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Emmanuel KANT : "Nul ne peut me contraindre à être heureux à sa manière".

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« Nul ne peut me contraindre à être heureux à sa manière ».
« (…) Ainsi l’état civil, considéré simplement comme un état juridique, se fonde sur les trois principes a priori suivants :
  1. La liberté de chaque membre de la société, en tant qu’homme.
  2. L’égalité de tout homme avec tout autre, en tant que sujet.
  3. L’autonomie de chaque membre d’une communauté en tant que citoyen.
Ces principes ne sont pas tant des lois que se donne un État déjà constitué, que les lois qui rendent possible l’institution d’un État qui se conforme aux principes de la raison dans le droit extérieur des hommes en général.
  1. La liberté en tant qu’homme dont on peut formuler le principe pour la constitution d’une communauté de la manière suivante : personne ne peut me contraindre à être heureux à sa manière (c’est-à-dire à la manière dont il conçoit le bien-être des autres hommes) ; par contre, chacun peut chercher son bonheur de la manière qui lui paraît bonne, à condition de ne pas porter préjudice à la liberté qu’a autrui de poursuivre une fin semblable (c’est-à-dire de ne pas porter préjudice au droit d’autrui), liberté qui peut coexister avec la liberté de chacun grâce à une possible loi universelle. Un gouvernement qui serait fondé sur le principe de la bienveillance envers le peuple, comme celui d’un père envers ses enfants, c’est-à-dire un gouvernement paternaliste (imperium paternalis), où le sujets sont forcés de se conduire de manière simplement passive, à la manière d’enfants mineurs, incapables de distinguer ce qui leur est vraiment utile ou nuisible et qui doivent attendre simplement du jugement du chef d’État la manière dont ils doivent être heureux et simplement de sa bonté qu’également il le veuille, est le plus grand despotisme qu’on puisse concevoir (c’est-à-dire une constitution qui supprime toute liberté pour les sujets qui ainsi ne possèdent aucun droit). Un gouvernement patriotique et non pas paternaliste (imperium non paternale sed patrioticum) est un gouvernement qu’on peut concevoir comme fait pour des hommes aptes aux droits et en même temps en relation avec la bienveillance du souverain. En effet, une manière de penser est patriotique, si chacun dans un État (y compris son chef) considère qu’il lui faut donc transmettre comme un gage précieux, uniquement afin de protéger les droits grâce à des lois issues de la volonté commune et non pas pour se croire autorisé à soumettre la communauté à son usage totalement arbitraire. Ce droit de liberté lui est attribué en tant que membre de la communauté, c’est-à-dire en tant qu’homme, pour autant, en effet, qu’il est un être apte de manière générale au droit. (…) »
(In : Textes choisis par Bruno BERNARDI, « La démocratie », éditions GF-Flammarion, Paris, 1999, pages : 151 – 152. Emmanuel Kant, « Du rapport entre la théorie et la pratique dans le droit politique, in Théorie et pratique, section II, trad. F. Proust, Paris GF-Flamarion, 1994, p. 63 et sqq.).

*                   *                 *

A chaque fois que l’on tente de débarrasser l’individu de ses intimes convictions à pouvoir être libre, il se rebelle.
Celui qui ne se rebelle pas, ou qui ne le fait plus, s’est laissé abattre par la soumission. Or, les moyens de soumission de l’individu sont multiformes, comme chacun sait.
Il est sans doute envisageable de considérer que c’est à chacun d’évaluer, et de ressentir ce qui risque le plus de le soumettre. Chacun use donc de ses propres forces pour se défendre comme il le peut.
La soumission est selon nous, le plus souvent une sorte de malentendu ; c’est-à-dire quelque chose qui nous est imposé et que l’on a été incapable de comprendre à temps. Quelque chose qui a pu dépasser les pouvoirs de la raison à un moment que l’on ignore, et que l’on a adopté, contre toutes les valeurs de sa propre raison, malgré tout. (Nous n’avons rien adopté de la psychanalyse, et notre non, n’est pas un « oui déguisé en non »).
La volonté de l’oppresseur, quand elle se veut habile, tente toujours de masquer ses propres intentions à opprimer, elle sait créer ce malentendu que nous essayons d’expliquer ici. L’oppresseur maladroit et qui agit ouvertement et donc sans masque, lui, ne parvient jamais à son but avec des personnes dotées de l’indépendance d’esprit et de l’esprit critique. Jamais.
Une doctrine en elle-même, comme par exemple la psychanalyse, peut contenir tous les ingrédients de la soumission et de l’oppression des individus. Il faut déjà une certaine culture « non autorisée » (…) pour le comprendre. Une fois cette première tâche accomplie, il n’est plus possible d’accepter la psychanalyse. C’est fini.

Il n’y a donc plus qu’un moyen pour ces oppresseurs que sont les psychanalystes pour tenter de soumettre les gens intelligents et indépendants, c’est de s’arranger pour créer des malentendus de la manière la plus fourbe et la plus délétère qui soit. Avec tous les artifices rhétoriques dont sont capables les psychanalystes, ils ne sont jamais à court de ces moyens. Parmi ceux-ci,  nous identifions leur méthode symbolique, la décontextualisation et la dénaturation des faits, le déni de la conscience de leurs victimes (ce que dit le conscient ne serait prétendument jamais « vrai »), l’interprétation fallacieuse et délirante des propos, etc.

