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Jacques BÉNESTEAU : « Une affaire de Frink et de Bijur ».

25 septembre 2012 Laisser un commentaire

Cher(e)s récalcitrant(e)s éclairé(e)s,

Jacques Bénesteau, est en France, un précurseur dans l’examen historiographique détaillé et sans concession des cas célèbres analysés par Freud, où des personnes, le plus souvent richissimes  furent détruites par le « grand génie ».

Voici l’histoire vraie d’Horace Frink et d’Angélica Bijur. Tenez-vous bien, si vous ne l’avez pas encore lu : vous croyez avoir épuisé tous les niveaux de la consternation et du lamentable, vous risquez fort d’être surpris.

Quel crédit peut-on encore accorder au personnage freudien, et selon quelle échelle de la morale, puisque ce dernier fut un individu foncièrement immoral, allant même jusqu’à prôner, par écrit, l’absence de scrupules et la cruauté, lors de ses « thérapies ». N’oublions pas, pour l’occasion, le sort funeste qu’il réserva à ses soeurs qu’il n’hésitât nullement à abandonner à Vienne au  nazisme, dans le seul but que des personnes de confiance puissent être sur place, pour surveiller sa fortune. Un monstre.

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« Une affaire de Frink et de Bijur (In : Jacques Bénesteau, « Mensonges freudiens. Histoire d’une désinformation séculaire », éditions Pierre Mardaga, Sprimont, Préface de Jacques Corraze, 2002, pages : 69 – 75. Ce livre reçu le Prix de l’histoire de la médecine, à l’unanimité du jury).

            La lamentable histoire d’Horace Frink est encore l’objet d’une forclusion, pour parler lacanien, et exige d’assembler des éléments disjoints, d’accès bien difficile. Quand Paul Roazen l’évoqua pour la première fois en 1975, il ne disposait pas des archives familiales du principal intéressé, retrouvées dans un grenier par sa fille Helen, puis dans des dossiers du psychiatre américain Adolph Meyer, et publiées seulement, mais en partie, en 1988.[1] Là encore le lecteur français ne peut connaître que des versions épurées et incomplètes. Mais, depuis ces publications, l’hypocrisie et la mauvaise foi ne sont plus possibles.

 

L’affaire commença aux États-Unis, où Abraham Brill avait fondé en 1911 la société psychanalytique de New York, et Ernest Jones (alors à Toronto après l’accusation pour attentat aux mœurs) l’association américaine de psychanalyse, la même année. À l’époque les deux hommes étaient en concurrence dans la politique expansionniste de Freud. Le premier représentait l’idéal américain du réalisme pragmatique, celui de l’efficacité thérapeutique — l’épreuve que Freud redoutait —, et prônait l’exercice strict de l’analyse uniquement par des médecins. Jones par contre valorisait une implantation plus généreuse de l’orthodoxie de la maison mère sur le nouveau continent, à conquérir même au prix d’une dé-médicalisation de l’entreprise.

Abraham Brill gouvernait avec autorité mais sans finesse sa prestigieuse société ; bien qu’accommodant, il était très difficile à manœuvrer à distance depuis Vienne. Dès lors, si le contrôle de Vienne était aisé sur l’association fidèle de Jones, le pouvoir lui échappait sur la société de New York.

 

Fort opportunément Horace Frink, alors secrétaire de la société de New York et déjà analysé par Brill, va se présenter, 19 Berggasse, pour une analyse. Humble, charmant et subtil, ce jeune psychiatre de 38 ans a — du moins jusqu’à sa rencontre avec Freud en février 1921 —, une excellente réputation quant à ses talents et son équilibre mental. Frink est de bonne qualité, juge son maître, « excellent, beaucoup plus sûr, dévoué et sérieux que Brill »[2]. Prometteur et malléable, il pourra donc servir avantageusement la cause et être intronisé légat à New York lors des prochaines élections, après son initiation.

