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Luc FERRY (Récalcitrant éclairé) : "Dieu et la science".

Commentaires : 
Luc Ferry nous rappelle Emmanuel Kant (sur lequel devraient méditer encore tous les « psychanalystes-croyants-dans-l’inconscient »..) : 
« On ne peut pas déduire l’existence de la pensée » (E. Kant, Critique de la raison pure). Être n’est pas un prédicat du concept. Luc Ferry : « si bien que je définisse une table, je ne ferais jamais exister la table ». Donc (Luc Ferry) : « Ce n’est pas parce que dans l’idée de Dieu, il y a la notion d’existence, que cette idée d’un être nécessaire, fait exister cet être réellement. J’ai l’idée d’un être nécessaire (…) mais cela reste une idée de la raison. Ce n’est pas pour autant que cela va faire exister Dieu. J’ai l’idée d’un être qui existe, et un être qui existe n’est pas la même chose. »
Donc, et comme nous l’avons déjà souligné a maintes reprises sur nos divers blogs : ce n’est pas une idée tout aussi « rationnelle » soit-elle d’un « inconscient » ou d’un « refoulé » (inconscient) qui apporte de plein droit la preuve de l’existence (réelle) de cet inconscient ou de ce refoulé. La cohérence d’un discours sur des choses, aussi impressionnante et convaincante qu’elle puisse être, et même, accompagnée de « confirmations » (lues à partir de ce discours), n’en constitue jamais la preuve valide de sa portée sur le réel qu’elle prétend décrire.
Les psychanalystes sont donc toujours dans l’erreur de Hegel : non, tout ce qui est rationnel n’est pas immédiatement réel (ou inversemement) comme le croyait Hegel. Et Kant avait raison : « nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes ». Remplir une idée de l’existence d’une chose (comme l’inconscient, ou le refoulé inconscient, etc.), avec d’autres idées sur la façon dont la première doit être remplie, ne remplit toujours pas la première de « réel ». Elle reste désespéremment vide, et si j’ose dire, la « raison reste pure » ou strictement métaphysique.
Les psychanalystes peuvent continuer (et ils continueront..) de définir, redéfinir, ad nauseam, l’inconscient, le refoulé, etc. ; tant qu’ils n’auront pas fournit de preuves indépendantes et contrôlées de manière extraclinique et intersubjective de ce qu’ils avancent, alors, leur « inconscient », leur « refoulé », en resteront toujours au stade de l’idée (métaphysique) qui se confirme à tout coups, certes, mais qui n’est prouvée par rien
Il n’y a donc toujours pas de « psychanalyse » qui soit en mesure de prétendre rendre compte d’un quelconque réel relatif à l’âme humaine, mais seulement une sorte de religion, ou, pour être plus juste, une secte psychanalytique.
Mais surtout, ce n’est pas parce qu’une chose nous paraît « nécessaire », qu’elle acquiert du même coup, et sans preuves, le statut de chose réelle. En somme, et comme l’écrivit Sigmund Freud, mais contrairement à ce qu’il croyait, la « nécessité de l’inconscient » et la foi (…) dans cette « nécessité » ne peuvent suffire à rendre l’inconscient réel.

Cependant, voici comment pourraient s’en défendre les psychanalystes :

« mais l’inconscient n’est pas réel, puisque nous le considérons comme psychique, (donc immatériel)… Et de ce fait, il n’a rien à voir avec quelque chose comme du biologique, ou des neurones, à la manière de ce qu’en pensent par exemple certains neurobiologistes de la mémoire… par conséquent pourquoi la méthode expérimentale serait-elle justifiée à son sujet ?.. ».

Cet argument n’ira pas bien loin pourtant. Pourquoi ?

Parce que dans le domaine des neurosciences, John C. Eccles, par exemple, à corroboré par d’authentiques tests scientifiques, la réalité non matérielle de la conscience, en tant « qu’esprit », et son influence sur le cerveau en tant que « corps ». Ensuite, parce que la théorie de l’inconscient des psychanalystes est rigoureusement indissociable (quoiqu’ils en disent, par mauvaise foi) de cet autre croyance encore plus délirante dans un déterminisme psychique prima faciae absolu, laquelle interdit  non moins rigoureusement tout recours à des tests indépendants pour en établir les preuves.

Ludwig Binswanger (psychanalyste) : « L’inconscient est métaphysique et nous le tenons pour réel ».