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Albert EINSTEIN sur la vérité.

Commentaires :
Sauf en mathématiques ou en logique, aucune vérité (certaine) n’a jamais été, n’est, ni ne sera jamais accessible à l’être humain, fut-il un scientifique ou non. (Rappelons qu’Einstein disait aussi : « si la mathématique est certaine, elle ne s’applique pas à la réalité, et si elle n’est pas certaine, alors, elle s’applique à la réalité »).

Il n’existe strictement aucun moyen de « vérifier » (avec certitude) une théorie générale (ou universelle), et ce, quel que soit son domaine d’application dans l’immense champ des sciences de la Nature, et pour des raisons qui relèvent  d’une logique démontrée par Karl Popper avec des arguments indiscutables, nous pouvons par contre être absolument certains que personne ne réussira jamais à « prouver » de manière certaine la vérité d’aucune théorie générale dans aucun domaine des sciences de la nature.
Par ailleurs, Karl Popper a aussi démontré qu’il n’existe aucun prétendu « critère de vérité » qui puisse être valide ou même utile à l’activité scientifique (voir par exemple dans « La connaissance objective » de ce même auteur). Ni la probabilité mathématique, ni la cohérence d’une théorie, ni les résultats d’une corroboration ou d’une réfutation ne peuvent constituer des « critères de vérités » qui soient suffisamment assurés pour accéder à l’impossible : la vérité certaine.
La méthode scientifique, dans tous les domaines scientifiques, ne peut donc avoir pour but de se fonder sur de soi-disants « critères de vérité », mais doit et peut justifier à l’aide de la logique et de l’épistémologie, des « épreuves de vérité » que doit subir tout énoncé qui prétend posséder des pouvoirs de description, d’explication, et de prédiction universels.

Ils nous est donc à jamais impossible de savoir si une théorie universelle est « vraie » (au sens de la vérité certaine), mais nous pouvons savoir, dans la mesure d’un niveau de précision et de richesse de contenu des tests que l’on peut lui faire subir (pour tenter de montrer qu’elle est fausse) jusqu’à quel point (relativement précis) une théorie universelle est fausse.

Toutefois, ainsi que l’avait pourtant bien expliqué et démontré Karl Popper, nous ne sommes pas davantage assurés de la fausseté absolue ou « certaine » d’aucune théorie universelle, étant donné que toutes les conditions initiales des tests sont formulées en énoncés singuliers, et ne peuvent absolument pas manquer de contenir des termes universels, lesquels, à leur tour, dépendent de théories universelles toujours logiquement incertaines…; et ensuite, parce que toute tentative de définir a priori ou même a posteriori un niveau de précision des mesures des conditions initiales des tests qui serait « absolu », sombre indiscutablement dans la régression à l’infini.

Mais il reste l’assymétrie entre « vérification » et réfutation : une théorie universelle ne peut jamais être vérifiée par un nombre aussi important que l’on veut d’énoncés singuliers déduits de sa base empirique, mais par contre elle peut être admise comme réfutée par un seul énoncé singulier contradictoire, issu de l’autre partie de sa base empirique.

Voilà qui est très avantageux et très pratique pour l’activité scientifique, d’autant plus que seuls ces « énoncés a priori interdits » par une théorie universelle, lorsqu’ils sont confirmés par un test (et ainsi, donnent lieu à la réfutation de la théorie universelle) permettent d’appréhender le « contenu empirique » d’une théorie universelle, c’est-à-dire, (par ce qu’elle interdit), ses réels pouvoirs de description, d’explication et de prédiction. (Ni la probabilité mathématique, ni la cohérence d’une théorie universelle n’offrent de tels avantages).

En conclusion, il faut défendre une « unité de la méthode scientifique », quels que soient les champs de recherche. Qu’il s’agisse par exemple, des sciences de la nature, ou des « sciences » (…) humaines. Certes, il peut exister quelques différences, mais sur le fond, la méthode scientifique, est la même, et ne peut pas ne pas être la même… quels que soient les domaines de recherche où l’on prétend « faire science » et accéder à l’objectivité dans la description et l’explication des phénomènes étudiés.