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"Rions un peu,… quand même !". (23) "Vraoum..!"

19 décembre 2016 Laisser un commentaire

Et oui : « Vraoum ». Ou comment le psychanalyste se retrouve immanquablement débordé par la mécanique qu’il a inculqué à son patient, lequel ne s’est toujours pas aperçu que le « divan » l’emmenait dans le décors. 
Donc, les deux, le « pilote » et le « co-pilote », foncent à bride abattue dans les ténébreuses divagations de l’interprétation…

Le psychanalyste, qui sait depuis le début, que ce n’est qu’un tombeau ouvert sur le néant, a tout de même une fois la présence d’esprit de dire : « pas si vite !!!« , tout à coup rappelé par l’angoisse du manque à gagner si son patient venait à se crasher un peu trop vite sur un platane de « vérité » : la psychanalyse n’est qu’un charlatanisme, une théorie, et une pratique zéro, puis revenir en un éclair à la raison, se lever, et sortir définitivement du cabinet de l’analyste, en lui claquant la porte une fois pour toutes.

Le divan, c’est un « bolide » (…) qui coûte très cher au patient. Et les psychanalystes sont, paraît-il, très addictifs à d’autres bolides, plus vrais que nature, ceux-là, et de couleur rouge, grâce aux écarts de conduite à répétition qu’ils savent provoquer chez leurs victimes, lors de l’analyse…

Comme vous le constatez sur ce dessin très représentatif de ce qu’est le divan, ce « bolide » rend les écarts de conduite d’autant plus probables qu’il n’a ni volant ni pédales. Tout est imaginaire, (ou « symbolique », dirait-on…), y compris les changements de vitesse et de direction. Avec une pareille automobile, inutile même d’essayer de naviguer à vue, tout le monde est aveugle, et personne ne sait vraiment où l’on va, ni comment y aller…

Mais, pas si vite, pas si vite, (…), la route vers un hypothétique « permis-de-conduire-du-soi », en analyse, est bien plus longue qu’un tour du monde en 80 jours, infinie même, pour la bonne et simple raison, que le psychanalyste sait aussi qu’il n’y a tout simplement pas ce « permis-de-conduire-du-soi » dont rêve le patient qui va en analyse. Il n’y a qu’une multiplication des périphériques, des carrefours, des impasses, des montées et des descentes vertigineuses, des chemins escarpés et sans fin, des itinéraires à voies multiples, bref, un labyrinthe de mots creux, de phrases creuses, de divagations pseudo-scientifiques et pseudo-thérapeutiques, d’ergotages inutiles sur des choses vraiment insignifiantes et qui devraient le rester, et de faux souvenirs, plutôt qu’un autoroute ou un chemin patiemment mais sûrement assuré vers plus de sagesse, de sérénité, d’intelligence de soi et sur son environnement social.

Pendant l’analyse, le patient va découvrir comment se perdre, s’engloutir lui-même, se soumettre à une doctrine, à un autre individu qui n’en sait pas plus que lui sur rien ; comment accepter de délirer sur des délires avec un délirant par nature et qui ne s’ignore pas lui-même en tant que tel : son analyste. Il va découvrir, ou plutôt il découvrira, s’il lui reste encore un sou de lucidité, comment son identité normale a été détruite, phagocytée par son analyste, et remplacée par un amoncellement de délires. Sa vie sera ruinée au sens propre, souvent. Et dans les meilleurs cas, s’il on peut dire (…), il deviendra un autre clone de la doctrine, un membre heureux de la secte, toujours prêt à en vanter les mérites, à tenter de convertir d’autres à son credo, mais définitivement perdu, mort, pour toute indépendance d’esprit, tout esprit critique. La soumission totale. Qu’est donc devenu l’individu ?…

L’analyse n’est qu’un labyrinthe toujours plus profondément déliré dans le néant, que le psychanalyste n’a de cesse d’étirer, d’étirer, d’étirer,  jusqu’à ce que les deux aventuriers de l’interprétation ne finissent par constater leur désastre commun, avec les mêmes yeux. A moins qu’ils ne continuent encore de s’aveugler complaisamment sur cette « matière » qu’est ce néant (…) qu’ils « explorent » depuis si longtemps en vain, bien sûr, ou n’avoir de cesse de trouver de prétendues réponses et des soi-disant guérisons par des mots, dans ce qui est condamné à rester des mots, (creux), ce qui hélas, demeure la situation la plus courante.