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Archive for the ‘Pensée magique.’ Category

"Rions un peu,… quand même". (16). Françoise DOLTO.

Ah, cher(e)s récalcitrant(e)s éclairé(e)s, vous n’êtes pas sans ignorer depuis le temps, les talents humoristiques des psychanalystes de tout poil, parmi lesquels figurent Mélanie Klein, Jacques Lacan, et bien entendu Françoise Dolto ! Mais, comme vous le savez aussi, s’agissant d’humour, il est plutôt question de comique involontaire.
Et puis, après tout, soyons sérieux, ou tâchons de l’être :
Pouvez-vous discerner dans les propos de Dolto, plus bas, l’ombre d’une preuve valide, par rapport à tout ce qu’elle avance ? Moi, je n’en vois aucune. Pas l’ombre du commmencement de la moindre preuve valide. Tout est affirmé sans preuve, en usant des mêmes méthodes plus que douteuses. Si j’ai bien compris, le symbolisme entre les mains des psychanalystes, leur permet, semble-t-il d’oser toutes les analogies, tous les rapprochements, y compris les plus improbables. Comme celui-ci : Dolto : « (…) le mot “écrire” qui, pour certains d’entre eux, signifie les cris qu’ils entendent entre les parents (…) ». Comment des personnes qui sont censées être douées de raison et de jugement critique n’ont-elles pu se douter de rien, en lisant de tels propos ? Comment cela a-t-il été possible ? Voilà, selon nous, une grande question.

Mais Dolto n’a fait que lire des faits qu’à la lumière de ses propres idées a priori, de ses propres préjugés. En usant du symbolisme, de la théorie inductiviste du « sens », de l’analogie, du sophisme post hoc ergo propter hoc. Est-il vraiment possible que les psychanalystes ignorent tous, ces problèmes de logique et les questions épistémologiques afférentes au point de passer outre, de les piétiner, de les ignorer, et de continuer de gober tout cru de telles absurdités ? Je les crois vraiment endoctrinés, et sectaires, certes. Mais à ce point-là, tout de même, c’est très étonnant, et aussi très inquiétant à mes yeux.

On dirait que toute la psychanalyse navigue à vue dans un océan d’irrationnalité, et que cette navigation est même souhaitée, entretenue, et considérée comme salutaire pour tenter de comprendre quelque chose aux motivations humaines ! C’est donc bien tout un « système » idéologique, mais qui va bien au-delà, dans ses modes d’action et ses conséquences, des effets les plus étranges que peuvent parfois entraîner les idéologies sur les écrits de ceux qui les suivent aveuglément, et en font la promotion.

Mais chacun peut faire usage de son indépendance d’esprit et de son esprit critique comme il le souhaite. Ce qui est tout de même étonnant c’est qu’un pays comme le nôtre ait pu tenir pour argent comptant de tels propos, de telles théories, sans qu’elles soient fondées sur aucun test, aucune preuve dignes de ce nom, et qui plus est, que les théories de Françoise Dolto aient pu avoir tellement d’influence.

