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Archive for the ‘La psychanalyse et l’Argentine.’ Category

La psychanalyse en Argentine, une histoire singulière. (Et aussi au Brésil, notamment….).

L’article sur le site de l’AFIS.

Extrait :

« L’examen des rapports des psychanalystes avec le pouvoir contredit les affirmations d’une historienne française selon lesquelles « la psychanalyse fut partout et toujours interdite d’enseignement et de pratique par tous les pouvoirs dictatoriaux  » et que « plusieurs représentants [de la psychanalyse] furent persécutés, exterminés, torturés à cause de leurs idées3 ». En effet, Plotkin montre que les régimes militaires argentins ont persécuté des ouvriers, des militants politiques, des enseignants, des sociologues et des psychologues, mais très peu de psychanalystes : uniquement ceux qui étaient politiquement engagés. Bien plus, « la diffusion massive de la psychanalyse se produisit précisément durant les années 1960 et 1970, alors que le pays était gouverné par des dictatures militaires ou des régimes démocratiques faibles qui restreignaient les libertés publiques  » (p. 353). La principale leçon qu’on retient est que la grande majorité des psychanalystes se sont retranchés derrière « la neutralité analytique » et sont restés confinés dans leurs cabinets. Certes, on peut interpréter le freudisme comme une théorie qui conteste l’ordre social, mais force est de constater que « le développement historique de la psychanalyse dans le monde démontre qu’elle peut être manipulée à des fins très diverses. Elle peut être intégrée à la culture dominante, ou contribuer à définir ce qui ne peut être remis en question  » (id.). En Argentine, nombreux sont les psychanalystes qui ont prôné des idées conservatrices sur la famille, la société et l’individualisme. Certains, comme Rascovsky, membre fondateur de l’APA, ont même prêté main forte aux militaires en affirmant que « le terrorisme est une maladie  » causée par « la crise de la famille traditionnelle  » (p. 350). »

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Voir aussi, sur ce blog, le cas d’Amicar Lobo Moreira sous la dictature militaire au Brésil…

D’autres précisions sur Amilcar Lobo Moreira, par Helena Besserman Vianna.

Sur la liste des tortionnaires.

Wikipédia.fr :

« Amilcar Lobo Moreira da Silva était un médecin et aspirant-psychanalyste brésilien, qui participa activement aux séances de torture lors de la dictature militaire, en particulier pendant la première moitié des années 1970. Décédé depuis, il est survécu par sa veuve, Maria Helena Gomes de Souza. Révélée dès les années 1970, l’affaire ne prit toute son ampleur que dans les années 1980, le rôle de l’International Psychoanalytical Association (IPA), qui s’abstint de le condamner officiellement jusqu’à 1995, demeurant aujourd’hui encore controversé. »

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« Histories of psychoanalysis under conditions of restricted political freedom ». Edited by Joy DAMOUSI and Mariano BEN PLOTKIN.

Extrait :

« For those who consider psychoanalysis a libertarian doctrine, the coincidence of a major upsurge in psychoanalysis alongside  a periode of powerful political repression may seem paradoxical. For others the situation could indicate a distorsion in the way psychoanalysis was praticed during the military regime. A third group, which sees depoliticization as an inevitable side effect of psychoanalysis, since it invariably works through the « psychologization » of social life, would see nothing untoward  in the success of psychoanalysis during a repressive regime. »

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Controverse sur le cas Amilcar Lobo au Brésil. Une conférence de Larry RICKELS : « Psychoanalysis and torture ».

« Moralité » : on peut toujours parvenir à défendre l’indéfendable…avec l’indéfendable. (Les ressources rhétoriques que fournit la psychanalyse sont donc bien (frauduleusement) inépuisables). Il ne s’agit plus de noyer le poisson, mais de tenter d’étouffer une baleine, là où elle a toujours nagé! Bravo pour la « performance », en effet, c’est très « brillant »!….

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Jane A. RUSSO.

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Werner KEMPER, psychanalyste du régime nazi.

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Sous le régime de Franco, en Espagne, la psychanalyse se portait très bien aussi :

Extrait :

« 3 Psychoanalysis in Franco’s Spain (1939–1975): Crónica de una “agonía” anunciada

Anne-Cécile Druet

Anne-Cécile Druet’s chapter charts the practices, polices, and organization of psychoanalysis in Franco’s Spain. During this dictatorship the first Spanish psychoanalytical society was created and recognized by the government. This occurred despite the anti-Freudian stance of the psychiatric establishment. Druet demonstrates that the strategic silence of leading Spanish psychoanalysts enabled psychoanalysis to quietly develop and be publicly tolerated in Spain at this time. When psychoanalysts were persecuted, however, it was for their political views and ethnic background, not for their theoretical beliefs, even when these theoretical beliefs opposed the values promoted by the regime. Druet argues that the need for compliance by psychoanalytic groups under Franco and their lack of interest in Lacan meant subsequent generations rejected their psychoanalytic practice and as being part of the crumbling dictatorship’s psychiatric world.

Keywords: Franco, Spain, Spanish IPA, psychoanalysis, Lacan »