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Archive for the ‘Déterminisme psychique absolu.’ Category

Méphisto Phélès, Freud, et le démon de Laplace.

(Cette photo, qui devrait me valoir, sans aucun doute (…), la même notoriété qu’Henri Cartier Bresson (au moins), a été réalisée grâce au « déterminisme » presque parfait d’un Canon 5D MkII, son capteur plein format, et ses 20 mega pixels. Pas mal, hein ?!).
Freud interprétait les nombres et les mots isolés, en soulignant à gros traits que c’étaient les « meilleurs exemples » du déterminisme psychique inconscient et absolu. Il écrivit, noir sur blanc, dans le chapitre 12 de « Psychopathologie de la vie quotidienne », intitulé, je cite « Déterminisme, croyance au hasard et superstition » que, je cite encore, « Nous ne serons donc pas étonnés de constater que l’examen analytique révèle comme étant parfaitement déterminés, non seulement les nombres, mais n’importe quel mot énoncé dans les mêmes conditions » (PUF, page 269). Il écrit aussi, page 275 – 276, je cite : « Ce qui me distingue d’un homme superstitieux, c’est donc ceci : Je ne crois pas qu’un événement, à la production duquel ma vie psychique n’a pas pris part, soit capable de m’apprendre des choses cachées concernant l’état à venir de la réalité ; mais je crois qu’une manifestation non-intentionnelle de ma propre activité psychique me révèle quelque chose de caché qui, à son tour, n’appartient qu’à ma vie psychique ; je crois au hasard extérieur (réel), mais je ne crois pas au hasard intérieur (psychique). C’est le contraire du superstitieux : il ne sait rien de la motivation de ses actes accidentels en actes manqués, il croit par conséquent au hasard psychique. »

Si de telles fariboles sont valides, alors il est permis que Méphisto Phélès demande certaines choses à Freud, outre tombe :

Sigmund, lève-toi, et réponds-moi ! :

« Si tous les nombres sont parfaitement déterminés comme tu l’affirmes, en excluant tout le hasard possible, ainsi que tout le non-sens, je te demande, pour moi, Méphisto, d’interpréter d’abord ce nombre, que j’ai diaboliquement composé à ton intention : 68945064141644545454546546855568953214589785463258958485960009878767877677787665555555533332511455215555556467814317154154165. Est-ce « moi », ou « l’autre », Sigmund ? En tout cas, j’espère pour toi, que ce n’est pas mon frère, sinon tu auras à faire à « moi ».

(Et encore… je n’ai pas été vache avec toi, Sigmund, c’est un nombre sans virgule, et en plus je ne te demande même pas de me dire si c’est un nombre premier lui aussi imaginé dans mon « chaos inconscient » lequel serait « réglé » par mon « invariant unaire » : « le refoulé ». Mais, si le coeur t’en dis, tu peux toujours soumettre cette question à ton acolyte qui bouffe aussi les pissenlits par la racine, à l’heure qui l’est : Jacquot Lacangourou).

« Si tu prétends un déterminisme aussi strict sur les nombres, tes meilleurs exemples (tu aurais dû essayer les mouches…), et si tu connais mon inconscient, alors, prédit avec l’exactitude la plus absolue, le prochain nombre que je vais librement formuler, et en prédisant la place de chaque membre qui le compose, sans te tromper d’un seul. Sinon, je te fais empaler sur un tournebroche, et griller jusqu’à la fin des temps. Ainsi, tu auras une idée moins métaphysique du déterminisme et de ton libre-arbitre. »

« Enfin, Sigmund, mon ami, si tel est bien ton déterminisme, si tu es vraiment plus fort que mon enfant, le Démon de Laplace, que j’adore par-dessus tout, alors prédit aussi, sans te tromper sur la place d’une seule et unique lettre, le prochain mot absurde et aussi long que je voudrais que je te soumettrai. Sinon, du fond de ta tombe, j’enverrais l’âme de Lacan venir te tourmenter sans fin à chercher ce qui, en toi, ne fut pas résolu… »


Méphisto Phélès.