Une fois créée la confusion dans l’esprit des victimes, ces dernières sont en situation de grave dépendance. C’est le début de leur soumission et de leur lente destruction. C’est le commencement de la fin de leur identité et de tout leur être.

Cette confusion de l’esprit les place ensuite en situation d’éternels « demandeurs ». Mais des « demandeurs » de quoi, au juste ? A vrai dire, ce qu’ils demandent au fond d’eux-mêmes (mais le  psychanalyste aura réussi à le leur faire oublier, ou leur en imposer le silence par une acceptation tacite mais tout à fait consciente), c’est le retour de la Vérité, d’une harmonie intime et personnelle. Un retour à la normale, à cette Vérité perdue sur eux-mêmes, par la faute des psychanalystes, cette chose si essentielle qui les structurait tant bien que mal, mais qui au moins parvenait à réaliser un être au monde sain et tranquille. Et dans cette Vérité il y a bien sûr l’autonomie perdue à cause des psychanalystes. Ils ne demandent donc rien au psychanalyste qui corresponde à ses attentes soi-disant thérapeutiques.

Ce n’est pas l’aide du psychanalyste qu’ils demandent, mais sa propre destruction, son dévoilement, sa disparition définitive. Les victimes de la psychanalyse sont comme des loups attachés à leur maîtres, qui n’ont jamais oublié ni n’oublieront jamais qu’ils ne peuvent être des chiens dociles et soumis, mais dont les maîtres ont su profiter de leur savoir faire de mauvais dresseurs pour les contraindre à accepter ce qui est contre nature chez un loup : le reniement de la liberté et la soumission. Les chiens savent ce qu’est une laisse, pas les loups qui ne peuvent l’accepter. C’est pourquoi ceux qui les contraignent à la soumission savent bien qu’ils ne peuvent rien leur apporter sinon les détruire en leur faisant accepter une (fausse) identité de chiens. L’être humain a bien plus de points communs avec le loup qu’avec le chien (et nous ne parlons pas d’agressivité ou de tout autre image négative de l’humain) en ce qu’il désire toujours être libre. C’est pourquoi, face à un « dresseur » qui aurait réussi à le soumettre, il tire sans arrêt sur la laisse, mais jamais comme le fait un chien. Il demande que cette laisse se casse et que son dresseur lui fiche la paix, et le laisse l’oublier et courir là où il veut. Il n’y a donc jamais de relation de « transfert » ou de « contre transfert » entre un « dresseur-psychanalyste » et un loup qui ne confond jamais tout à fait sa relation de dépendance avec de prétendus sentiments qu’il éprouverait pour son dresseur ! Ce serait prêter des motivations « psychanalytiques » à une créature libre qui par nature, ne peut jamais en être dotée.

Mais le psychanalyste sait créer, dès que se présente la menace que le loup ne reprenne son indépendance, d’autres labyrinthes faits de malentendus, où « le tout et le n’importe quoi s’équivalent » (…), afin de maintenir le patient en état de dépendance, donc finalement grâce à … un double malentendu : malentendu sur les motifs réels de la « cure » analytique, et malentendu sur le moteur même de l’état de dépendance de la victime, car cette dernière ne comprend pas assez tôt, voire jamais, qu’elle se trompe sur la nature propre de ses attentes. 

Mais …
… Il y a la logique, et aussi l’épistémologie. Avec le temps, nous voyons dans ces deux inventions humaines, comme la volonté de Dieu de nous laisser toujours une possibilité de sauver notre raison des griffes des oppresseurs. Tous ces bons génies qui ont oeuvré à clarifier ses disciplines ne seront jamais assez remerciés par l’humanité pour leurs efforts. Et pourtant, ils sont si souvent incompris, délaissés, voire même méprisés, parce que leurs disciplines sont ardues, arides, rigoureuses, et ne laissent que très peu de place sinon aucune, à la superficialité de la pensée.
Je suis devenu quelqu’un qui croit autant en la logique et en l’épistémologie, qu’en la science, et mon admiration pour l’oeuvre d’une authentique science n’a toujours pas baissé.

Si certains préfèrent chercher de soi-disant « certitudes » pour se rassurer dans la psychanalyse, j’ai préféré les chercher dans la logique et l’épistémologie de Popper, et j’en ai trouvées, et de vrais certitudes. Dans la Science, il n’y a aucune certitude. Nous avons besoin de Science, c’est primordial, vital même, mais je reconnais que nous avons aussi besoin de certitudes. Or, il n’y a que la logique, les mathématiques et l’épistémologie de Popper qui puissent nous en offrir. Il est par exemple certain que les énoncés universels au sens stricts soient invérifiables. Il est certain que toute tentative de définir une mesure parfaitement précise sombre dans la régression à l’infini, donc sera… à jamais… impossible. Il est encore certain que toute forme de déterminisme prima faciae absolu ne peut que conduire à l’échec de tout projet de prédiction qui tenterait d’en respecter les caractéristiques. etc.

Seule la Vérité fonde l’individu.

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