Archive

Archive for the ‘Jacques Alain MILLER’ Category

Jacques Alain Miller et Elisabeth Roudinesco : la berlue à en perdre haleine…

12 décembre 2014 Laisser un commentaire

(function(i,s,o,g,r,a,m){i[‘GoogleAnalyticsObject’]=r;i[r]=i[r]||function(){ (i[r].q=i[r].q||[]).push(arguments)},i[r].l=1*new Date();a=s.createElement(o), m=s.getElementsByTagName(o)[0];a.async=1;a.src=g;m.parentNode.insertBefore(a,m) })(window,document,’script’,’//www.google-analytics.com/analytics.js’,’ga’); ga(‘create’, ‘UA-57220096-1’, ‘auto’); ga(‘send’, ‘pageview’);

Chers récalcitrants éclairés,

Le vent souffle. Les freudiens l’ont semé, et maintenant ils récoltent la tempête. Quelques seconds couteaux tentent même de nous éblouir, tels Roland Gori qui se livre à un très très brillant exercice de style, où du premier jusqu’au dernier mot de son exutoire, il n’en finit plus de se draper dans une posture de vieille outragée. Quelqu’un a osé, encore une fois (!) s’en prendre à l’immaculée doctrine, à décaper à l’acide la brillantine dorée de la saga freudienne. Branle-bas de combat! Tous à vos stylos, mettons-nous en ordre de bataille, et défendons notre bout de gras.
Mais, à les lire, tout cela n’est plus qu’une question de posture. Oui, de posture. L’effet de style, les propos outrageants contre Michel Onfray, la tactique qui consiste à complètement renverser de manière illégitime l’accusation qui vous était légitimement destinée, et, bien sûr, à l’employer avant que l’adversaire, bien plus loyal, n’ait songé à le faire. Ah, mes amis, que tout cela sent le souffre, et l’odeur de putréfaction pour notre foi : la recherche de la Vérité.
Mais laissons les seconds couteaux éructer leur fanatisme pour leur doxa pseudo-scientifique, et revenons aux propos de deux créatures bien plus agressives et obstinées (obsessionnelles ?..), Jacques Alain Miller, et Elisabeth Roudinesco.
Pourquoi les mettre en rapport ? Parce que le premier a affirmé, dans un débat face à Michel Onfray, que, je le cite, « tout est légende », et que la seconde, avait accusé de façon totalement mensongère et diffamatoire, le livre de Jacques Bénesteau, « Mensonges freudiens. Histoire d’une désinformation séculaire », d’avoir un contenu « antisémite masqué », parce que son auteur a affirmé, par exemple, que le retard de Sigmund Freud dans sa nomination comme Professor Extraordinarius imputé à son origine juive, était, je cite, « également improbable dans son cas particulier à ce moment-là ». (J. Bénesteau. Op. Cit. Page 189), relevant donc de la légende du freudisme. Mais voici, pour information supplémentaire, d’autres propos de Jacques Bénesteau, pages 189 et 190, où l’on cherche, en vain, un prétendu négationnisme, et cette délirante accusation d’antisémitisme masqué :
« (…) L’Empereur avait la réputation méritée d’être le protecteur des Juifs, qui venaient s’établir à Vienne depuis 1860, et surtout depuis la loi d’émancipation de 1867 accordant liberté de logement, de circulation, et l’égalité des droits. François-Joseph refusera quatre fois la nomination du maire élu de Vienne, le social-chrétien Karl Lueger, du fait de la réputation antisémite de celui-ci. L’Empereur ne pouvait supporter les querelles antisémites et exprimait son mécontentement, au point de quitter avec un ostentatoire fracas sa loge impériale du théatre lorsque des spectateurs osèrent scander des slogans hostiles aux juifs. Le ministre responsable des affaires universitaires, Son Excellence l’incorruptible Wilhelm Freiherr von Hartel, avait condamné l’antisémtisme devant le parlement, et pujis était attaqué à cause de son zèle prosémite car soixante-dix pour cent des candidats grattifiés ces années-là étaient juifs, ce qu’on considérait comme une injustice eu égard à la démographie ».
Je demande que l’on me dise où donc se trouve le négationnisme, et l’antisémitisme masqué, dans les propos de Jacques Bénesteau !!? Je n’y vois que l’exact CONTRAIRE.
Mais, pour mieux comprendre ce lien entre l’affirmation de Jacques Alain Miller et d’Elisabeth Roudinesco, et se rendre compte, de manière claire, que l’attaque contre Jacques Bénesteau, fut haineuse, uniquement haineuse, et d’une totale mauvaise foi, il faudra lire, ci-après, les propos de cette dernière concernant le livre d’Henri Ellenberger, après avoir lu ce qu’il écrit, justement, dans son « Histoire de la découverte de l’inconscient », publié chez Fayard, en 1970, pages 477 et 478, puis, 586 et 587. Citons donc, le premier, Henri Ellenberger :
Pages 477 et 478 :
