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Marie-Jeanne MARTI. « Vous allez connaître la vraie vie ».

« Oui c’est vrai à force de boire ou de se droguer on se complique les choses… jusqu’à la mort. Pourtant il est faux de dire qu’on ne vit plus si on se drogue ou on boit. Nombre d’illustres génies étaient des addictifs de tout premier ordre, cela n’a pas empêché Baudelaire ou Van Gogh de nous laisser un patrimoine culturel mondialement connu. Pareillement, d’affreux pervers ont eu le bonheur de régner sur de grandes nations et de mourir dans leur lit en prime. Quelle morale les psys prétendent-ils donc nous enseigner quand la vie est si fondamentalement irrationnelle et injuste ? A force de laver plus blanc que blanc, les psys se bercent eux-mêmes de l’illusion que la vie d’un « guéri » est un paradis dont ils auraient la clef. Sauf que personne ne nous a encore expliqué de quoi était fait ce paradis, la religion en donne un avant goût mais c’est bien tout. »

(In : Marie-Jeanne MARTI. « Les marchands d’illusions. Dérives, abus, incompétences de la nébuleuse « Psy » française ». Éditions Pierre Mardaga, Sprimont, 2006, pages : 104 – 105).

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Commentaires :

La parole est à la défense, Pierre-Henri Castel, psychanalyste lacanien :

« (…) Mais quels que soient les aspects étranges que présentent les actes manqués et leurs corrélats, il reste que le déterminisme psychique qu’ils illustrent, s’étendant à tant de manifestations différentes, paraît changer de nature. Il se métamorphose en principe métaphysique. Car pour la science, on l’a dit, il se résume à affirmer que si tel phénomène est donné, alors tel autre suit, selon telle loi. Son expression est donc conditionnelle. En outre, la nécessité de l’enchaînement est manifestement une nécessité pensée, et introduite du dehors dans les phénomènes par le jeu des hypothèses et de leurs confirmations empiriques. Mais que se passe-t-il, quand rien n’échappe, dans le réel même des connexions mentales, aux lois d’un inconscient déterministe? La conditionnalité de l’enchaînement disparaît : tout est déterminé de façon fatale, au sens où la succession des causes et des effets ne peut nulle part être réorientée dans un sens ou dans un autre. Notre sentiment de spontanéité ne pèse alors pas plus lourd, selon le mot de Kant, que l’opinion d’un tourne-broche sur sa liberté d’action. Il est difficile, ainsi, de concilier l’ambition déterministe, donc la réalité de lois causales contraignantes dans la vie psychique (y compris dans ses manifestations ordinairement considérées comme contingentes), et l’idée d’une guérison de la névrose qui remettrait entre les mains du malade quelque chose, un mécanisme sur lequel il pourrait agir, en opérant les choix (moraux ou esthétiques) dont Freud parlait la veille. »  [http://pierrehenri.castel.free.fr/5conf1.htm#ZG]

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