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Roger Perron, psychanalyste, lecteur de Popper …

13 février 2017 Laisser un commentaire

On retrouve dans son article, et malgré tout le travail d’explication, d’éclaircissements sur l’oeuvre de Popper que de nombreux lecteurs honnêtes ont pu réaliser, toujours les mêmes erreurs de compréhension, et elles sont d’autant plus graves et agaçantes chez des psychanalystes, qu’elles sont volontaires.
Nous avons lu son article en entier. Aucune surprise, vraiment aucune. Ce n’est qu’un florilège de choses vraies sur ce que dit Popper, et que Perron, évidemment, ne peut contester, et des sempiternelles erreurs, dont celle sur la prétendue inapplicabilité de son critère de démarcation, ou le fait que le modèle de Popper ne serait pertinent que pour la physique de son époque !…
Alors, remettons-nous, un nième fois à l’ouvrage, mais nous n’irons pas jusqu’au bout de son article, tellement sa lecture est agaçante, et parce que d’autres, et nous-mêmes, sur ce blog, nous avons déjà largement, et dans le détail, répondu, et jeté à plat, absolument toutes les objections à l’oeuvre de Karl Popper, que Roger Perron fournit, ad nauseam (…), dans son article, ici.
Voici donc, quelques réponses à l’essentiel des arguments de Roger Perron. Ils suffisent à dévaster tout le reste, à condition bien sûr, d’avoir lu un peu plus sérieusement, complètement, et honnêtement Karl Popper, qu’il n’a pu le faire.

P.S. : si, comme le prétend Roger Perron, Karl Popper aurait été mal « informé » sur les conséquences des délirantes affirmations de la psychanalyse sur le déterminisme, je convie ce monsieur à lire nos articles sur la question du déterminisme et de la psychanalyse, où des citations de Freud lui-même s’y trouvent et y sont commentées, toutes, à l’aide des thèses de Karl Popper. Votre mauvaise foi, (d’ailleurs, comme Franck Cioffi, je pense, comme d’autres, que la mauvaise foi par rapport aux critiques de la psychanalyse, et sur l’oeuvre de Karl Popper, constitue l’essentiel de votre « culture », en l’occurrence…), Mr. Perron, n’est plus du tout surprenante pour nous, tellement elle est carbonisée chez les psychanalystes. 

