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LADD-FRANKLIN et DUNLAP.

« C’est en vérité une chance qu’un psychologue ait le courage et l’énergie de dénoncer, en termes décents, les absurdités de la doctrine freudienne – mieux nommée, avec sa censure et ses autres différentes incarnations délirantes, mythologie freudienne. Ce mode de pensée est tout autant une prostitution de la logique – de la lucidité et de la méthode scientifique – que de la décente moralité. Beaucoup de gens le savent, mais peu ont la volonté d’éplucher la littérature, jusqu’à pouvoir écrire sur le sujet d’une main experte, comme l’a fait le professeur Fite. […] La personne qui lit la littérature freudienne sera d’accord avec Voss (dans le Manuel d’Aschaffenburg, 1915), qui termine en citant, et en l’approuvant, la conclusion de Hoche : “les doctrines de la soi-disant psychanalyse ne sont soutenues ni en théorie, ni en pratique, son effet thérapeutique n’est pas prouvé, sa contribution à la psychiatrie est nulle, elle donne l’impression d’une méthode non scientifique, sa pratique est dangereuse pour le patient et compromettante pour le médecin [les italiques sont de moi] et en fin de compte, elle n’a d’intérêt que pour l’histoire de la culture”. Ce jugement dans son ensemble reflète “l’analyse” exacte et correcte de la situation […]. À moins que des moyens ne soient rapidement trouvés pour empêcher sa propagation (on compte maintenant de nombreux ouvrages destinés au grand public, de même qu’au médecin et au scientifique), le pronostic pour la civilisation n’est guère favorable »  (Ladd-Franklin, 1916, p. 373-374).

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« Une bonne partie de la combine, pour amener le domaine neuromédical vers le freudisme, consiste à attribuer plusieurs significations différentes à un même mot. Le terme que j’évoque – libido – fut d’abord utilisé dans son sens réel, mais dans les formes plus récentes de la doctrine, il en est venu à signifier (entre autres) les concepts de “nature inconnue”, d’énergie de vie hypothétique, “d’énergie cosmique ou de désir” et aussi (bien sûr!) l’élan vital de Bergson. […] Une fois que l’on s’est convaincu qu’un mot, ayant au départ une signification bien connue, peut facilement signifier n’importe quoi d’autre, il n’y aura manifestement aucune difficulté pour prouver tout ce que l’on veut ». (Ladd-Franklin, 1916, p. 373-374).

« Le faux raisonnement utilisant deux sens différents d’un même mot débouche sur l’erreur logique très bien connue de l’ambiguïté du moyen terme : une des astuces préférées de la grande confrérie des penseurs malhonnêtes. En insistant tantôt sur un sens du mot, tantôt sur l’autre, on peut facilement exécuter des sauts équivoques et appliquer un raisonnement ayant une bien plus grande portée que ce que la logique pure autoriserait autrement. […] Lorsque le Freudien recourt à l’ambiguïté du moyen terme dans ses analyses, il aboutit à des interprétations captieuses répondant à son désir de disposer d’un savoir facile et définitif qui le dispense de rechercher une véritable explication scientifique ».  (Dunlap, 1920, p. 97).

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