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John C. Eccles (Prix Nobel de médecine) et Karl Popper.

13 février 2015 Laisser un commentaire

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John C. Eccles :
« Jusqu’en 1945, j’entretenais, à propos de la recherche scientifique, les idées conventionnelles suivantes : premièrement, les hypothèses résultent de la collecte scrupuleuse et méthodique de données expérimentales. Il s’agit de la conception inductiviste de la science, qui remonte à Bacon et Mill. La plupart des scientifiques et des philosophes croient encore que c’est là la véritable méthode scientifique. Deuxièmement, les qualités d’un scientifique sont évaluées en fonction de la fiabilité des hypothèses qu’il a développées, celles-ci devant forcément être élargies par l’accumulation de nouvelles données, et servir aussi – comme on l’espérait – de fondements fermes et sûrs pour de nouveaux développements théoriques. Un scientifique préfère parler de ses données expérimentales, et considérer les hypothèses comme de simples échafaudages. Finalement – et c’est le point le plus important -, il est extrêmement regrettable, et c’est un signe de défaillance, qu’un scientifique s’engage en faveur d’une hypothèse réfutée par de nouvelles données, au point qu’on doive en fin de compte l’abandonner complètement.
C’était mon problème. J’avais longtemps défendu une hypothèse, avant de comprendre qu’elle devrait être vraisemblablement rejetée et cela me déprimait énormément. (…) À présent, je peux me réjouir de la falsification [réfutation] d’une théorie de prédilection, car une falsification de ce genre représente un succès scientifique. »
Karl Popper :
« Ce dernier point est important : nous apprenons toujours beaucoup de choses dans une falsification. Nous n’apprenons pas seulement que la théorie est fausse, mais pourquoi elle l’est. Et, surtout, nous faisons la conquête d’un problème nouveau et mieux appréhendé ; et un nouveau problème constitue, – nous le savons déjà – le point départ authentique d’un nouveau développement scientifique. »
(In : Karl Popper. « Toute vie est résolution de problèmes ». Edition Actes Sud.1997, pages 29 – 31).
Rappelons que Eccles et Popper ont écrit conjointement un livre intitulé « Le soi et son cerveau » (« The self and its brain »), traitant des problèmes corps-esprit, c’est-à-dire des relations entre le système nerveux central (le « corps »), et la conscience (« l’esprit »). Ils proposent un modèle « dualiste interactionniste » qui suppose qu’il n’y a pas identité entre les phénomènes mentaux et les phénomènes neuronaux, mais séparation (d’où l’idée de dualisme)  avec pourtant influence de la conscience sur le cerveau. Le corps et l’esprit serait donc en interaction. Ce modèle s’oppose radicalement à celui défendu, par exemple, par Changeux.
Catégories :John C. ECCLES, Karl POPPER.