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Roger Perron :
« Prenant pour acquis (explicite, plus souvent implicite) qu’il n’est en l’espèce qu’un modèle possible, celui des sciences exactes, et plus précisément de la physico-chimiePlusieurs autres modèles sont pertinents pour le psychanalyste…, cet argument se réfère à ce que Karl Popper a proposé comme « critère de démarcation » entre science et non-science, le critère dit de « falsifiabilité » de l’hypothèse ».
Réponse :
Non, Roger Perron. Karl Popper ne considère pas pour « acquis » le « modèle des « sciences exactes », entendu qu’il a lui-même démontré, inlassablement, qu’aucune science digne de porter se qualificatif, ne peut être prétendument « exacte ». Il écrit, à la fin de « La logique de la découverte scientifique », justement, je le cite : « la conception erronée de la science, se révèle dans la soif d’exactitude ». C’est déjà un premier point, un autre ? Et bien, en voici un autre : ce que démontre Popper, c’est non seulement qu’aucune corroboration ne peut correspondre, en toute logique, (…), à aucune exactitude, ni même, aucune réfutation. Parce que toute procédure de corroboration ou de réfutation, est de toute façon relative à des tests, lesquels dépendent de conditions initiales qui ne peuvent absolument pas être exactes, dans aucun niveau de mesure qui puisse les concerner. Faut-il en rajouter encore, Mr. Perron ?… (Cela devient vraiment lamentable, cette obstination des psychanalystes à ouvertement mal comprendre ce qui les gène).
Roger Perron :
« Vos hypothèses sont formulées de telle façon qu’on ne peut pas démontrer qu’elles sont fausses, or Popper a bien dit qu’une hypothèse n’est scientifique que si elle peut être démentie par l’expérience ; donc vous n’êtes pas scientifiques… Vous jouez avec la règle “pile je gagne, face tu perds”, de sorte que si le patient approuve, vous avez raison, et s’il nie vous dites aussi que vous avez raison, parce que sa résistance le prouve. » Une telle argumentation est indigne d’une discussion sérieuse : elle utilise le vieux et triste procédé qui consiste à caricaturer l’adversaire pour mieux en triompher. Il est bien évident que, s’il se trouvait un psychanalyste pour raisonner ainsi, il aurait tort. Freud avait fait justice de cette argumentation douteuse (dans son texte de 1926 sur l’analyse profane) ».
Réponse :
Non, Roger Perron. Karl Popper ne caricature absolument rien. Et pourquoi ? Les exemples de cette « méthodologie » typiquement psychanalytique qu’il dévaste, en l’occurrence, abondent en psychanalyse, et même, ne peuvent être qu’omniprésents. Pourquoi ? Parce que vous omettez, bien sûr (…), de parler de la plus grande, de la plus énorme et dévastatrice erreur de la psychanalyse : c’est son affirmation d’un prétendu déterminisme psychique inconscient, mais qui serait prima faciae absolu. Ce postulat délirant de la psychanalyse, clairement affirmé par Sigmund Freud dans le chapitre 12 de « Psychopathologie de la vie quotidienne »,  notamment (…), rend logiquement inutile et même impossible toute inférence d’hypothèse susceptible d’être soumise à des tests scientifiques valides, c’est-à-dire, indépendants, et sous contrôle intersubjectif. A cause de ce postulat, il est rigoureusement impossible, pour la psychanalyse, de proposer autre chose que des confirmations toujours potentiellement « lisibles » à la prétendue « lumière » de la théorie. Et si ce n’était que cela ! Il y a aussi la non moins délirante théorie symbolique de la psychanalyse, sa théorie inductiviste du sens (dont Popper a aussi réalisé une critique sans appel), etc. Faut-il en rajouter encore, Mr. Roger Perron ?…. (ça devient lassant).
Roger Perron :
« Cet argument a été répété ad nauseam. Que vaut-il ?
Il faut d’abord rappeler que Karl Popper a formulé l’essentiel de ses thèses dans un ouvrage paru en 1935 sous le titre Logik der Forschung, traduit en anglais en 1959, et en français (La logique de la découverte scientifique) seulement en 1973… soit près de quarante ans après la première publication. Ce rappel est nécessaire : l’argumentation centrale de Popper se réfère à l’état de la science tel qu’elle se présentait il y a trois quarts de siècle, à un moment où relativité et physique quantique venaient bouleverser la physique classique. »
Réponse :
Et alors, Mr. Perron ?! De toute évidence vous n’avez strictement rien saisi de l’essentiel : la logique de la découverte scientifique démontre, justement, ce qu’il peut y avoir d’intemporel par rapport à la méthode scientifique ! Cette logique de la découverte scientifique, s’appuie notamment, sur une invalidation de la méthode inductive (référez-vous donc au chapitre 1 du livre… ainsi qu’aux autres arguments de Popper contenus de la « connaissance objective », par exemple, ou dans « le réalisme et la science » ! Karl Popper, démontre donc, que jamais, à aucune époque, aucune créature intelligente n’a pu, ni peut, ni même ne pourrait développer et construire aucune connaissance sur la base de la méthode inductive, et que toute créature, « de l’amibe à Einstein », comme le dit Popper dans « La connaissance objective », ne peut que progresser, développer des connaissances, ou s’adapter à son milieu, que par « essais et correction progressive de l’erreur », ou par « conjectures et réfutations », ce qui d’ailleurs constitue le litre même d’un autre livre majeur de Karl Popper !! La logique, se réfère pour Popper à ce qu’il y a d’intemporel. Une logique de la découverte scientifique, implique pour Popper, non seulement que la démonstration du caractère unique d’une telle méthode, est, non seulement possible, mais en outre indiscutable, même si, comme l’écrit également Popper, dans « Misère de l’historicisme », il peut exister des différences de méthode entre les sciences. Quoiqu’il en soit, la méthode scientifique, ne peut être que fondamentalement la même, quel que soit l’objet, et le projet de faire science. Mais pourquoi, Mr. Perron ? Oui, Pourquoi ? Voilà encore ce que démontre, inlassablement Karl Popper : parce que, tout être humain, et par conséquent, tout scientifique, est obligé d’utiliser le langage, un langage quelconque, une langue, pour échafauder des hypothèses de description des phénomènes qu’il souhaite étudier. Or, nous dit Popper, toute langue ne peut se passer de noms communs, donc de termes universels, et tout terme universel renvoie obligatoirement à une théorie universelle stricte, que ce soit en sociologie, en astronomie, en physique, et même, dans la vie courante !!.. Qu’est-ce que cela veut dire, et qu’est-ce que cela implique, si, soi-disant, vous avez lu honnêtement Karl Popper ? Cela implique, que puisque il est impossible qu’il y ait des observations « pures des faits », c’est-à-dire, comme le démontre aussi Popper, des « sense data », des données non entachées de préjugés théoriques a priori, et bien, que ce sont toujours les théories qui doivent faire l’objet de tests. Voilà, pour vous résumer. Donc, PERSONNE, aucune scientifique, aucun être humain, ne peut rigoureusement échapper à ceci, quelle que soit son époque : pour observer quelque chose, il faut d’ABORD, une théorie universelle. Ne serait-ce que pour observer de l’eau dans un verre, il faut d’ABORD disposer de la théorie universelle stricte : « toutes les fois que je verrais telle substance, je pourrais dire que c’est de l’eau ». Ensuite, soit l’on tient cette observation pour a priori « vraie » parce que pouvant relever d’un déterminisme prima faciae absolu, (comme en psychanalyse), soit on la tient comme une hypothèse susceptible d’être mise à l’épreuve. Je vous rappelle, pour l’occasion, la célèbre formule de Kant : « nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons NOUS-MÊMES » Vous avez compris ? Faut-il en rajouter, Mr. Roger Perron ?……