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LUCRÈCE : sur la connaissance.

16 novembre 2012 Laisser un commentaire

« Quand à ceux qui pensent que toute connaissance est impossible, ils ignorent également si elle est possible, puisqu’ils font profession de tout ignorer. Je négligerai donc de discuter avec des gens qui veulent marcher la tête en bas. Et pourtant, je veux bien leur accorder qu’ils ont sur ce point une certitude ; mais je leur demanderai à mon tour comment, n’ayant jamais rencontré la vérité, ils savent ce qu’est savoir et ne pas savoir ? D’où leur vient la notion du vrai et du faux ? Comment sont-ils parvenus à distinguer le certain de l’incertain ? Tu trouveras que ce sont les sens qui les premiers nous ont donné la notion de vérité, et que leur témoignage est irréfutable. Car on doit accorder plus de créance à ce qui est capable par soi-même de faire triompher le vrai du faux. Or, quel témoignage est plus digne de foi que celui des sens ? S’ils nous trompent, est-ce la raison qui pourra déposer contre eux, elle qui en est issue tout entière ? »

 

(In : LUCRÈCE, « De la nature », IV, 469 – 484, cité par André COMTE-SPONVILLE, « Pensées sur la connaissance », éditions La librairie Vuibert, Petits carnets de philosophie, Paris, octobre 2012, page : 33).

 

*                     *                    *

Commentaires (pour les « psychanalystes-visiteurs-et-s’autorisant-d’eux-mêmes-etc.,etc. ») :

Ce ne sont pas les sens d’un seul individu qui soient jamais capables d’être « dignes de foi », mais ceux de plusieurs, ensembles, et qui contrôlent l’évaluation de leurs propres sens de manière intersubjective, en faisant usage d’un outil de validation qui soit aussi impersonnel que possible : une épistémologie fondée sur la logique et qui ait donc évacué tout recours au psychologisme, comme celle de Karl Popper.

Dans la vraie Science, personne ne doit se fier à l’évaluation d’un seul homme sur l’observation d’une réfutation ou d’une corroboration : ce n’est pas « lui seul » qui a le droit de dire : « j’ai bien observé, c’est faux », ou « j’ai bien observé, c’est acceptable comme pouvant être corroboré ».

Cependant, plusieurs individus qui travaillent dans un but scientifique, peuvent tous se tromper. Et c’est une des raisons pour laquelle la vraie Science ne croit jamais en la possibilité qu’une réfutation ou une corroboration puisse être définitive et donc certaine.

La Raison ne dépend pas tout entière de nos sens, si l’on admet que l’on peut former des conjectures métaphysiques sans même avoir vu l’objet de recherche que l’on suppose obéir à des lois causales. Elle est même capable, sans avoir vu cet objet, de délirer complètement et d’élever son délire au rang du Réel, comme le font depuis toujours les psychanalystes. Pourtant, ce sont les premiers à vanter, à hue et à dia que nous avons des émotions, et des « sens ». On dirait que les psychanalystes croient être les premiers en c’en être aperçus.

Mais ce dont ils ne s’aperçoivent toujours pas, c’est qu’ils marchent constamment sur la tête, et voudraient aussi que les autres fassent comme eux.

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