Pendant cette première analyse qui va durer plusieurs mois, Herr Professor apprend vite de Frink qu’il avait fait de la multimillionnaire américaine Angelika Bijur — sa propre patiente depuis 1912 —, également sa maîtresse. Bonne aubaine. Sans consulter l’épouse de Frink ni a fortiori le mari d’Angelika, Sigmund Freud promet aussitôt à Frink le bonheur s’il abandonne sa femme Doris Best et ses deux enfants pour se remarier avec Angelika. C’est le remède viennois.

Frink, en proie à des doutes et scrupules moraux, hésite à prendre une telle décision et sombre dans un conflit teinté de dépression. Il se lamente. En juillet 1921 il est encore à Vienne sur le divan, bien tourmenté. Freud le convainc alors de faire venir sa patiente maîtresse, afin d’éclaircir la situation et de lui annoncer la bonne nouvelle. Angelika Bijur rencontre donc Sigmund Freud — qui la plaça aussitôt sur le divan. Le Viennois lui suggère de divorcer du riche financier Abraham Bijur, pour avoir raison de son existence incomplète et parce que selon lui, si elle quittait Horace maintenant, Frink ne deviendrait jamais normal et …succomberait à l’homosexualité. Il conseille aussi d’éclaircir la situation avec Abraham Bijur, que les deux amants vont mettre brutalement devant le fait accompli.

L’autorité et la bénédiction de Freud ont un poids énorme et malgré sa honte, Frink, subjugué, se soumet : il informe son épouse Doris Best du bonheur familial sur ordonnance. Puis à l’automne 1921, comme le scandale gronde à New York où les autorités sont informées, il oblige Doris à prendre le large avec sa progéniture. Effondrée, désespérée, celle-ci obéit puis erre, sans argent, d’hôtels en pensions de famille, avec les deux enfants d’Horace.

En mars 1922 Doris et Angelika font chacune une demande de divorce.

Abraham Bijur, le mari bafoué qui doit se faire aider par un psychiatre, est moins complaisant que Doris Best. Il envisage un procès contre Freud pour extorsion de fonds, et se prépare à publier une lettre ouverte dans un grand journal de New York attaquant la conduite immorale du docteur viennois, qu’il qualifie de charlatan au passage, et ses dérives par rapport à l’éthique médicale, pour avoir brisé deux familles sans se préoccuper des avis ni des souffrances des principaux intéressés. Freud, informé du billet d’humeur, le juge fou, et répond que chaque être humain a droit à la gratification sexuelle et à l’amour tendre s’il ne les a pas trouvés avec son conjoint, rhétorique qui n’est pas un compliment pour celui d’Angelika, ni pour l’épouse de Frink.[3] En mai 1922 Abraham Bijur meurt opportunément avant la publication de son libelle, ce qui met fin à toute menace de procès.

Angelika hérite, et le divorce n’a pas à être prononcé.

 

Quelques semaines plus tard, Horace Frink, atteint d’une dépression majeure à forte charge de culpabilité, doit reprendre une dose d’analyse viennoise. Mais son état mental se dégrade encore chez Freud. Fin 1922, pendant cette nouvelle analyse, il présente une décompensation sévère, avec délire, hallucinations, dépersonnalisation, de gros troubles de l’humeur alternant détresse et agitation qui obligent Freud à le faire contenir physiquement et surveiller. À Abram Kardiner — d’abord analysé par Frink puis, à la même époque que lui, 19 Berggasse — Freud montrera deux photographies, l’une prise avant l’analyse, l’autre après. Sur la dernière Frink, défait, lamentable, avait perdu plus de 20 kilogrammes en quelques mois. Kardiner est stupéfait, mais pour le soulager Freud s’explique : « voilà ce que fait l’analyse ! »[4]

 

Mais les élections à la société de New York approchent et il faut précipiter les événements. Dès lors, le 23 décembre 1922, Sigmund Freud déclare soudain à son malade que tout est terminé, qu’il est guéri, qu’il contrôle sa névrose — en dépit de toute évidence —, et donc doit se marier, maintenant que les conditions du bonheur sont réunies grâce à son analyse. De fait, quatre jours plus tard, la financière Angelika Bijur épouse enfin à Paris Horace Frink, lequel est dans un état pitoyable de stupeur et de prostration. En janvier 1923 Horace Frink est quand même élu président de la société, et l’entreprise politique est achevée. Brill ayant été écarté grâce à différentes pressions occultes, les coudées sont franches et, dès son retour d’une lune de miel en égypte, Frink reçoit de Vienne l’ordre de réorganiser une société psychanalytique qu’il faut mettre au pas. Ce que Frink va servilement exécuter, du moins pendant quelques temps.