Avant de vous présenter ce dialogue entre le Diable et une internaute nommée Kasia, voilà une citation de Renée Bouveresse, tirée de son Que sais-je ? intitulé « les critiques de la psychanalyse » (c’est le N° 2620). En lisant les propos de Renée Bouveresse on a envie de penser que pour ce qui est du Diable, elle aurait pu être, contre Kasia, son avocat…

« (…) L’autre postulat pratique que la psychanalyse a beaucoup contribué à diffuser est celui selon lequel on ne peut résoudre les difficultés de l’existence si l’on n’a pas commencé par faire l’effort de se découvrir et de se comprendre soi-même. C’est là un préjugé qui tend à faire oublier cette évidence que dans la majorité des cas la solution de nos problèmes passe par une transformation réelle des situations dans lesquelles nous sommes placés, et que cette transformation ne peut s’obtenir que par l’action. L’auto-analyse, utile dans certains cas particuliers, peut être dans d’autres cas superflue ou même démobilisatrice, quand elle ne devient pas dans certaines circonstances source de difficultés psychologiques spécifiques : il y a des hommes qui souffrent de trop se regarder, et qui cherchent en vain évidemment, à échapper à cette souffrance par un surcroît de conscience. Le rêve d’une connaissance de soi garantissant le succès dans l’existence semble bien être un rêve idéaliste et naïf, inspiré par le désir d’éviter certains risques vitaux qu’il paraît pourtant nécessaire à tout homme d’assumer. » (Page 86).

Diabolique, Madame Bouveresse ! Et merci pour votre clarté de vue ! Autorisons-nous un très bref commentaire : si, d’une part, c’est par l’introspection de son propre inconscient psychique, guidée par un sherpa freudien, que l’on dénouerait les liens inconscients et refoulés qui nous empêchent de vivre (comme aiment à l’ânonner les analystes et ceux pour qui ça a marché), et si, d’autre part, il est tout à fait rationnel de critiquer la psychanalyse dans ce rêve idéaliste et naïf d’une connaissance si profonde de soi-même, on peut aussi demander aux analystes de comprendre ce qui les poussent à croire à un tel rêve idéaliste et naïf lequel est justement au fondement de leur théorie ! Ainsi l’argument de l’inconscient se retourne exactement contre lui-même : l’inconscient tel que l’a conçu Freud dévore la psychanalyse avant même qu’elle n’ait pu naître ! Est-ce possible ? Bien sûr que non, nous voulons dire, en jouant, certes, sur une ambiguïté, qu’il n’est pas possible pour une théorie d’être réfutée sans d’abord avoir pu vraiment proposer un contenu qui puisse l’être. Il n’est donc pas possible que la psychanalyse ait pu seulement exister avec cette théorie de l’inconscient, c’est-à-dire, en étant réellement capable d’être dotée de pouvoirs descriptifs, explicatifs et prédictifs qui soient testables, donc réels. Ce qui se passe donc, comme nous l’avons si souvent martelé sur ce blog, c’est que la psychanalyse est un projet qui échoue, par nature, avant même d’avoir pu commencer.

Laissons maintenant la parole à Merleau-Ponty (cité par Renée Bouveresse dans son indispensable ouvrage), afin de mieux comprendre le piège de la méthode qui consisterait à prétendument pouvoir faire le vide en soi pour mieux préparer un travail introspectif dans l’inconscient psychique, qui soit épuré de toute suggestion, et surtout de toute co-fabrication entre l’analysé et l’analyste :

« C’est des deux côtés la même illusion rétrospective, on introduit en moi à titre d’objet explicite tout ce que je pourrai dans la suite apprendre de moi-même ».(In : Phénoménologie de la perception, p.436).

Merleau-Ponty semblait donc, lui aussi, nous dire ceci : lorsque l’on cherche en soi des refoulés freudiens, on ne risque pas de ne pas trouver ce que l’on cherche. Si je veux chercher en moi des conflits jungiens, je suis sûr d’en trouver. Tous les faits que j’observe en moi, et qui ne sont lus qu’à la lumière de la théorie qui me permet justement de les relever, ne pouvaient donc m’être étrangers dès le départ. Si donc les freudiens peuvent toujours trouver ce qu’ils cherchent dans les pensées de tout individu et qui soit conforme à leur théorie, c’est donc que leur théorie n’a aucune valeur prospective (donc aussi prédictive, descriptive et explicative), elle n’est qu’une illusion.


