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Archive for the ‘Irresponsabilité.’ Category

Les personnes abusées sexuellement se portent-elles bien ? Marcel Rufo, psychanalyste, a la réponse…

Commentaires :
Première chose : toute possibilité de commenter, sur Youtube, les propos de Rufo est exclue. Pas de critiques, pas d’avis contradictoires, s’il vous plaît, laissez parler le psychanalyste et laissez-le déployer sans entraves, ses « vérités »..
Ensuite : La personne évoque le cas de sa fille qui affirme depuis sa plus tendre enfance avoir été abusée sexuellement. La fillette aurait même cité le nom de son violeur. Il n’en faut pas plus à Rufo pour déclarer, droit dans ses bottes, ceci :
« L’immense majorité des enfants abusés vont bien ».

Pourquoi, Mr. Rufo ? Parce qu’ils disent aller bien après vous avoir vu ? Parce qu’ils ne savent pas exprimer leur souffrance ? Parce qu’ils n’osent pas l’exprimer face à certaines pressions sociales liées à l’entourage ? Parce qu’on leur a suggéré que « ce qui est dit dans le conscient est faux », et que la « vérité, toute autre, se trouve dans l’inconscient » ? (…) et que par conséquent, si un enfant dit (consciemment) qu’il va mal, c’est que son inconscient « dit » qu’il va bien ?… Vous avez des statistiques précises à proposer, Mr. Rufo ? Votre bilan, est-il objectif ? La suite de vos propos sera sans doute riche en renseignements…
Ah.. Vous dites « ils ont bien sûr des craintes un peu précises ». Quelles craintes, au juste, Mr. Rufo ? Lesquelles ? Qu’est-ce que la « précision » d’une de ces craintes ? Et quels en sont les effets ? Apparemment aucun, pour Mr. Rufo ! La « preuve » : 
« Elles vont bien dans leur vie amoureuse, sexuelle, personnelle, professionnelle ». Nous sommes rassurés, Mr. Rufo, merci ! Donc, tout va bien, quoi !… N’est-ce pas tout de même un peu (…) contradictoire avec votre affirmation précédente, Mr. Rufo ? Vous parliez, de « craintes un peu (…) précises » ?
Que c’est vague, tout cela, Mr. Rufo, que c’est vague… Ce n’est pas très « précis ». Enfin, passons…
Mais voilà un argument « précis » de Mr. Rufo : 
« Un abus (il oublie ?.. de mentionner la nature sexuelle de l’abus, tout de même, mais bon..), ne peut pas entraîner un tel dégât, sauf si la vulnérabilité et la fragilité du sujet, vient faire que l’abus renforce la pathologie d’organisation ».

Donc, si l’on vous a bien compris, pour qu’un abus sexuel « fasse des dégâts », il faut que la victime ait d’abord une « organisation pathologique » de sa personnalité, c’est bien ça ? (Nous pensons que oui, c’est bien cela que vous avez voulu dire). Par conséquent, et toujours si l’on vous a bien compris, un viol, ce n’est pas grave chez une personne normale ; autrement dit, chez une personne qui ne souffre d’aucune désorganisation d’ordre pathologique ? Ce qui pourrait impliquer qu’il est injuste de punir les violeurs et en particulier les pédophiles, non ? … N’est-ce pas là une des conséquences de vos propos ?… En somme, Mr. Rufo, une personne (normale) qui a été violée, « va bien », et l’on peut recommencer… (puisqu’elle va bien, et puisque, comme vous l’avez dit cela ne peut occasionner des « dégâts » graves sur sa vie future, amoureuse, sexuelle, etc.), sauf quelques « craintes un peu précises »… bof….

Autre manière de comprendre vos propos, mais en plus court : en somme il faut être « malade » pour penser qu’un abus sexuel « ça fait mal », les gens normaux, eux, n’en font pas tout un fromage.