 

J’ouvre ici une parenthèse pour un exemple. Quand au début de cette année 1923 Clarence Oberndorf voulut participer au comité de réorganisation de cette société psychanalytique de New York, il s’entendit dire qu’il n’était pas le bienvenu. Oberndorf protesta mais Frink, homme lige de Freud dont il suivait les directives, resta campé fermement sur les positions du chef et rejeta l’indésirable, en lui répondant : « Freud ne veut pas de vous ici. »[5] Pour quelles raisons ?

En octobre 1921 l’analyse didactique du psychiatre Clarence Oberndorf par Freud avait bien mal commencé, car il ne connaissait pas les habitudes de la maison. Dès la première séance Oberndorf, un homme du sud des États-Unis élevé par une nourrice noire, fit état d’un rêve où il se voyait sur une charrette tirée par deux chevaux, l’un blanc, l’autre noir. Interprétation du maître : il ne pourra jamais se marier, car il sera incapable de choisir entre une femme blanche et une noire… La première erreur d’Oberndorf fut de critiquer cette révélation, et donc de mettre Freud en colère. Ils vont ainsi chicaner âprement pendant des mois, jusqu’à ce que Freud, lassé, mette fin à l’analyse et le renvoie, le 25 février 1922. Il n’eut droit qu’au mépris du Professeur pendant son analyse : « parmi les américains, le pire est Oberndorf […] il paraît stupide et arrogant… » écrira-t-il à Jones.[6] On ne doit pas contester Freud, à aucun moment. Mais surtout l’autre erreur d’Oberndorf fut de s’opposer à l’analyse par des non médecins, et de se placer du côté de Brill (avec lequel il avait fondé la société de New York en 1911), donc contre Freud dans la politique de contrôle à distance de la société par sa créature Horace Frink.

 

            Abraham Bijur était décédé en mai 1922, avant le remariage d’Angelika, et en mai 1923 Doris Best meurt à son tour de désespoir et d’une infection pulmonaire. Les deux enfants sont alors confiés à leur père Horace. L’équilibre mental de ce dernier se dégrade encore, notamment à l’automne 1923. Frink « semble avoir succombé à quelque psychose », écrira Freud rétrospectivement[7] alors qu’il l’avait déclaré guéri fin 1922.

Toute la société de New York est déjà informée des conditions du mariage arrangé par le Viennois pendant la querelle de pouvoir, et de l’état mental de Frink, car Freud, toujours aussi indiscret, faisait état du contenu de son analyse à Abraham Brill depuis 1921. Puis en mars 1924 Brill doit lire devant les sociétaires, en l’absence du président Frink qu’il remplace, une lettre de Freud rapportant son incapacité mentale. Frink apprenant sa bonne fortune, annoncée en public dans un tel lieu par son premier analyste informé par le plus grand de tous, s’effondre alors et se fait admettre chez Adolph Meyer, dans l’institution psychiatrique de l’hôpital Johns Hopkins à Baltimore.

Angelika, de son côté, est atteinte d’un état dépressif et part en Scandinavie avec les enfants, tandis que Frink continue sa dégradation, dans un mélange de remords et de colère contre Freud, ne comprenant pas qu’il lui ait assuré fin 1922 qu’il était guéri. Angelika demande le divorce en juillet 1924, puis Horace Frink tente plusieurs fois de mettre fin à ses jours par différents moyens, dont une grave section artérielle. En 1925 le divorce est enfin prononcé. Frink reprend ses enfants, et continue la pratique psychanalytique. Mais d’hospitalisations psychiatriques en rechutes graves, il finira par mourir dans un hospice à 53 ans, en avril 1936.

