet attrait est renforcé ici par le fait que la dimension utilisée est de surcroît valuée et que, plus qu’une simple dichotomie, les théories des styles cognitifs proposent un système manichéen permettant de distinguer les bons lest mauvais. C’est évident quand on se réfère aux définitions que donne Kagan des impulsifs et des réflexifs et quand on sait que, dans un soucis éducatif on s’est proposé de modifier les impulsifs et non les réflexifs. C’est un peu moins évident chez les auteurs qui ont adopté les perspectives de Witkin d’autant qu’ils se défendent le plus souvent d’avoir introduit quelque système de valeur que ce soit dans la dimension dépendance-indépendance à l’égard du champ. Mais ce point de vue est difficilement soutenable. On lit dans le recensement effectué par Huteau (1975) que les sujets dépendants du champ ont un moins bon schéma corporel, que les sujets atteints de lésions cérébrales sont plus dépendants du champ, que les sujets dépendants du champ présentent une moins bonne discrimination perceptive, qu’ils ont une moins bonne performance quel que soit le type d’apprentissage envisagé, qu’ils ont de moins bons mécanismes de défense, qu’une forte dépendance du champ est très fréquente chez les alcooliques, les asthmatiques, les sujets obèses, ulcéreux, les enfants énurétiques.., que les sujets dépendants du champ enfin sont beaucoup plus sensibles aux processus d’influence sociale. Il est quand même difficile d’admettre après cela qu’il n’y a pas là matière à jugement de valeur.

Distinguer les bons des mauvais est d’autant plus intéressant qu’on peut le faire de façon économique. Telle est nous semble-t-il la seconde raison de l’attrait exercé par les théories des styles cognitifs. En ce qui concerne la dimension impulsivité-réflexivité le test de Kagan (MFF) fournit un instrument suffisant. En ce qui concerne la dépendance à l’égard du champ, les auteurs insistent sur le fait qu’il ne faut pas utiliser un seul indicateur ni n’importe quel indicateur. Mais il appert des travaux présentés que la combinaison des indices recueillis à l’EFT et au RFT dans les versions qu’en a proposé Witkin garantissent une classification sérieuse des sujets, ce qui, admettons-le, n’est pas trop coûteux eu égard aux services que cela rend.

Pour alléchantes qu’elles soient les perspectives théoriques des stylistes cognitifs nous paraissent appeler de sérieuses réserves.

En premier lieu, on l’a vu, l’ensemble repose exclusivement sur la mise en évidence de corrélations entre les épreuves de nature perceptive visuelle et n’importe quelle autre épreuve, de préférence psychométrique toutefois. Passons sur le fait que certaines corrélations significatives, qu’elle soient positive ou négatives, sont interprétées et que d’autres ne le sont pas (cf. par. 1.1, le travail de Kagan et al., 1966) ; mais on ne peut demander à un auteur d’analyser la totalité des cinq cent cinquante-deux corrélations qu’il recueille). Le problème est d’attribuer à ces liaisons une relation de cause à effet dont le mécanisme reste tout à fait mystérieux, sinon à recourir au bon sens, comme le font la plupart des auteurs cités, bon sens dont on sait à quel point il est souvent trompeur. Il nous semble donc, à tout le moins, qu’interpréter en termes cognitifs, les différences de performances entre tâches équivalentes ne fait guère avancer le problème.

Mais, il y a plus. La dimension, qu’il s’agisse de l’impulsivité ou de la dépendance du champ, est repérée par une variable continue. Or elle est pratiquement toujours traitée comme une catégorie. On a vu Kagan est ses co-auteurs abandonner en cours de route 31% de leurs sujets pour obtenir une dichotomisation de sa population. En si Huteau parle parfois de « sujets plutôt dépendants (ou indépdendants) du champ », la précaution paraît oratoire. D’une part elle est parfois oubliée et d’autre part, dans les faits, la procédure est la même que celle de Kagan. Dans la recherche rapportée (Huteau et Rajchenbach, 1978) les auteurs abandonnent 52% de leur population initiale pour pouvoir obtenir un groupe de « dependants » et un groupe « d’indépendants ». Nous en contestons pas la valeur de la démarche qui pour mettre en évidence un éventuel effet d’un facteur différenciateur utilise des valeurs extrêmes. Mais on doit la récuser s’il s’agit, comme le veulent les auteurs, de proposer une interprétation générale, d’un phénomène comme celui des décalages de performances entre tâches équivalentes où toute partition qui exclut une partie de la population devient alors méthodologiquement inacceptable. Cette transformation du continu en discret nous paraît relever de cette fascination, déjà signalée qu’exerce la dichotomisation. Cette fascination peut s’exercer sur des propositions théoriques qui n’ont pas été initialement conçues pour aboutir à une telle partition. Ainsi quand Reuchlin (1973) a proposé de distinguer, dans la résolution des tâches, des processus de réalisation et des processus de formalisation, il s’agissait de processus éventuellement disponibles et non de caractéristiques des sujets. Or on a pu entendre parler, au cours de récents colloques, de sujets « réalisateurs » opposés à des sujets « formalisateurs », ceux-ci étant, bien entendu, « meilleurs » que ceux-là. On peut voir moindre là un nouveau style cognitif..

Un dernier motif à la réticence qu’on peut éprouver à l’égard des propositions théoriques dites des styles cognitifs est constitué par les résultats obtenus et dont la fragilité est parfois soulignée par leurs auteurs.

Ainsi Greer t Blank (1977) montrent que si on peut modifier, par un entraînement approprié, le temps de réponse des sujets dans la résolution d’un problème, on ne modifie pas pour autant la stratégie qu’ils utilisent pour le résoudre.

Un important travail de Benoît (1979) mené avec rigueur aboutit à la conclusion que du point de vue de la dépendance-indépendance du champ la variabilité intra-individuelle, en fonction du type de situation est plus importante que la variabilité inter-individuelle.

Enfin Battig (1979) a tenté d’expliquer les variations de performance entre tâches équivalentes par une caractéristique individuelle qui serait la « flexibilité-non flexibilité » du sujet évaluée par les changements des stratégies développées dans différents items à mémoriser. Il conclut « Bien que…la flexibilité cognitive dans ses relations avec la mémoire et la résolution de problème apparaît plus en accord avec la flexibilité cognitive conçue comme une aptitude plus que comme une variable de personnalité, je préfèrerais laisser la question ouverte et suis assez enclin à considérer la flexibilité cognitive comme une importante dimension de la personnalité » (Battig, ibid., p. 556). Rien n’interdit d’avoir la foi mais rien ne contraint à adhérer à la foi d’un autre. »

(…)

(In : Claude  BASTIEN. « Schèmes et stratégies dans l’activité cognitive de l’enfant ». Editions Presses universitaires de France. Psychologies d’aujourd’hui. Paris, mars 1987, 1° édition, pages : 32 – 40).

Catégories :Claude BASTIEN.