Puis, Mr. Rufo revient sur le cas particulier de la fillette, et il assène : 
« Là, dans ce que vous décrivez, c’est complètement fantasmatique (…) ».
Question : quelles sont vos preuves, Mr Rufo, que la fillette ment, ou qu’elle déforme la réalité ? Peut-être était-elle trop jeune à l’époque des faits, et qu’elle ne développe que des faux-souvenirs ? En toute bonne foi, c’est possible. Mais vous, vous en êtes sûr. Comment vous faites, sans avoir ni vu, ni entendu, la fillette ? … Peut-être que d’autres cas « bien observés » (…), par comparaison, vous donnent le loisir de généraliser et d’englober celui de cette petite fille ? N’est-ce pas une méthode typiquement inductive, Mr. Rufo ?.. Donc, une question demeure selon nous : quelles sont vos preuves ?..
Mais vous proposez ensuite une « méthode » ! Vérifier (…) auprès de la personne citée par la fillette, les accusations de cette dernière. « Vérifier » ? Mais si la personne interrogée ment, ou ne se souvient plus ? Et si elle est sous l’emprise de la suggestion de celui qui lui poserait des questions ? Ne préférez-vous pas, Mr. Rufo, trouver le moyen d’avoir des preuves indépendantes de l’abus sexuel dont aurait été victime la fillette ? Par conséquent, nous sommes vraiment désolés de vous dire ceci, Mr. Rufo : votre méthode de « vérification » risque fort d’être complètement bidon. (Nous nous excusons pour un tel langage).
Avouons quand même que Mr. Rufo dit certaines choses censées : en effet, pourquoi risquer de porter atteinte à la personne incriminée par la fillette, si aucune preuve tangible de l’abus sexuel n’est rigoureusement fondée, et, compte tenu de son âge et des recherches (scientifiques) sur les faux-souvenirs, si s’en suivent de possibles conséquences très graves d’accusations infondées auxquels ils peuvent conduire lorsqu’ils sont interprétés (…) puis utilisés comme des faits établis ? (Soit dit en passant, Mr. Rufo, ne seriez vous pas enclins, vous aussi, à traiter ce qui ne sont rien de plus que des hypothèses ou des fantasmes théoriques (…) comme des faits ?…).

Tout à coup, il y a cette chose importante : l’on se rend compte que les psychanalystes d’ordinaire très prompts à traiter les faux-souvenirs comme argent comptant ou à en suggérer à leurs patients pour les besoins de leurs interprétations, s’en méfient, et les ravalent au rang de « fantasmes », toujours pour les besoins de l’interprétation (en l’occurrence, celle de Mr. Rufo). Toutefois, l’on sait bien que l’interprétation d’un psychanalyste ne peut jamais faillir à sa tâche essentielle : donner raison à la théorie plutôt qu’aux souffrances exprimées par le patient…

Mais ce qui nous intrigue, Mr. Rufo, ce sont vos affirmations, votre assurance sur le fait que la fillette est « délirante », sans même l’avoir vue ni entendue, et ce qui nous scandalise c’est cette autre affirmation de votre part selon laquelle un abus sexuel ce n’est pas grave chez une personne normale. Comment pouvez-vous, comment osez-vous même dire des choses pareilles devant des caméras de télévision, Mr. Rufo ? Comment osez-vous ? Sur ce point, nous avons peut-être, nous aussi, une réponse : un psychanalyste, (tout comme sa théorie) cela peut « s’autoriser de lui-même » ; apparemment surtout quand il s’agit de débiter des inepties ou des propos dont l’irresponsabilité confine à l’immoralité, mais c’est vrai que les psychanalystes ont une conception bien à eux de la morale (…). Quant au sens des responsabilités vis-à-vis de personnes qui le plus souvent finissent complètement détruites ou ruinées par leurs « bon soins », il y a de nos jours une certaine littérature qu’ils jugent hérétique où l’on peut s’informer de tout le nauséabond florilège d’histoires de cas traités de façon lamentable par S. Freud et ses disciples notamment,  (et pourtant présentés comme des succès éclatants par la doxa freudo-lacanienne française) et qui font resssembler la psychanalyse, davantage à un honteux et accablant bestiaire d’échecs thérapeutiques catastrophiques  plutôt qu’à une discipline qui aurait gagné dignement son droit de figurer à côté de celles dont l’utilité publique n’aura jamais été usurpée…

(…),

Et votre conclusion est très belle, et pleine de philanthropie, semble-t-il : « ne l’abandonnons pas à sa pathologie », allez hop, à l’hôpital de jour. Mais en contact avec qui ? Des psychiatres-psychanalystes comme vous, Mr. Rufo ?.. C’est cela votre conception de la philanthropie ? Mais il est vrai que vous n’avez pas prononcé le mot. Heureusement, Mr. Rufo, heureusement…

Bref, à nous de conclure maintenant :

Vous savez, Mr. Rufo, pour nous, tout ça c’est de la « psychologie people » ou « de boulevard », si vous préférez. Mais si ce n’était que cela. En effet, il reste toujours ce que vous avez affirmé (en étant si plein de conviction et de vous-même, j’imagine..) sur l’absence de nocivité des abus sexuels sur les personnes normales et en particulier sur des enfants. Quoique, en tant que psychanalyste, vous pourrez toujours nous rétorquer que les enfants ne sont pas « normaux », que ce sont tous des « pervers polymorphes », qu’il y a une prétendue « sexualité infantile », et que les enfants tentent toujours « plus ou moins » (…) d’attirer sexuellement les adultes, non ? (Après tout, si cette petite fille a été violée, c’est « qu’inconsciemment » elle désirait le phallus de son violeur, d’autant plus qu’elle-même n’en a pas, ou d’autres histoires à dormir debout de ce genre, lesquelles hélas sont encore le pain béni de l’institution judiciaire dans certains cas, disons, désastreux…). Et puis que de toute manière, pour la psychanalyse, personne n’est « normal », tout le monde est soi-disant « névrosé », etc., etc..