Un an avant sa mort, Horace Frink répondit malgré tout, à sa fille Helen qui lui demandait s’il avait un message à transmettre à Freud : « dis-lui qu’il était un grand homme, même s’il a inventé la psychanalyse »…[8] Nous avons là comme un écho étrange du dernier message de Viktor Tausk à son maître Freud, rédigé quelques instants avant son double suicide : « je vous remercie pour tout le bien que vous m’avez fait », écrivit-il, « votre œuvre est géniale et grande, je prendrai congé de cette vie en sachant que je fus l’un de ceux qui assistèrent au triomphe de l’une des plus grandes idées de l’humanité. »[9]

 

Le pouvoir était en jeu dans cette affaire, certes, mais aussi l’autre nerf de la guerre.

En effet. Dans un courrier de 1916 à Sandor Ferenczi, Sigmund Freud, rapportant avec amertume la situation financière de son clan, avait déjà fait un accès de colère et de jalousie à propos d’une donation substantielle (équivalant à plusieurs millions de dollars actuels) de la famille Rockefeller à Carl Jung, lequel était parvenu « à instaurer le lien recherché avec l’argent américain. »[10]

Son Altesse Royale Marie Bonaparte, héritière princière et du casino de Monte-Carlo, Dorothy Burlingham de la famille des joailliers Tiffany, la famille de Ruth Mack-Brunswick, dont le père Julian fut un juge très généreux et ami personnel du président Roosevelt, le milliardaire Max Eitingon, Muriel Gardiner, Masud Khan, soi-disant prince du Pakistan, et puis d’autres ont tous largement contribué par leurs fortunes à l’expansion du mouvement. Le riche brasseur industriel Anton von Freund fut un de ces nombreux mécènes que Freud avait placés sur son divan. Il légua 11.000 couronnes à Freud. Après la disparition de von Freund en janvier 1920, Abraham Brill offrit à son tour 1800 dollars. Puis Max Eitingon — qui succéda à von Freund au Comité secret —, lui avait remis un million de couronnes.[11] Mais ce n’était toujours pas suffisant pour Freud, car écrivait-il « nos frais vont augmenter, mais il n’y a pas d’aide, nous avons besoin d’argent : de l’argent –de l’argent. »[12]

Il était depuis longtemps évident pour Angelika Bijur, comme il l’avait été pour feu son mari Abraham, que Freud avait poussé au mariage comme un moyen de financer son mouvement et d’accroître son emprise dans l’expansion aux USA. Elle payait tout depuis le début : pour que Frink poursuive sans souci son travail quand il en était capable, sa psychanalyse à Vienne, ses déplacements, ses frais d’hébergement à l’hôtel, sa propre analyse par Freud avec des honoraires énormes, suffisants pour l’entretenir deux années, et les factures des hospitalisations d’Horace. Elle comprend enfin : « je n’ai pas encore rencontré un seul analyste qui ne me paraisse manifestement névrosé, perdu dans sa théorie et incapable de composer avec la vie. »[13] Hormis sans doute certains aspects de la vie. Quand, au printemps 1924, Angelika informa Freud que son mariage avec Horace était en train de virer au chaos, le télégramme lui répondant de Vienne n’était plus susceptible de la détromper : « vraiment navré. Ce en quoi vous avez échoué est l’argent. »[14] Angelika B. était, bien qu’il l’eut analysée, sans doute un obstacle pour Freud, car clairvoyante, elle « était intraitable sur les questions d’argent ».[15] De son côté le Viennois était, au moins à cet égard, très réaliste, et dès 1909 il avouait à son futur concurrent en la matière, Carl Jung, « surtout ne pas vouloir guérir, apprendre et gagner de l’argent ! Ce sont les représentations de buts conscients les plus utilisables. »[16]

 

En novembre 1921 Freud s’était fait extrêmement pressant auprès de Frink assujetti sur le divan, dans des interprétations très persuasives : « puis-je vous suggérer que votre idée selon laquelle Mrs B. [Angelika Bijur] aurait perdu une partie de sa beauté peut être interprétée comme une perte de son argent ? Votre complainte comme quoi vous ne pouvez maîtriser votre homosexualité implique que vous n’êtes pas encore conscient de votre fantasme de faire de moi un homme riche. Si les choses se déroulent convenablement, transformons ce don imaginaire en contribution réelle au financement de la psychanalyse. »[17]

