Archive

Archive for the ‘John D. Rockefeller.’ Category

"L’or noir. La grande histoire du pétrole". (Matthieu AUZANEAU).

14 décembre 2015 Laisser un commentaire
Cher(e)s récalictrant(e)s éclairé(e)s,

J’ai l’impression que pour citer tout le florilège d’informations accablantes que contient cet ouvrage, il faudrait en citer chaque page, jusqu’à la fin… Je n’en ai lu pour l’instant que le début, mais la lecture s’est révélée d’emblée passionnante. De surcroît, il comporte une mulitude de références précises et de notes. Un ouvrage sérieux, qu’il faut lire à mon avis, pour être informé correctement sur un si vaste problème.

En tout cas, voici tout de même quelques extraits, et ce ne sont pas les plus accablants que j’ai pu choisir, parmi ceux que j’ai déjà pu lire. Je vous laisse donc découvrir le reste par vous-mêmes.

*


« Jusqu’ici, la population irakienne était l’une des plus riches et des mieux nourries parmi les nations non occidentales. Avec l’embargo, le taux de chomâge grimpe rapidement à 50% de la population, et atteint plus de 70% dans le secteur industriel. Le revenu annuel par habitant chute de 2700 dollars en 1989 à moins de 500 dollars à la fin des années 1990, faisant brutalement régresser l’Irak au fin fond du classement des pays les plus pauvres de la planète. (p. 491).

« Quelles qu’aient pu en être les finalités profondes, la destruction des infrastructures vitales de l’Irak au cours de l’opération « Tempête du désert », le blocage de leur remise en état et l’insuffisance, enfin, des fruits de la vente de pétrole aboutissent effectivement à la décimation de la populatin irakienne. En 1999, l’Unicef estimera que près de 500 000 enfants irakiens de moins de cinq ans sont morts de maladie ou de malnutrition entre 1991 et 1998 directement à cause des sanctions. Bagdad évaluera en 2002 le bilan à 1,7 millions d’enfants morts. Ces chiffres circulent déjà lorsque, le 12 mai 1996, une journaliste de « 60 minutes », l’émission phare de la chaîne américaine CBS, interroge la chef de la diplomatie du président Clinton, Madeleine Albright : « Nous avons entendu dire qu’un demi-million d’enfants irakiens sont morts. C’est plus qu’à Hiroshima. Est-ce le juste prix à payer ? » Sans sourciller ni marquer un instant d’hésitation, Madeleine Albright répond : « Je pense que c’est un choix très difficile, mais le prix, nous pensons que c’est le juste prix à payer ». (p : 494 – 495).

Au menu de la France, farandole d’affaires sur lit d’or noir.

Les élites politiques d’une puissance industrielle de second ordre, la France, participent allègrement au menuet systématique de l’argent sale du pétrole. L’or noir n’est pas le seul vecteur d’achat d’influence, mais c’est le plus puissant de tous. Les années 1990 grouillent d’affaire politico-financières étroitement liées aux intérêts pétroliers. Il y a l’Irak d’abord, avec la branche française du scandale du porgramme « Pétrole contre nourriture », au cours duquel seront notamment mis en examen (et blanchis, faute d’éléments probants) l’ancien ministre de l’intérieur Charles Pasqua et le patron du groupe Total, Christian de Margerie. Il y a l’affaire dite « de Karachi », qui concerne les contrats de vente de frégates à l’Arabie Saoudite et de sous-marins au Pakistan, et dont des rétrocommissions auraient servi à financer la campagne présidentielle du gaulliste Edouard Balladur en 1995. Il y a l’affaire dite de l »Angolagate » : la vente en 1994 de 780 millions de dollars d’armes d’origine russe au mouvement MPLA pseudo-marxiste reconverti à l’ultralibéralisme du président angolais José Eduardo Dos Santos. Cette vente est intervenue à un moment décisif de deux décennies d’une guerre civile abondamment nourrie par l’argent du pétrole. Elle donnera lieu à la condamnation de trente-six personnes en 2009. Parmi elles figurent le fils du président François Mitterand, Jean-Christophe (qu’en Afrique on surnomme « Papamadi »), ainsi que le ministre du l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua. (…) Enfin, il y a l’affaire « Elf Aquitaine », du nom de la grande compagnie pétrolière publique française. Ce scandale tentaculaire demeure l’épisode marquant ayant permis d’entrevoir les rouages de la « Françafrique », sytème opulent de corruption et de financement politique dont les racines remontent à la décolonisation : le « plus long scandale de la République ». (p. 505 – 506).

(…)