Méphisto Phélès et Kasia au sujet du « vide »…

Réponse à Kasia, au sujet de votre prétendue capacité à « faire le vide » pour mieux « ressentir », et, in fine, comprendre ce qu’est l’analyse.


Oh, Kasia, du fin fond des enfers je te parle, je t’appelle, et j’exhorte ta clémence. Daigne m’écouter un instant. N’aie pas peur, approche, et discutons un moment.

Tu as parlé du « vide ». Instinctivement, j’ai compris le « Néant » (que j’adore, moi, le Prince des Ténèbres). Mais laissons cela de côté et revenons à cette « matière » bien plus terrestre qu’est ce « vide » dont tu parles, oh, Kasiaaa…

Ainsi, vous, les humains, vous seriez capables de faire le « vide » en vous-mêmes, pour justement mieux ressentir ce que vous avez…en vous-mêmes. Mais n’allez pas plus loin, ce que vous avez de plus sûr, en vous-mêmes, je le dis en passant, c’est Moi, votre Maître, et non mon frère et sa pitoyable inspiration.

Mais supposons que je vous laisse en paix, derechef, et que cette fois, vous soyez seuls, et pour de bon, avec « vous-mêmes » et ce vide qui y règnerait.

Si donc vous êtes enfin parvenu (et par le biais de ma très haute bienveillance), à faire « le vide » en votre âme, c’est donc qu’il n’y reste strictement plus rien, oh, Kasiaaa..Vous touchez enfin au « Néant », et, sans que vous le sachiez vraiment, aux Ténèbres aussi. Vous voyez, tout nous rapproche toujours. Ah, Kasia, je vous comprends, « pourquoi la chose, plutôt que rien ». Tiens, tiens, de Freud à Heidegger, n’y aurait-il qu’un pas, ma chère Kasia ? Curieux non ?…

C’est aussi pour cela que je suis le Maître. Car, comme Freud, mon royaume est irréfutable. Car dès que l’on croît utiliser un moyen autonome pour m’éviter, on finit toujours par me retrouver sur son chemin. Si Freud ou ses modestes et serviles gnomes vous demandent de « faire le vide », afin de mieux « ressentir », c’est parce qu’il croît, qu’ainsi « vidés », vous serez le réceptacle idéal pour ses fantasmes et ses délires. Et, Diable, il a raison !

Croyez-vous ?… Hélas, même Freud ne peut rien contre moi, Méphisto Phélès, Prince des Ténèbres.

Si donc vous réussissiez vraiment à faire ce vide qui vous importe tant, je vous le redis, il n’y aurait donc plus rien en vous. Ni émotions, ni souvenirs, ni mots, ni chants, ni pleurs, ni crainte, ni désir, ni attentes, ni théories, ni opinions, plus rien, oh Kasiaaa…Le Nihilisme individuel le plus totalitaire. Aaahh….j’aime ça !!

Il n’y aurait donc aussi, plus aucune conscience, et plus aucun inconscient. Plus rien. Le vide. Où donc Freud pourrait-il alors chercher cet inconscient, ce refoulé, oui, cet « autre » qui ne serait pas moi, et qui, de ce fait, m’insulte, chère Kasia…

Partant de cette situation pour le moins scabreuse, comment feriez-vous donc pour faire émerger du « ressenti », à partir du Néant, sans que l’on vous suggère totalement, les mots, les souvenirs, les mimiques mêmes de ce « ressenti » qui ne sera pas le vôtre, et dans sa totalité ?

Et puis, pour « faire le vide », quel mode d’emploi ? Celui de Freud assurément ! Ah ! J’ai compris, Kasiaaa…Vous êtes diabolique vous aussi ! Qu’est-ce que je vous disais : on revient toujours à moi. C’est fort bien, ça, continuez, continuez…

Vous devez commencer par parler de vos parents, de vos rêves, de votre sexualité ? Ou bien devez-vous dire « tout ce qui vous passe par la tête » ? Autrement dit, faire des « associations libres » ? Mais comment les formuler si, au préalable, vous vous êtes « vidés » de tous vos mots et de votre mémoire, donc de toute possibilité d’expression, vous trouvant ainsi rabaissée au stade de l’amibe, et encore… ?

