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Archive for the ‘Histoire de la psychanalyse.’ Category

Frank J. SULLOWAY. "Reassessing Freud’s case histories".

Un examen minutieux et impartial de l’histoire de la psychanalyse, tel que le réalisa Frank Sulloway, démontre que la psychanalyse, ne fut jamais une « pure psychologie », ainsi que Freud voulu qu’on le croit. Au contraire, Freud fonda la psychanalyse sur des conceptions biologiques, lesquelles étaient déjà considérées comme obsolètes à l’époque de la naissance de sa doctrine.
Frank Sulloway affirme avec raison qu’une mauvaise conception de la biologie ne peut pas aboutir à une bonne conception d’aucune psychologie, qu’elle quelle soit, et que par cette voie, Sigmund Freud a grévé, d’entrée de jeu, la plupart de ses plus fondamentales théories de la psychanalyse.*
Il fut donc bien un « cryptobiologiste » de l’esprit, qui voulu se faire passer pour un « pur psychologue », créant ainsi une rupture radicale, historique, et totalement novatrice avec les conceptions psychologiques les plus en vues de son époque. Il n’en fut rien, en réalité. En effet, tout porte à croire, selon les arguments de Frank Sulloway, qu’en masquant ses inspirations biologiques obsolètes voire erronées pour fonder sa psychanalyse, Sigmund Freud lui a, au contraire, creusé son lit de mort.

Comme nous l’avions déjà démontré dans d’autres billets, mais en utilisant des arguments strictement épistémologiques, basés sur la critique des conceptions beaucoup trop déterministes de Sigmund Freud, (lesquelles ont dû être très influencées par les croyances déterministes à la mode à son époque), caractérisées par sa « foi inébranlable » dans un déterminisme psychique inconscient prima faciae absolu, le père de la psychanalyse a fait de sa science privée, un projet pseudo-scientifique et pseudo-thérapeutique, qui ne pouvait qu’échouer, par nature, avant même d’avoir pu commencer.

Jamais Sigmund Freud ne pu fournir la moinde preuve d’aucune des théories de la psychanalyse, et jamais il ne pu guérir les fameux grands cas historiques que pourtant il présenta, avec l’aide de ses disciples et de ses agiographes, comme la « vitrine » de l’efficacité indiscutable de la cure par la parole.

Henri Ellenberger, fut sans doute l’un des premiers historiens à avoir mis en lumière l’océan de légendes construites de toutes pièces autour de la psychanalyse et du personnage freudien, à un niveau tel, qu’Ellenberger lui-même, dans son livre, Histoire de la découverte de l’inconscient, se demandait s’il ne fallait pas développer une science des légendes !..

Plus tard, dans un livre très documenté, et aux références précises et nombreuses (jugées même indiscutables par Elisabête Roudinesco), ce fut Jacques Bénesteau qui nous livra un recueil accablant de tout le stupéfiant bestiaire de mensonges, de manipulations, de désinformations, de vies dévastées, de suicides, etc., que contient l’histoire réelle et certes « non officielle » (…) de la psychanalyse et du freudisme. Après la sortie de son livre, qui fut pourtant une oeuvre de salubrité publique, les observateurs de l’affaire lamentable de diffamation dont a été victime Jacques Bénesteau, ont pu constater ce qu’il en coûte dans ce pays, que d’oser dire la vérité de façon claire et fondée sur des preuves historiographiques contre ce qui n’est rien de plus qu’un mouvement sectaire, obscurantiste, et qui souhaite encore faire régner sans partage, jusque dans la vox populi, ses images d’Epinal, ses théories fumeuses quand elles ne sont pas ridicules (voir, par exemple, les délires de Mélanie Klein, de Jacqeus Lacan, ou de Françoise Dolto, pour ne citer qu’eux), bref, tout l’éventail nauséabond et insupportable d’une pseudo-science, dont l’arrogance et l’impunité de ses défenseurs ne trouve pour le moment aucune limite.

En outre, Frank Sulloway démontre que les observations « empiriques » de Freud auront été d’un effet bien plus léthal encore sur sa doctrine que ses seuls engagements ontologiques de départ.
(…).

Frank Sulloway : 

*Mais tout cela, au fond, peut se résumer à un problème de logique. En logique, pour que la conclusion d’un raisonnement soit vraie, il faut que chacune des prémisses qui y mènent le soient aussi. Si l’une d’entre elles est fausse, alors, la conclusion, ne peut pas être vraie. Par conséquent, si Freud a fondé toute sa psychanalyse sur des conceptions biologiques erronées ou obsolètes, et qu’il a choisit de les « crypter » ou de les masquer dans ses conceptions de prétendue « pure psychologie », alors, les conclusions qu’il en a tiré, et concrétisées par l’édification des théories de la psychanalyse, puis de sa pratique, ne peuvent à leur tour être tenues pour vraies ou validement fondées.

En bref, il est clair que l’on ne peut aboutir à quelque chose de vrai, ou qui fonctionne dans le réel, en se fondant sur quelque chose de faux ou d’entièrement faux, et que la solution ne consiste pas dans une démarche pseudo-scientifique consistant à masquer les erreurs, (ou à cacher la poussière sous le tapis, comme le ferait une mauvaise ménagère), mais au contraire, (comme doit le faire tout scientifique honnête), à reconnaître les erreurs, et à tenter de les corriger, à l’aide notamment, de tests indépendants, et reproductibles de manière extra-clinique, procédure que Freud justement, n’a jamais employée, et qu’il a même ouvertement dénigrée à certaines reprises dans ses écrits, et en particulier dans une réponse restée fameuse à l’un de ses disciples d’alors, Ludwig Binswanger.

Les « prémisses » de la psychanalyse que furent les conceptions biologiques de Freud et sa foi dans le déterminisme psychique inconscient et prima faciae absolu, ont donc bien aboutit à une fausse science, (ou une pseudo-science), tout aussi faussement relayée par des théories irréfutables ou réfutées, et ne conduisant qu’à une pratique dont l’efficacité est nulle sinon indémontrable dans l’immense majorité des cas. C’est-à-dire, une démonstration selon des procédures qui pourraient soustraire la « talking cure » de tout risque de contamination des préjugés, des procédés de pression, de manipulation, et de suggestion dont l’analyste ne peut éviter de faire constamment usage.