Archive

Archive for the ‘Martin PINGEON.’ Category

Martin PINGEON (psychanalyste). « De l’échec de la clinique à la clinique de l’échec. »

18 décembre 2011 Laisser un commentaire

Nous nous contenterons de ne citer que les parties pertinentes de cet article. Celles qui énoncent des vérités sur la valeur de la psychanalyse. Le reste, et à l’allant de son auteur : il aurait pu intituler son article : « De l’échec de la clinique au retour vers la vénération des saintes écritures psychanalytiques ». Mais l’on pourra lire l’article dans son intégralité, en poursuivant ce lien.

*          *          *

« 1- L’échec de la clinique

Il m’est difficile de ne pas commencer sans dire quelques mots sur le malaise que j’eus lorsque le Pont freudien me demanda de présenter un cas clinique montrant le fonctionnement de l’inconscient. Ce malaise rejoignait une question qui m’interpelle depuis longtemps : comment rendre compte de la clinique psychanalytique sans ravaler la particularité de ce qu’elle cerne ?

Il est rare d’entendre ou de lire des présentations cliniques qui approchent ce à quoi elles devraient, à mon avis, répondre : cerner au plus près le réel d’une expérience subjective, puis, l’articuler. (Il n’y a jamais de véritable « réel » dans une expérience subjective de cure analytique, puisque tout est soumis à la suggestion et aux manipulations mentales de l’analyste. L’inconscient n’est pas « réel », il n’est que rationnel. Et rien de ce qui est « réel » n’est rationnel. L’inconscient n’est que « rationnel », parce qu’il n’est qu’une fabrication de mots, d’images, de délires spécifiquement psychanalytiques. L’inconscient n’est que « rationnel », parce qu’il n’est qu’une co-fabrication circonstancielle à la cure analytique ; co-fabrication qui n’est pas prouvable. Sur ce point, toute la méthode des psychanalystes consistant à attribuer de prétendues « causes psychiques inconscientes », est erronée, parce qu’elle repose, soit sur l’induction, soit sur le sophisme post hoc ergo propter hoc, soit sur les deux).

Généralement, lors des présentations de “ cas cliniques ” :

– L’analyste présente ce qu’il sait déjà. Il trouve dans le cas clinique la théorie à laquelle il adhère. (Exact : le psychanalyste ne peut que trouver partout des confirmations de ses « théories », et jamais rien d’autre que cela. C’est-à-dire, jamais de preuves indépendantes de ses théories).

– Ou encore, l’analyste feint qu’il ne sait rien. Il écoute son patient en mettant, en principe, de côté la théorie – ce qui le ramène, au pire, à la théorie de son fantasme. Cette position méconnaît la structure du discours et s’appuie sur la croyance au métalangage : penser que l’on peut se situer hors discours. (Exact : feindre de ne rien savoir est aussi une méthode de manipulation mentale. En se taisant, l’analyste renvoie par son silence son patient à lui-même. Ce dernier se trouvant tout d’un coup devant le silence, ne peut que s’interroger, et là commence la fabrication délirante de choses « psychiques » qui n’ont rien à voir avec sa personnalité. Là commence le « jeu de l’inconscient » (M. Borch-Jacobsen), c’est-à-dire l’escroquerie « thérapeutique »).

– Comme l’analyste ne peut pas ne pas user de concepts, il a, trop souvent, recours à des concepts qu’il n’a pas lui-même mis à l’épreuve. Ainsi, l’incompréhension ou l’illusion d’une signification partagée accompagnent généralement ces présentations cliniques. (Exact : la psychanalyse n’use que de délires et autres fariboles à dormir debout (voire couché sur un divan, en train de flotter grâce à « l’attention » si particulière portée par l’analyste envers son patient..). Tout n’est qu’illusion en psychanalyse).

– Autre cas de figure. L’analyste cherche à rendre compte du réel de l’expérience subjective, mais il veut aussi “ faire connaître ”, “ rendre accessible ” la psychanalyse, ce à quoi personne ne s’objectera. Mais quand cette entreprise conduit à sabrer sur la rigueur, la pente psychologisante n’est jamais bien loin. Ce type de présentation clinique procède en fait d’un marketing, ce qui bien sûr s’éloigne du vif de l’expérience analytique. (Exact : il ne s’agit pas de guérir, ni même de soigner, il s’agit de faire ingurgiter la doctrine de la secte freudo-lacanienne, et de former un nouveau « big brother » apte à s’autoriser de lui-même pour aller jouir de son emprise sur le tout un chacun. Le but d’une analyse n’est donc absolument pas l’intérêt du patient, ou de l’individu en général, mais seulement celui de… la psychanalyse. La psychanalyse tourne donc complètement le dos à tout « esprit des Lumières » et ne représente qu’une mise sous tutelle des personnes).

