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La vie et le déterminisme.

24 septembre 2012 Laisser un commentaire

Pour « les psychanalystes-visiteurs-et-s’autorisant-d’eux-mêmes » :

Un « univers de propensions », vécu par des individus qui sont eux-mêmes, et entièrement, des propensions. La vie sur terre ne consisterait-elle qu’à gérer, heure par heure, ou même seconde par seconde, l’incertitude ? Nous sommes pourtant capables de faire de très bonnes prédictions, à court terme, voire même sur des périodes plus longues. Lorsqu’elles nous paraissent réalisées, par contre, nous ne nous doutons pas le plus souvent que nous ne faisons qu’accepter un niveau tout relatif de précision dans ces réussites, donc aussi un niveau d’échec de nos prédictions.

Le plus souvent, nous n’avons même pas le temps de réfléchir à ce niveau d’imprécision, à cet échec, et aux conséquences qui y sont liées, après qu’un projet nous ait permis de penser à une prédiction, de la réaliser, puis de la réussir. Ceci implique que toute prédiction réussie crée toujours de nouveaux problèmes dont nous ignorons la portée exacte des conséquences.

Un esprit particulièrement compétent pourrait tenter de déduire a priori quelques conséquences possibles si une prédiction au contenu complexe pouvait réussir, mais pourrait-il les prédire toutes ? Non, c’est logiquement impossible. Car, pouvoir toutes les prédire, signifie les prédire en satisfaisant a priori au « principe de responsabilité renforcé » dont parle Popper (Cf. « L’univers irrésolu. Plaidoyer pour l’indéterminisme »), c’est-à-dire avoir résolu, avant la prédiction, tous les problèmes liés à la précision du calcul … de la précision des conditions initiales! Autrement dit, connaître déjà le résultat.

Et pourquoi cela consisterait-il à connaître déjà, ce résultat ? Tentons un exemple :

Si l’on prétend prédire avec un degré de précision absolu à tous les niveaux du projet de prédiction, le comportement d’un objet particulier, alors, non seulement il est clair que tous les problèmes liés aux variations de comportement de cet objet, sont déjà connues, quelles que soient les conditions initiales choisies. Mais en outre, il devient aussi clair que si nous pouvions accéder à ce type de connaissance, pour un objet, disons dans des conditions initiales particulières P, et avec toutes la précision que nous souhaiterions à l’avance, pourquoi et comment d’autres conditions initiales de prédiction pourraient-elles être même seulement envisageables ? Car, si l’on avait cette connaissance a priori absolue des conditions initiales dans un cas « P », cela impliquerait aussi que nous serions en mesure de maîtriser tous les autres paramètres susceptibles d’entrer en relation et de déterminer aussi notre calcul de la précision dans le calcul des conditions initiales particulières liées à P.

Tout l’univers, serait donc connu a priori. Sachant que nous-mêmes nous pouvons toujours influer sur les conditions initiales, dans la perspective énoncée auparavant, la situation impliquerait que tout disparaîtrait a priori : personne n’aurait jamais su si seulement l’univers avait été connaissable.

La volonté déterministe dans un sens prima faciae absolu, crée toujours, selon nous, le vide absolu.

Ou, peut-être, dans une autre mesure, il crée une forme de dogmatisme et de relativisme inébranlable. Dans les pires cas, il mène toujours à la violence.

« La vie et le déterminisme »…

Nous nous rendons compte, de ce fait, qu’étant impossible de croire en une quelconque forme de déterminisme prima faciae absolu, nous sommes obligés d’accepter, et nos imperfections, et celles des autres, et les erreurs et les problèmes que nous créons sans cesse pour nous, et pour notre entourage, ainsi que notre environnement.

Cette acceptation une fois réalisée, bien comprise, et comme intégrée en tant que « philosophie de l’existence », elle ne peut à nos yeux que nous amener à rejeter de plus en plus, voire définitivement la violence, ou même le désir de domination sur les autres, et abandonner tout aussi définitivement que la vie puisse être simplifiée, réduite, à quelques dogmes défendus par une mauvaise doctrine…

Nous croyons que la vie sur terre devient de plus en plus complexe parce que nous créons sans arrêt des problèmes d’un niveau de complexité inédit. Nous croyons aussi qu’il nous est impossible de faire machine arrière, de « revenir au passé », là encore pour des raisons de stricte logique. Nous sommes obligés d’avancer, et de laisser sur le bord de la route les idéologies trop déterministes, lesquelles disparaîtront d’elles-mêmes, de toute façon tôt ou tard.

La psychanalyse disparaîtra. Cela nous semble inéluctable si elle n’abandonne pas ses croyances déterministes que du reste elle ne pourra pas abandonner. Il sera peut-être affligeant de constater, après-coup que sa disparition ne fut pas tellement provoquée par les efforts de la raison, mais qu’elle ne fut qu’une question de temps..

Avec son déterminisme délirant, la psychanalyse fait disparaître l’individu humain pour ne laisser la place qu’à elle-même, tout comme si un « déterminisme scientifique » prima faciae et absolu était réalisable, il ferait lui aussi tout disparaître.