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Lettre ouverte à Monsieur le Premier Ministre de la République Française, Manuel Valls au sujet de la sécurité.

22 novembre 2015 Laisser un commentaire

Monsieur le Premier Ministre,

Vous reprenez le slogan de Jean-Marie Le Pen :

« La sécurité, première des libertés ».

Voici notre réponse :

La sécurité c’est un droit. Les citoyens, tous quelles que soient leurs origines, on droit à la sécurité de leurs personnes et de leurs biens.
Un droit formulé par une loi, dans sa logique, exprime toujours une interdiction. C’est-à-dire qu’une loi pour avoir un contenu et donc une signification qui soit applicable dans le réel, doit décrire des limites identifiables par tous. Une loi « sans limites » (?) identifiables ne nous dit rien sur ce que nous pouvons faire ou ne pas faire, donc elle ne dit rien du tout. Définir des lois sécuritaires dans un état démocratique, consiste donc à définir les limites de la sécurité. Ce qui implique que la sécurité ne peut pas être illimitée…
Le but ultime de l’Etat de droit (dans une société démocratique) est l’éradication de la violence laquelle est corrélée à la protection des citoyens, donc à leur sécurité. Mais si, comme nous venons de le dire cette sécurité ne peut être illimitée, (en s’étendant partout dans la société), et pour toutes les actions des citoyens, un gouvernement ne peut donc lui-même étendre les moyens de sécurité à l’infini, ou du moins de telle façon que ces moyens englobent la société et tous les actes qui s’y produisent, dans leur totalité (…).
Monsieur le Premier Ministre, si vous pensez et s’il est dans vos projets d’étendre encore les mesures de sécurité dans notre pays, sachez que par nature, l’être humain préfèrera toujours un Etat minimal à un Etat paternaliste, et que, s’il le faut, il trouvera toujours les moyens de se libérer des chaînes dans les lesquelles on souhaite anhilier ce qui fait partie du « propre de l’homme » : être libre. Car, Monsieur le Premier Ministre, la liberté c’est comme la vie ou la vérité (…), cela trouve toujours un chemin. Toujours.
Respectueusement,
Patrice Van den Reysen (Enseignant).

*   



Un Loup n’avait que les os et la peau,

Tant les chiens faisaient bonne garde.

Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,

Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.

L’attaquer, le mettre en quartiers,

Sire Loup l’eût fait volontiers ;

Mais il fallait livrer bataille,

Et le Mâtin était de taille

À se défendre hardiment.

Le Loup donc l’aborde humblement,

Entre en propos, et lui fait compliment

Sur son embonpoint, qu’il admire.

« Il ne tiendra qu’à vous beau sire,

D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.

Quittez les bois, vous ferez bien :

Vos pareils y sont misérables,

Cancres, hères, et pauvres diables,

Dont la condition est de mourir de faim.

Car quoi ? rien d’assuré : point de franche lippée ;

Tout à la pointe de l’épée.

Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. »

Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?

– Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens

Portants bâtons, et mendiants ;

Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :

Moyennant quoi votre salaire

Sera force reliefs de toutes les façons :

Os de poulets, os de pigeons, sans parler de mainte caresse. »

Le Loup déjà se forge une félicité

Qui le fait pleurer de tendresse.

Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.

« Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ? rien ? – Peu de chose.

– Mais encore ? – Le collier dont je suis attaché

De ce que vous voyez est peut-être la cause.

– Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas

Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?

– Il importe si bien, que de tous vos repas

Je ne veux en aucune sorte,

Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »

Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor. 

(Jean de La Fontaine).