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Dolto, F. (1989) L’échec scolaire. Essais sur l’éducation. Ergo Press, 188 p.
Lecture, écriture, calcul : causes de la difficulté de leur apprentissage
« Il arrive que des enfants soient consciemment désireux d’étudier, d’écrire, de lire et de compter, mais qu’ils n’y arrivent pas. C’est ceux-là qui intéressent les psychanalystes. […]
Je ne peux pas vous raconter ici tous les cas particuliers, mais j’ai vu des centaines, pour ne pas dire des milliers d’enfants, au cours de ma carrière, qui étaient envoyés en consultation pour des troubles de la scolarité. Ceux qui étaient motivés consciemment et qui n’y arrivaient pas, c’était très facile de les sortir de ces barrages, par la méthode psychanalytique.
Vous savez qu’elle consiste pour le psychanalyste à écouter les associations libres de l’enfant, à propos de ses dessins, de ses fantasmes et de ses rêves de sommeil, et à lui faire chercher des analogies entre ses imaginations et ses désirs ou des souvenirs de sa vie passée. C’est principalement l’enfant — assisté de son psychanalyste -—, qui assume ainsi sa propre cure.
Je vous citerai quelques cas » (p. 18).
« Mais d’abord le mot “lire” est un mot qui, pour certains enfants, éveille quelque chose de totalement tabou : c’est le lit conjugal des parents. Au moment où l’enfant est en train d’élaborer son interdit de l’inceste, le verbe du “lit” que leur paraît être le mot “lire” rend ce mot banni, et les activités qui entourent le fait de lire sont quelque chose qui le met dans un très grand trouble. Bien sûr, les maîtresses d’école ne le savent pas et cela doit rester inconscient. C’est le rôle du psychanalyste de découvrir cela avec l’enfant, à l’occasion de dessins » (p. 19) [1]
« La logique en développement chez l’enfant, qui est celle du faire, bute sur la loi de l’interdit de l’inceste, qui s’accompagne du trouble concernant ce qui se passe au lit des parents.
Je vous l’ai signalée dans le fait du trouble que crée, chez certains enfants, le mot “lire”, de même que le mot “écrire” qui, pour certains d’entre eux, signifie les cris qu’ils entendent entre les parents.
Les mots de “lire” et “écrire”, pour certains enfants, sont des signifiants inconscients de l’union sexuelle dont on ne leur a pas clairement parlé et qui, à cause de cela, les empêche de dépasser le trouble que ces mots induisent dans leur vie imaginaire. Leur curiosité, quelle qu’elle soit, leur semble coupable. Le nombre d’enfants qui sont passés à la consultation de Trousseau pour ces troubles de l’apprentissage m’a montré que j’avais raison, puisque d’expliciter le sens de ce mot de “lire” et de ce mot d’“écrire”, par rapport aux incidents dans le couple des parents et à la vie génitale des parents levait le voile. Comme disaient les parents : “Un rideau s’est tiré sur la lecture, sur l’écriture ou sur le calcul”.
Le calcul étant tout ce qui se passe autour des nombres et des “opérations”. La multiplication : comment un et un, dans la vie, quelquefois ça fait trois au lieu que un et un ça fasse deux quand c’est des choses. Comment un tout seul (avec une maman toute seule) on soit (on est, on naît) tout d’un coup trois, parce que maman a un bébé sans qu’il y ait un “papa” »  [Conférence faite en 1986] (p. 38s).
« Guérisons » enpsychanalyse »
« Pour ce qui est des “guérisons”, il est impossible de parler statistiques. Nous ne savons même pas ce que veut dire le mot “guérison”… Je dois dire que j’ai eu des occasions de ne pas être très heureuse d’avoir guéri des enfants et de m’être dit “J’aurais mieux fait de ne pas les soigner”.
Je pense en particulier à un enfant que j’ai guéri d’une névrose très précoce, qui a par la suite très bien suivi l’école et qui, à treize ans, est devenu prédélinquant. Finalement, il a mal tourné, comme on dit… alors que s’il était resté débile, il n’y aurait rien de tout cela. Cela a été pour moi une des premières épreuves.
Or beaucoup d’enfants ont une attitude perverse, camouflée par une débilité. Celui-ci, je l’ai aidé à devenir intelligent et voilà ce que ça a donné… Il faudrait continuer les traitements après la disparition de symptômes, mais peu de parents le comprennent et ils cessent de nous amener l’enfant lorsqu’il ne leur pose plus, à eux, de problème immédiat.
Quand on parle d’enfants guéris… je dirai qu’un enfant ne peut être considéré comme guéri que sept ans après avoir été soigné » (p. 54)
Éducation des adolescents : son critère
« Une éducation est réussie quand elle est ratée ! C’est précisément quand l’adolescent arrive à estimer que son éducation a été un échec que les parents, eux, peuvent penser avoir rempli leur rôle. Un enfant inadapté ne conteste pas. Mais si un jeune homme, ou une jeune fille, dit à ses parents : “Avec tout ce que vous avez fait pour moi, eh bien, vous avez raté !”, alors les parents peuvent être tranquilles : l’enfant s’en est sorti, ou tout au moins son droit à la contestation prouve qu’il commence à avoir confiance en son propre jugement, ce qui est un des signes d’une maturité qui éclot. Aux yeux des enfants, on rate toujours. Selon le mot de Freud : “Quoi que vous fassiez, vous ferez toujours mal.” »
(p. 69).[2]
Éducation : la seule grande loi
« [Pour l’éducation] Il n’y a qu’une grande loi : l’interdit de l’inceste. Car, en effet, il n’y a aucun ordre qui puisse être donné à un jeune pour sa conscience morale, hors l’ordre de la génitude. Il n’y a qu’une grande loi qui nous régit tous : l’interdit de l’inceste. Je n’ai pas le droit d’engendrer un fruit vivant, charnel, avec mes descendants » (p. 120)
« Les parents voudraient garder une emprise sur leur enfant et faire porter les fruits de leur expérience dans sa pensée. C’est tricher avec l’interdit de l’inceste. C’est là un grand tort, et l’enfant le sent. Tout ce qui lui a été inculqué par ses parents, il doit le lâcher : “Quitte ton père et ta mère” » (p. 121).
« Quand un jeune de quatorze, quinze, dix-huit ans flanque par-dessus bord tout ce qu’il a reçu (y compris ceux qui ont fait semblant d’être ses parents), il est important de savoir que c’est ainsi qu’il gagne la foi en lui et qu’il devient authentiquement responsable de lui-même. C’est un signe que, justement, Dieu est en lui. » (p. 122)

[1] Implication vérifiable-réfutable : les enfants hollandais devraient avoir moins de difficulté à apprendre à lire que les français. « Lit » se dit « bed » et « lire », « lezen », des signifiants qui ne permettent guère la confusion…
[2] “Quoi que vous fassiez, vous ferez toujours mal.” Cette formule est souvent attribuée à Freud. Bien que j’aie lu l’entièreté de son œuvre publiée, je ne l’ai jamais rencontrée. Je n’ai jamais vu une référence précise chez ceux qui la citent. Exemple : C. Eliacheff : http://www.lexpress.fr/culture/livre/les-parents-perdus_819425.html