Vous voyez, Kasia, « faire le vide » est logiquement impossible.

S’il ne vous reste en vos pensées que celles vous indiquant comment vous devez faire le vide, alors, de toute évidence, votre pensée n’est pas vide à cet instant. Votre pensée…se guide par un préjugé méthodologique.


Comme c’est vous-même qui guidez votre propre pensée à se vider, c’est encore vous qui choisirez dans le moindre détail, tout le ressenti que vous créerez pour la circonstance. Mais comment choisirez-vous à partir de rien, Kasia, faut-il le répéter ? Il vous faudra un préjugé, une hypothèse, n’importe quoi d’autre si vous voulez, pour vous aidez dans votre choix. Il n’y a donc pas de « vide » qui pourra servir de base de recherche à votre ressenti, chère amie. Votre mémoire vous sera nécessaire, sauf si vous êtes subitement devenue une grenouille de laboratoire que l’on vient de décérébrer d’un coup d’aiguille, ou bien encore une de ces momies vivantes que l’on peut voir déambuler dans les salles obscures de certaines sectes. Justement, puisqu’on en parle, la psychanalyste Maria Pierrakos, les décrit bien ces gens qui ont été victimes de la psychanalyse lacanienne et qui, je cite, « se sont complètement exilés d’eux-mêmes ». Et cette mémoire dont je parlais, et qu’il vous faut pour vos futures pérégrinations psychiques, rend-elle pour autant « nécessaire » la théorie de l’inconscient telle que Freud la voyait ? Assurément non. Car cet inconscient-là, qui serait régit par un démon encore plus démoniaque que celui de Laplace, n’est qu’une lubie, le plus grand délire conceptuel de toute la psychanalyse.

Si c’est un guide freudien qui doit vous accompagner dans votre voyage intérieur, il ne vous montrera que ce que son « savoir » lui indique. Si c’est un guide jungien, vous verrez des objets jungiens dans votre mémoire, et ainsi de suite. Car aucun de ces « guides du voyage intérieur » ne peut travailler sur des éléments de preuve indépendante. Et le guide freudien reste le pire entre tous, je le connais bien. Parce que c’est le seul qui prétend ne jamais se tromper en excluant par avance tout le « hasard intérieur » (Freud) et le non-sens. 

Avec un tel guide qui prétend justement retrouver exactement la route de votre inconscient vous ne pourrez que vous perdre dans un dédale infini de mots, de symboles, un « univers éclaté » ou toutes les choses peuvent s’annuler les unes par rapport aux autres suivant le bon vouloir de votre guide ou plutôt son aptitude à vous suggérer. Il faut donc que je cite encore Maria Pierrakos, une sacrée diablesse : « On peut dire en effet qu’il s’agit de libérer le sujet des liens qui l’empêchent de vivre. Mais le résultat de certaines analyses n’est-il pas, au bout de bien des années, de voir ces liens remplacés par une toile d’araignée de mots qui peu à peu perdent leur sens premier pour en avoir un double, un triple, une multitude ; et le sujet qui était dans un monde cohérent de souffrance se trouve dans un univers éclaté où le tout et le rien s’équivalent, pour ne pas dire le tout et le n’importe quoi. On est obligé alors d’accepter la définition de la psychanalyse par Houellebecq : « la psychanalyse est ce qui transforme une connasse en pétasse ! » Je reprocherai à cette définition d’être trop restrictive : pourquoi les femmes seulement ? L’effet sur certains hommes a été encore plus ravageur. Ecoutons François Perrier parler de ce qu’il appelle les suicides libidinaux : « on a vu errer dans les milieux analytiques, des gens complètement dévastés, acculés à se refabriquer un narcissisme d’emprunt ficelé avec des concepts lacaniens; à se faire une vie libidinale d’emprunt, de type pervers, dans la recherche de l’excitation ou du donjuanisme, et qui se sont complètement exilés d’eux-mêmes ».