« (…)Von Hartel fut aussi attaqué par les antisémites parce qu’il avait fait obtenir un prix littéraire à Arthur Schnitzler, et parce qu’il avait publiquement condamné l’antisémitisme devant le Parlement autrichien. Que Freud n’ait donc pas été nommé plus tôt ne saurait, dès lors, être attribué à l’antisémitisme. Quant à la légende qui voudrait que la nomination de Freud ait été obtenue par Frau von Ferstel en échange d’un tableau de Böcklin (Die Burgruine), Renée Gicklhorn a montré que ce tableau resta en possession de ses propriétaires, la famille Thorsch, jusqu’en 1948 et que la Galerie moderne avait déjà acquis un autre Böcklin (…). Nous pouvons donc en conclure, semble-t-il, que ce retard dans la nomination de Freud a surtout été l’effet de la force d’inertie bureaucratique d’un système où l’on accordait toujours la priorité aux candidats recommandés ; or, Freud lui-même avait été longtemps trop absorbé par son auto-analyse pour s’occuper activement de sa carrière professionnelle ».
Pages 586 et 587 :
« Il est extrêmement difficile d’apprécier objectivement l’influence de Freud. Il s’agit d’une histoire trop récente, déformée par des légendes et dont toutes les données n’ont pas encore été éclaircies.
L’opinion générale est que Freud a exercé une puissante influence, non seulement sur la psychologie et la psychiatrie, mais sur tous les domaines de la culture, et que cette influence a été profonde au point de transformer notre façon de vivre et nos conceptions sur l’homme. La question devient plus complexe et plus controversée dès qu’on cherche à établir jusqu’à quel point cette influence a été favorable ou non. Nous avons d’un côté ceux qui voient en Freud l’un des libérateurs de l’esprit humain et qui estiment même que l’avenir de l’humanité dépendra de son acceptation et de son refus des enseignements de la psychanalyse. A l’opposé se trouvent ceux qui affirment que les effets de la psychanalyse ont été désastreux. La Piere, par exemple, prétend que le freudisme a ruiné l’éthique de l’individualisme, la discipline de soi et le sens des responsabilités qui régissait le monde occidental.
[…] La seconde difficulté, plus grave encore, vient de ce que la psychanalyse, dès ses origines, s’est développée dans une atmosphère de légende, si bien qu’une appréciation objective ne sera guère possible avant que l’on ai pu dégager les données authentiquement historiques de cette brume de légendes. Il serait d’un intérêt inestimable de découvrir le point de départ de la légende freudienne et d’analyser les facteurs qui ont permis son développement. Malheureusement l’étude scientifique des légendes, de leur structure thématique, de leur développement et de leurs causes reste l’une des provinces les moins explorées de la science, et jusqu’à ce jour rien n’a été publié sur Freud qui soit comparable à l’étude d’Etiemble sur la légende qui se développa autour du poète Rimbaud. »
Voici maintenant les propos d’Elisabeth Roudinesco sur le livre d’Ellenberger :
« Henri F. Ellenberger (1905-1993) occupe une place à part dans l’historiographie de la psychanalyse et de la psychiatrie dynamique, dont il fut le pionnier. Toujours à la recherche d’un avant et d’un après, de l’enchaînement des filiations, des dynasties et des concepts, l’auteur de la monumentale Histoire de la découverte de l’inconscient avait la passion pour les savants illuminés, les hypnotiseurs, les femmes envoûtées par le mauvais œil, bref, pour tous les personnages de la littérature populaire du XIXe siècle. Il aimait les histoires de village, les récits du voisinage, les rumeurs de sorciers. Il fut aussi le visionnaire des exclus de tous bords, s’insurgeant contre les mauvais traitements faits aux femmes, aux nains, aux fous, aux animaux. Cette passion, Henri F. Ellenberger la mit notamment au service de l’étude méthodique, descriptive et interprétative tout à la fois, de l’histoire des maladies de l’âme et des diverses thérapeutiques mises en œuvre pour les soigner, depuis les modalités de la connaissance de soi de l’Antiquité jusqu’aux méthodes de la psychanalyse moderne.
Ses ouvrages traitent des fondements philosophiques de la psychanalyse et de la psychiatrie, de la diversité des maladies mentales selon les cultures, du destin des grands praticiens de la découverte de l’inconscient, de l’histoire de la clinique des Grecs jusqu’à nos jours, de la vie des patients célèbres, ils témoignent aussi de la formidable érudition de cet esprit encyclopédique animé par le souci de transmettre la mémoire vraie d’un trésor : l’expérience accumulée par l’humanité dans sa confrontation avec l’énigme de la folie. »
Constatations :
– On dirait que Madame Roudinesco connait bien l’oeuvre d’Ellenberger, qu’elle l’a lue, et qu’elle l’a particulièrement appréciée. Elle nous parle, en effet, je cite, de « la formidable érudition de cet esprit encyclopédique animé par le souci de transmettre la mémoire vraie d’un trésor (…) ». La « mémoire vraie d’un trésor », a-t-elle bien écrit. Donc, si maintenant on se reporte à nouveau à la citation d’Ellenberger, donnée plus avant (que chaque récalcitrant bien éclairé prendra soin de vérifier…), on est en droit de penser que Madame Roudinesco considère que le point de vue d’Ellenberger sur les légendes freudiennes, est au moins aussi vrai que celui de Jacques Bénesteau…