Ce mariage était donc prévu pour enrichir la cause. Mais enfin, écrira-t-il plus tard, « à quoi servent les Américains, s’ils n’apportent pas d’argent ? Ils ne sont bons à rien d’autre. Mon effort pour leur donner un chef en la personne de Frink, qui a si tristement avorté, est la dernière chose que je ferai jamais pour eux […] Frink me semblait avoir un esprit clair et une belle intelligence. J’avais placé tous mes espoirs dans sa personne, bien que ses réactions en cours d’analyse fussent de nature psychotique. »[18]

Dans cette lettre à Ernest Jones le ton de Freud est furieux, mais il n’a aucun remords, son intention était pure — sans doute avait-il ici, comme dans l’affaire Fleischl von Marxow, « les meilleures intentions du monde »[19] —, et il est en règle avec sa conscience.

S’agissait-il d’une extorsion ? En tout cas deux familles — dont Freud ne tint aucun compte — et l’équilibre mental de Frink avaient été ruinés, puis les deux époux abandonnés étaient morts. De toutes façons, estimait Sigmund Freud, il n’y a pas de scrupule à avoir, car « l’affaire n’était pas si mauvaise en un sens moral… »[20]

Encore une fois ce cynisme nous fait demander avec Frederick Crews si « le discernement de Freud et l’analyse ont jamais fonctionné avec suffisamment d’indépendance par rapport à ses désirs. »[21] »

 


[1] Roazen, 1975: 378 sq. L’essentiel se trouve dans Edmunds (Lavinia) 1988 (article que reprend Crews, 1998: Unauthorized Freud Doubters… pp 260-276, avec des commentaires). Cf. aussi Esterson, 1993: 121 sq., et Crews, 1995 (Memory wars…): 38 sq..

[2] Lettre de Freud à Jones 11-12/05-1922.

[3] Crews, 1998: 264 & 268.

[4] Roazen, 1975: 379.

[5] Kardiner, 1977: 121; cf. aussi Sulloway, 1991: 270-271.

[6] Lettre de Freud à Jones, 9/12-1921.

[7] Lettre de Freud à Jones 12/08-1924.

[8] Helen Frink Kraft, citée par Crews, 1998: 261.

[9] Tausk à Freud, 3/07-1919 (in Rodrigué, 1996, vol.2: 207).

[10] Lettre de Freud à Ferenczi, 29/04-1916. Voir Noll, 1997: 236, et ici le chapitre Légende hagiographique.

[11] Freud à Jones 13/05-1920.

[12] Freud à Jones 16/07-1920. En 1924, Samuel Goldwyn de la Metro-Goldwyn-Meyer — qui avait commencé sa carrière en vendant des couches culottes — proposa à Sigmund Freud, ‘‘le plus grand spécialiste mondial de l’amour’‘, 100 000 dollars (l’équivalent d’un bon million de dollars 1990) pour la rédaction d’un scénario destiné au cinématographe sur les grands épisodes amoureux de l’histoire, ou sinon pour ‘‘venir en Amérique participer à une campagne visant à toucher les cœurs de la nation’‘ (cité par Gay, 1988, vol 2: 143), ce que l’illustre Viennois, malade, refusa.

[13] Angelika Bijur à Adolph Meyer, in Crews, 1998: 270 (Meyer était un célèbre psychiatre qui, après avoir été son enseignant, soigna Horace Frink aux états-Unis, et devint un familier d’Angelika).

[14] Crews, 1998: 270.

[15] Lettre de Freud à Jones 25/09-1924.

[16] Lettre de Freud à Jung 25/01-1909.

[17] Lettre de Freud à Frink, novembre 1921 (in Crews, 1998: 270) italiques miennes.

[18] Freud à Jones 25/09-1924 (c’est moi qui souligne).

[19] Gay, vol 2: 309n. L’affaire Fleischl von Marxow est exposée ici dans le chapitre: la Potion Magique.

[20] Lettre de Freud à Jones, 6/11-1921.

[21] Crews, 1995, memory wars: 39.