C’est finalement l’illusion d’être plus près de la vérité que les présentations de cas cliniques laissent miroiter. Si tel était le cas, les questions de transmission et d’enseignement de l’expérience analytique ne poseraient pas tant de difficultés !  (Exact : il faut le répéter : la valeur de la psychanalyse n’a jamais été rien d’autre qu’une illusion. L’inconscient prôné par les membres de cette secte n’est qu’une illusion).

Ces critiques, je me les adresse en premier lieu. De les poser ne diminue pas la difficulté qu’elles recèlent, mais permet peut-être de mieux la situer. (Voilà un geste fort louable d’honnêteté intellectuelle. C’est très rare chez les psychanalystes).

L’échec de la clinique procède du réel qu’elle cherche à articuler. J’entends ici par clinique le savoir du réel qui se dégage des expériences subjectives se déployant dans l’analyse, et par réel ce qui résiste à toute description, à toute (re)présentation, à toute symbolisation. Nous voyons déjà ici la difficulté : tout en faisant échec à l’articulation signifiante, le réel est ce qui oriente le travail de la cure. La mise au travail du réel, par un sujet qui est sujet justement parce qu’il y répond, fonde la spécificité de la cure analytique. (Moui…: mais aucun « réel » n’oriente le travail d’aucune cure psychanalytique).

Est-il alors impossible de témoigner de l’expérience analytique ? (On peut toujours dire ce qu’on veut de n’importe quelle expérience psychanalytique, puisque tout se passe sans témoin indépendant, et que les psychanalystes ont une trouille bleue de ceux qui tentent de les évaluer : voir « l’homme au magnétophone », et ce qui est arrivé au Rapport de l’INSERM sur l’évaluation des psychothérapies).

Oui et non. Oui, si ce témoignage procède d’un démenti du réel, non s’il s’y affronte. (Voir commentaire précédent).

Une “ présentation clinique ” ne devrait-elle pas plutôt rendre compte du réel de son échec ? (Oui, exclusivement).

Dans ce cas, il y aurait intérêts à bien définir les conditions dans lesquelles cela peut se faire sans écraser ce sur quoi se fonde l’analyse. La position de Freud est ici exemplaire : il met son ignorance au travail. Dans tous ses cas cliniques, Freud articule rigoureusement sa mise à l’épreuve du réel que recèle le discours de ses patients. (Dans tout son prétendu « travail clinique », Freud n’a jamais procédé à aucune « mise à l’épreuve » digne de ce nom. Toutes les histoires de cas de Freud ne sont que des mensonges construits de toutes pièces ; mensonges maintenus comme des vérités par un travail de désinformation des disciples de Freud. Voir, à ce sujet, l’excellent travail de Jacques Bénesteau).

À la suite de l’immense travail de défrichage de Freud, une autre condition s’impose : ne pas occulter les traits de structure de la subjectivité. Pour le dire autrement, pas moyen d’entendre un analysant sans outils de lecture ; mais surtout, pas moyens de se servir de ces outils sans les avoir mis à l’épreuve : c’est la tâche de l’analysant, ce qui inclut l’analyste lorsqu’il témoigne de son rapport à la psychanalyse. (Freud n’a rien « défriché » du tout, sauf sa propre personne, et encore, il a utilisé une technique dépassée : l’introspection, qui plus est, sans aucun témoin pour contrôler sa manière de s’introspecter…).

Ainsi, le savoir de la clinique m’apparaît difficilement pouvoir s’appréhender du lieu des “ présentations de cas cliniques ”. Ce savoir se fonde moins à partir de descriptions cliniques que par l’interrogation de ce qui fait échec aux cliniciens (ie. l’analyste et l’analysant). (??? Comment un clinicien peut-il s’interroger sur quelque chose, s’il ne dispose pas d’un minimum de descriptif de ce quelque chose ? A moins de s’interroger sur du vide, ou des inventions personnelles détachées de tout faits cliniques, il ne peut poser aucune interrogation qui repose sur un contenu). L’une et l’autre ne sont pas incompatibles, mais force est de constater que l’imaginaire inhérent à la description du cas clinique court-circuite, le plus souvent, son interrogation. (Exact : Oui, ça, il y a beaucoup « d’imaginaire » (…) dans la façon qu’ont les psychanalystes de « décrire » ce qu’ils croient ou ce qu’ils disent avoir entendu…).

La topologie de Lacan, par exemple le graphe qu’il élabore dans son séminaire Les formations de l’inconscient, est une tentative d’épurer l’imaginaire afin d’interroger au plus près la structure, soit le “ réel qui se qui se fait jour dans le langage. ” (Martin Pingeon, psychanalyste). (Lacan ? Ce n’était qu’un malade et un charlatan. Les graphes et autres délires soi-disant mathématiques de Jacques Lacangourou ne sont que des délires qui tiennent du comique involontaire et qu’aucun mathématicien qui se respecte n’a jamais pris au sérieux).

Catégories :Martin PINGEON.