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Archive for the ‘égoïsme’ Category

Une brève.

Le droit est fait pour vaincre l’égoïsme et la violence. Dans la philosophie du droit libérale et utilitariste, rappelons qu’une loi est bonne ou jugée bonne, si elle est utile à la collectivité.
Il ne peut y avoir de « droit égoïste » dans le sens où il serait possible que chacun ait ses propres lois, et ne suive qu’elles pour vivre avec les autres. Car cela supposerait que chacun puisse se considérer comme porteur de valeurs (faussement) objectives, lesquelles ne pourraient qu’entrer en conflit incessant avec les autres valeurs tout aussi faussement objectives d’un autre individu.

Mais, … « chacun voit midi à sa porte », disent certains. Avec cette « loi », le risque est surtout que chacun ouvre la porte des ténèbres. Selon nous, c’est le danger des pseudo-sciences, des pensées closes et obscurantistes comme par exemple la psychanalyse laquelle invite au repli narcissique sur le « soi », l’égo (…), le « Moi », et finalement à la soumission consentie mais totale à la théorie. Les victimes de la psychanalyse, après avoir ouvert la porte des ténèbres en pénétrant dans le cabinet de l’analyste, décident de revêtir leur conscience d’un linceul en débitant des mots sur le cercueil douillet qui leur est offert, et commandé par leur nocher : le psychanalyste. Ce dernier empoche le fric, jour après jour, semaine après semaine, année après année, et lui-même enivré par l’efficacité de la destruction qu’il a entreprise contre l’identité de son patient, n’a cure d’aucune morale, d’aucune violence psychologique exercée contre lui, et bien entendu, d’aucun scrupules puisqu’il est sans arrêt guidé par cet autre conseil prodigué par le père de la psychanalyse lui-même : savoir faire usage de la cruauté. Mais le sujet est ennuyeux finalement, étant donné la masse des moutons qui s’entichent si facilement de cette immonde chose qu’est la psychanalyse dans notre pays. Il vaut mieux, à la longue, regarder tout cela de biais, et passer notre chemin. Donc, continuons..

Certes, chaque individu possède deux bras, deux jambes, les mêmes organes sensoriels, etc. Voilà qui est objectif. Mais il est évident que chaque invididu ne possède pas la même perception des choses, de son environnement, et des autres, quoiqu’il puisse y avoir une multitude de points communs entre les perceptions des individus d’un même groupe.
Donc, si l’on croyait qu’une société où chacun aurait ses propres lois et n’agirait qu’en fonction d’elles fut possible, l’individu serait le seul garant des limites à fixer à ses lois, de la façon de les modifier et de les mettre en oeuvre. Comme nous l’avons proposé précédemment, étant donnés les inévitables conflits de jugement que cela occasionnerait pour la gestion autonome et individuelle des lois de chacun, par rapport à celles des autres, il est probable, et nous pensons qu’il est même certain qu’une telle société n’irait pas bien loin, voire même qu’elle ne pourrait tout simplement pas exister. La violence serait inévitable et la détruirait.
Il nous semble donc clair que la violence nait surtout de l’égoïsme, que le but ultime de l’Etat de droit ne peut être autre chose que l’éradication de la violence, et par suite, de l’égoïsme.
Le « fais ce que voudras » de Rabelais ne peut signifier, en aucun cas, la possibilité de l’égoïsme. Il suppose même, selon nous, son élimination totale. Voilà aussi sans doute ce qu’il y a d’utopique dans le rêve, (très respectable à nos yeux) de Rabelais. Il suppose que chaque individu, (comme nous l’avions déjà écrit sur une autre page), ait atteint un niveau d’éducation, de culture, et de respect de l’autre qui soit tel, que la vie en harmonie et en paix avec tout le monde, une vie pleinement heureuse, fut possible. Mais aujourd’hui, beaucoup de gens (notamment sur les routes) pensent que « faire ce que l’on veut », c’est ça être « libre », c’est ça le « bonheur ». Ils se trompent.

Nous ne sommes rien sans nos semblables, sans leurs jugements, leurs connaissances, leurs critiques, et leurs erreurs. Nous avons besoin de leurs jugements, de leurs connaissances, et de leurs critiques pour corriger nos erreurs, et nous avons besoin de connaître leurs erreurs ne serait-ce que pour éviter de refaire les mêmes, sinon nous ne serions plus qu’un vaste troupeau égaré dans l’ignorance commune, car la connaissance commune (objective) ne peut provenir que de la correction des erreurs.

En apprenant, avant toute chose, à connaître et à apprécier nos erreurs communes, et pour en juger à choisir en commun un arbitre parmi ceux disponibles qui soit le plus possible détaché de nous (comme la logique, l’épistémologie, la science),  il nous est possible de construire et de perpétuer une société vivable parce que la violence aurait de moins en moins de place, et pourquoi pas, plus aucune…

Aucun être humain n’est prédestiné à être violent, mais nous sommes tous faillibles.