L’introspection analytique, n’est donc qu’une invitation au voyage vers la folie. Un voyage hélas sans retour pour certains…

Votre sherpa freudien ne vous mènera, quand il le souhaitera, qu’à trouver des confirmations de ce que vous cherchez…à deux, puisque vous acceptez ses itinéraires dès le départ, dans votre pensée en essayant de l’ignorer. Mais là, vous ne jouez qu’à un jeu que Freud vous demande implicitement (ou souvent fort explicitement) de jouer « à deux » avec vous : celui de l’inconscient, et pourquoi pas aussi, celui de la folie, comme l’écrit si bien un certain Borch-Jacobsen (cf. « Folie à plusieurs »).

On ne peut s’introspecter à partir d’un prétendu « vide ». Il faut un préjugé. Ce préjugé vous indique avant même d’avoir commencé ce que vous devez trouver. Et comme c’est vous-même qui cherchez…en vous, vous ne pouvez éviter de trouver toujours ce que vous cherchez. On est proche du 7° cercle ?…

C’est Kant qui avait bien montré que l’introspection ne mène qu’à la folie. Cette folie, Freud l’a vécue lui-même avec son auto-analyse, dont il admit l’échec complet et qui pourtant est bien connue comme étant la matrice originelle de toute l’entreprise freudienne. Mais cette matrice est, elle aussi, autant viciée que celui qui la porte, selon les termes du psychanalyste Gérard Haddad qui nous raconte un Lacan préoccupé à remettre la psychanalyse sur ses pieds, c’est-à-dire à liquider post mortem, un « morceau de névrose » que Freud n’aurait pas liquidé dans son auto-analyse, laquelle ne serait donc plus pure et immaculée comme le veut la sacro-sainte légende. Faut-il y voir là mon œuvre ? Et pourquoi pas !

Donc Kasia, moi, Méphisto Phélès, je sonne le glas de votre argument.

On ne peut « faire le vide », surtout s’il s’agit de « ressentir ». Car si l’on y parvient, on élimine aussi le matériau à partir duquel pourrait émerger le « ressenti ». Bien sûr vous pouvez piquer quelqu’un pendant son sommeil profond (là où il peut vraiment « faire le vide »), et le faire sursauter. Mais ce n’est pas de cela que nous parlions, bien entendu. Nous parlions de la possibilité de « faire le vide », en étant au départ, totalement conscient.

L’esprit humain, n’est pas un seau vide qui se remplit passivement, contrairement à ce que vous croyez, Kasia. Vous êtes constamment actifs. Et cette action nécessite une mémoire en partie inconsciente, cela, je veux bien en convenir. Seulement, cette mémoire inconsciente, ne peut, comme le croyait Freud, vous déterminer en excluant tout hasard et tout non-sens, c’est-à-dire tout risque d’erreur. Ce sont-là des idées « diaboliques » qui relèvent du Démon de Laplace. Et je m’y connais dans ce domaine. Freud, pauvre créature humaine qu’il fut, n’a pu avoir été aussi fort que moi, Méphisto Phélès. Moi seul maîtrise le hasard, le passé, le présent et l’avenir dans lequel je peux lire !…Seul le Prince des ténèbres que je suis, peut prédire et décider du sens de l’Histoire.

Si vous avez un « autre » qui est en vous et qui agit selon ses propres règles (et puis, même en me retournant de façon inopinée, je ne vois personne derrière moi…), et à votre insu, cet « autre », ne peut donc être démoniaque (laplacien, ou ultra-déterministe si vous voulez). Il n’y a que moi, qui puisse l’être, dois-je vous le rappeler ?


Aucun homme n’a en lui une intelligence diabolique qui dépasserait sa propre personne, fut-elle « inconsciente ». Nous ne pouvons avoir en nous ce « super-ordonnateur » de nous-même, car, comme le disait ce sale suppôt de la Vérité que fut Karl Popper, aucun prédicteur, ne peut s’auto-prédire lui-même avec n’importe quel degré de précision, comme le voudrait cette sotte croyance en votre déterminisme psychique inconscient et prima faciae absolu, ma chère Kasiaaa…

Diaboliquement vôtre…

Méphisto Phélès.

Il manque un bon morceau de heavy metal :