– Madame Roudinesco n’a jamais accusé Henri Ellenberger d’antisémitisme masqué, bien qu’il relate, dans le même style d’érudtion encyclopédique que Jacques Bénesteau, les mêmes faits (le retard dans la nomination de Sigmund Freud), pour parvenir aux mêmes conclusions (les aspects légendaires du freudisme) sur cette affaire, notamment : l’antisémitisme n’est pas en cause dans le retard de la nomination de Freud au poste de Professeur Extraordinarius, un point c’est tout.
– L’attaque de Madame Roudinesco contre les propos de Jacques Bénesteau était donc bien, stricto sensu, de la diffamation, dans son caractère le plus bassement mensonger, et haineux.
Retour sur l’affirmation de Jacques Alain Miller : « tout est légende ».
– Il est donc d’accord, lui aussi, qu’il le veuille ou non, avec les propos d’Ellenberger et ceux de Jacques Bénesteau!
– Que fait-il ? Il délire ? Il ment ? Il diffame ? Il est antisémite masqué ? A vous de choisir…
Questions « diverses » à étudier, selon le bon vouloir de nos chers récalcitrants éclairés :
– Comment est-il possible, que Jacques Bénesteau ait pu perdre le procès en diffamation qu’il avait intenté contre Madame Roudinesco, alors que les faits de diffamation dont il a été victime étaient parfaitement constitués ?
– Pourquoi, à votre avis, certains médias, tels que des quotidiens comme l’Humanité (sous la plume de Laurend Mouloud) et Libération (sous celle d’Eric Eschimann), n’ont jamais cité la moindre ligne des « Mensonges freudiens » pour tenter de mettre les faits en correspondance, et ont continuellement pris fait et cause pour Madame Roudyssenko ?
– Pourquoi un anti-freudien aussi respectable pour son immense et salutaire travail que Mikkel Borch-Jacobsen, a prétendu que le livre de Jacques Bénesteau relevait de la « pensée brune » et qu’il « lui était tombé des mains », alors qu’il a pu lui-même vérifier qu’il ne contenait rigoureusement aucun propos qui soit de nature à être suspecté de négationnisme ou d’antisémite masqué, puisqu’il utilisa pour la rédaction du « Livre noir de la psychanalyse », sans le citer, un chapitre écrit par Jacques Bénesteau, concernant « la saignée d’Emma Eckstein » ?…
– Qui est devenu « fou » ?…Qui a la haine, nous ou eux ?..