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« Pierre JANET ».

Il convient, tout d’abord, de « rendre à Cesar, ce qui lui appartient ». Nous donnerons donc la parole à Pierre Janet, précurseur spolié, sinon détourné par Sigmund Freud.

Je cite Pierre Janet :

« Ce qui caractérise cette méthode [psychanalytique], c’est le symbolisme, un événement mental peut toujours, quand cela est utile à la théorie, être considéré comme le symbole d’un autre. La transformation des faits, grâce à toutes les méthodes de condensation, de déplacement, d’élaboration secondaire, de dramatisation peut être énorme, et il en résulte qu’un fait quelconque peut signifier tout ce que l’on voudra. […] C’est […] une conséquence de la confiance des auteurs dans un principe général posé au début comme indiscutable, qu’il ne s’agit pas de démontrer par les faits mais d’appliquer aux faits. » (in : Pierre Janet, « Les médications psychologiques », vol.2, 1919. Cité par Mikkel Borch-Jacobsen et Sonu Shamdasani, in « Le dossier Freud. Enquête sur l’histoire de la psychanalyse »).

Bref commentaire :

On trouve dans ce jugement sans appel de Pierre Janet, une validation de nos propos sur le déterminisme psychique prima faciae et absolu de la psychanalyse, mais aussi sur l’accusation d’irréfutabilité qui fut formulée par Karl Popper.

L’essentiel à comprendre, c’est donc le caractère « prima faciae » déterministe de toute la théorie. Et, de surcroît, (outre cette apriorisme), son caractère posé au départ, comme indiscutable. Il ne devient donc plus nécessaire à Freud, de soumettre ses « hypothèses » à des tests intersubjectifs, indépendants, et extra-cliniques. Puisque tous les faits possibles peuvent déjà, (à priori) être expliqués par la théorie freudienne, dotée de ses multiples concepts lui permettant de le faire mais qui ne sont, en réalité, que des gardiens de la conception déterministe intenable de Freud.

En toute logique, rien, ne peut donc réfuter la théorie freudienne. Par voie de conséquence, ceci, comme nous venons de le dire, rend inutile toute forme d’expérimentation, méthode, qui fut du reste, explicitement rejetée par Freud, dans une réponse restée célèbre, qu’il adressa à Rozensweig.

Comme la théorie freudienne ne peut, ainsi, se fonder sur aucun test qui corroborerait de manière indépendante son pouvoir explicatif, descriptif, et prédictif, cette théorie qui ne peut être démontrée fausse et peut toujours être vérifiée, est donc…sans fondement.

Nous ne sommes fondés sur rien, c’est-à-dire sur aucun test que l’on aurait fait subir aux théories freudiennes, pour « croire » (croyance scientifique) en ses pouvoirs d’explications. N’étant fondée sur rien, puisque pouvant être « fondée »…sur tout et n’importe quoi, la psychanalyse est donc une « théorie zéro » (Borch-Jacobsen). La psychanalyse n’exclue donc aucun fait possible qui ne puisse entrer dans son giron interprétatif ou pseudo-explicatif (puisque ne pouvant exclure aucun fait, et qu’une véritable explication revient toujours à exclure, il ne peut s’agir que de pseudo-explications, et non de véritables explications). Nous pouvons croire, légitimement, qu’une théorie est « fondée », précisément, parce qu’elle nous permet de discriminer des faits par rapports à d’autres. C’est-à-dire, parce que la théorie interdit ou proscrit, logiquement, certains faits qui pourraient la contredire. Par exemple, nous croyons dans le concept de chaleur, par ce que des faits relatifs au « froid » ou au « tiède », contredisent, la « chaleur ». Or, en psychanalyse, nous le répétons, tous les faits, mêmes les plus infinitésimaux, les plus insignifiants, les plus contradictoires, peuvent être « expliqués » par la théorie de Freud.

Nous avons donc bien, un déterminisme psychique, prima faciae, absolu, et comme le disait Freud, excluant toute forme de hasard et toute forme de non-sens psychique.

Cette forme de déterminisme, comme toutes les formes de déterminisme prima faciae et absolu, n’est d’aucune utilité pour la science (Popper), elle n’a aucun pouvoir explicatif.

En conséquence, à cause de ses prétentions interprétatives, sinon explicatives illimitées (donc pseudo-explicatives), les théories de Freud n’ont pas de véritable pouvoir heuristique. Elle ne permettent de « découvrir » rien d’autre que ce qui est déjà prévu par ce qu’elles disent : aucune « découverte » ne peut être inédite en psychanalyse, tout est réglé dès le départ.

Catégories :Pierre JANET.